‹ Les tirailleurs au Mexique le capitaine Mayne ReidChapitre 8 sur 47 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Ters-Cru«.

VervCrnx «t une ville fortifiée entourée de tous côtés par une bnraille et défendue par des batteries régulières. En venant du côté de la terre, on pénétre dans la ville pur trois portes; du côté delà * nier, on y arrive par un superbe môle en pierre qui se prolonge à Lue assez grande distance. Ce môle est une construction mute moderne. Lorsque le soleil n disparu * l'occnlent derrière les CowU- Ittres du Meifrjat et qne ta brise de mer est venue rsirsiclur l'air, *f 1 heure où fri métré cesse «en mouvement de chaque jour, c'est sur ce mf'lfc <|tte les beautés au teint pâle de la Vera-UnM-aât MMt h si? pro<T*f» *ut \WI» de loue* admirateurs.

tôt*, lé 1 -**'?**lfc»i» s le |ded de momlpedfl

maisons ont vue sur les esux. De tous les autres côtés, k plusieurs milles de distance des murs, s'étend une plaine de sable, aux limites de laquelle s'élèvent qiiriqurs-aiiet de ces collines, également dt sable, qui forment un des trait* caractéristiques des côies du golfe de Mexique. Pendant les hautes marées, et par les vents du nord, la met couvre cette plaire, et 1a ville de Sanls-Crus paraît alors entièrement isolée au milieu des vagues. Il n’yr a qu'un seul point où l'aspect du paysage soit différent et oh l'on trouve quelque trace de vé*gétation, des arbres rabougris et des buissons. Une ligne noire te dessine au loin, c’est une forêt intérieure. De ce côté, qurlques rares maisons s’élèvent aussi en dehors des murs. On y rencontre une station de chemin de fer, un cimetière, un aqueduc, un petit cours d'e«u, des marais et des eaux stagnantes,

Sur le front de la ville s’élève, sur un récif de corail, le célèbre fort de Saint-Jean d'Ulloa, situé k environ mille pas du môle. Il porte un phare k l’un de ses angles; ses muraille* rt le récif sur I*qut l il est construit (Gallegs) foi ment le port de Vern-Crus, port qui n'est, k vrai dire, qu'un ancrage protégé contre le* vents du nord. C'est k l’abri de ce fort de Saint-Jean que viennent mouiller les bâtiments du commerce. On n'en voit jamais qu'un très-petit nombre.

A l'angle septentrional de la ville domine un autre grand fort, celui de la Conception. Un troisième fort défend la ville du côté du sud : c’est celui de Santiago. Un bail on circulaire, armé de canons de gros calibre, protège la place contre toute attaque du côté de la plaïue, qu’il commande jusqu’aux collines de sable

Sous quelque aspect qu'on envisage Vera-Crux, soit qn’on la regarde du côté de la mer, soit qu'on l'examine du haut des buttes de sable de I intérieur, cette ville présente un aspect agréable. Ses dômes massifs, ses clochers élevés, ses. mations k tourelles, son architecture moitié maunsque, moitié moderne, l'absence de faubourgs ou de tous autres objet» extérieur* C'paldr» d'attirer le* yeux, tout contribue k rendre cette grande cité digne d'attention et même d'admiration. Les monuments ont un caractère si pittoresque et l'enceinte de laves tranche tellement avec sa couleur foncée sur l'éclatante blancheur des sables, que tout cela semble . au premier aspect, avoir été disposé dans l'unique but d’étonner l'ceil et d'impressionner l'esprit. Pour moi cette vue ma rappelait involontairement les gravures de villes que j'avais si souvent examinées pendant le cours de mes éludes géographiques dan* VEpiloitui dt* Goldtuiilb.

Le 10, k la chute du jour, notre armée *e mil en marche à travers les collines de sable, s'avançant, division par division, régiment par régiment. Notre ligne s’étendait en forme de demi-cercle irrégulier. Les chasseurs k pied et l'infanterie légère poursuivaient l'ennemi de colline en colline et le débusquaient des bouquets de boit où il s'était logé, tandis que la colonne principale continuait sa marche tortueuse, tantôt s'enfonçant dans la profondeur de* défilés, tantôt, au contraire, s'élevant sur le sommet des b«utes collines blanches. On eût dit un grand serpent qui déroulait ses anneaux.

Le mouvement s’opérait * portée du canon de la ville; nous n’étions protégé* que par les sritU accidents du terrain. De temps à autre, lorsqu'un régiment se montrait a dérouvert, soit en lraver»ant un défilé, soit en gravitant quelque colline, on entendait gronder l’artillerie de Santiago. Le bruit continuel des carabiuet et de la mousqueterie nous disait assex aussi que nos éclaireurs étaient aux prises sur nos devant*. Bientôt on ouvrage avancé fut emporté k la suite d’une charge brillante, et le pavillon américain flotta sur les ruines du couvent Malibran.

Le 11 , la route d O ma va fut traversée, et les troupes légères de l'ennemi débusquées de toutes les hauteurs environnantes. Elles te retirèrent rapidement jusque sous l'abri des canons, et bientôt après rentrèrent dans l'intérieur des murailles.

Dans la matinée do I », noos avions fini d’entourer la place. Nous formions un demi-cercle dont Vera-Crax était le point central. Une ceinture de régiments ennemis embrassait la cité mexicaine. Nuire aile droite avait dressé ses tentes en face de l’fle de Sacrificios, taudis que Paile gauche s’appuyait au hameau de Vergsra. L'autre partis du cercle cuit formée par la mer et gardée par une flotte de bâtiments de guerre.

Le diamètre de la circonférence diminuait de plus en pins, les lignes de circonvallation se rapprochaient toujours davantage de la ville assiégée, jutqu’k ce qo’enftn les palissades des Américains se dressèrent le long des collines les plos voisines de la ville à portée de cane a de Santiago, de la Conception et d'Ulloa.

Les assiégeants et les assiégés n'étaient séparés que par uns largeur d'un mille au plus.

Le soir du U, ap ( è* la retraita, je gravis, en compagnie de quelque* officiers, une haute colline a» pied de laquelle serpente la route I qui vient d'Onsava. Coua colline domine toute la Ville * Vera-

pieds. Le aol »’enlr’<»uvrit comme dans an tremblement de terre, et le sable, chassé an loin per li force da coup, vint nous frapper le ▼ is**e.

Un nuage de poussière couvrit en on moment la place de l’explosion. A cet in»t«nt la Inné reparut, la poussière se dimipa peu à peu, et nous pûmes voir le corps mutilé de la pauvre sentinelle étendu sur le fl -ne de La colline, à trente pas de distance du poste.

Un cri de triomphe partit du rempart de la Conception, c'était de Ce fort qu’était venu l'obus.

Affliges de cette circonstance, désolés surtout d'avoir, par notre imprudence, attiré l'attention de l'ennemi et cau-é involontairement !e malheureux événement dont nout venions d être témoint, noos . noos disposions à quitter la colline, Lorsqu'un cri d'appel sortit d'un uussif de broussailles.

Ce bruit provenait du cbap parai, à environ un quart 6ï mille audessus du camp, et, chose singulière, on coup da lu», part» presque , simultanément de la Porte- Neuve, semblait indiquer que ce cri n'était qu’un si gnal attendu, auquel on ré»

pondait de la ville par un •utre signai également convenu k ['avance.

Au même instsnt un cavalier sortit du bois, se dl»

i igeant vers les buttes de sable. Après deux ou trois bonds , le superbe mustang

3 u'il montait gagna la crête e U colline où se trouvaient ses restes inanimés de notre psuvre soldat. Arrivé à ce Point , le cavalier arrêta subitement son cheval et parut un moment incertain s’il devait avancer on reculer.

Nous, de notre cdté, le prenant pour un officier des nAtres, nous le regardions immobiles et étonnés, ne comprenant pas ce qui pouvait le déterminer k galoper ainsi k cette heure.

*— Par le ciel! c’est un Mexicain! dit tout k coup Twmg au moment où le cavalier apparaissait plus distinctement sous un rayon de 1s lune.

Avant que personne eût pu répondre su major, l'étrange cavalier se jeta brusquement k gauche, saisit un pistolet, tin au milieu de nous, et enfonçant ses éperons dans le ventre de son cheval , s’élança au galop entre deux collines de sable.

— Vous êtes un tas d’imbéciles d'Yankees ! nous cria- 1 - U en disparaissant dans le déftté.

Une n#m» ôoutaine de

coups de leu rependirent k cette impertinente allocution. Mais le cavalier était déjà hors de la portée de no» pistolets bien avant que nous fumions revenus 4e l'étonnement que nous avait causé son audace.

Peu de minutes après nous vîmes le cheval et l'homme galopant vers 1rs murs de la ville , U» ne paraissaient plus que comme un point sur 1a plaine; pois nous entendîmes un brait sourd de portes qui s'ouvraient et se fermaient. Cétait 1a Porte-Neuve qui donnait passige au cavalier.

Personne de nous n’avait été atteint par le coup de pistolet, mais nous n’en étions pos moins furieux; et ce fnt eu chargeant notre ennemi d’imprécations que nous descendîmes de 1a colline.

Aves-vou* reconnu cette voix, capitaine ? me dit Clayiey en naut au camp.

— Oui.

— Et qui croyet-veee que ee mét ?

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