‹ Les tirailleurs au Mexique le capitaine Mayne ReidChapitre 9 sur 47 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le major Hoaaom.

np , je trouvai devant l’entrée i

— De la part du général, me dit le ooldat en portant 1a main h sen chapeau et en me présentant une lettre cachetée.

Je pris la lettre, et l'ordonnance partit da suite mas attendre la réponse.

Je rompis le eaebet et lu avec plaisir :

i en major Elomom

EUm tombèrent daas Iss brss l ue do Vautre , tremblantes et prasqus sans vis.

Eu rentrant an ordonnance k

a Morcmui,

» Vou vous joindre! avec i demain malin k quatre heures.

s Pou ordre,

» Signé A. A. A. G.

a Au capitaine Haller , commandant la compagnie de tiraideun. •

— Le triée: '"'•uon!... ah ! je le connais, c’est le quartier- maître d’avant-gard:. dit Clayiey en regardant en même tempo que moi la cooienu de l’ordre.

— Probablement c’est pour aller aux tranchées. Ma foi, j’en ai assrt!...

— Si c’eût été poor cela, on eût choisi un sutre que Blouom; par exemple, le brave Daniel. Avec celui- 1k , nous pourrions compter sur une belle et bonne corvée; mais cette vieille beleine de Blossom peut h peine se tenir droit sur SU selle, qne peut-il y avoir h faire avec lui?

— Nous ne serons poa longtemps dans le douta.

Donnes ordre an sergent que les hommes soient prêta pour quatre heures.

Je me mis k traverser la camp k la recherche de b ttate dt Blossom, et ce no fut pas sans peine que jo parvins k la découvrir sous on bouquet d’arbre* bon do la uortée dea projectile do la Vcre-Cras. Je troumi le major amis dans un large fauteuil de es m pêche, qu’il s’était procuré daas quelque ferme voisine, et qui certea n’avait jamais été aussi bien rempli qa’k cette heure.

Si je voulais faire une dea* cripCion complète de ce personnage, j’en anruls pour tout aa chapitre. Aussi me bornerai-je, pour en donner Quelque idée su lecteur, à dire que c’était un grand et eros homme, fort g rua et do bonne mine, connu parmi •es compagnons d'armes sens b sobriquet du sisjof jumr.

Si quelqu'un dans toute t'armée aimait k bien vivra, c’était le major Blossom; et si"que»qu’un détestait voir son repos troublé, c’était encore le mtjor Georges Blossom. Il haïssait les Mexicains presque k l’égal des moustiques, des scorpions, des serpenta, des sables volants et de tous les autres ennemis de son bien-être; et la manière doot il nommait ses adveraairea et dont il les envoyait an diable lui aurait, sam contredit, per ton originalité, mérité une pi s oi distinguée dans la célèbre armée de Flandre.

Le major Blosaom était nn quartier-maître dam tonte la force du terme, car il occupait plus de plaça et de quartiers que qui que «e fût dans l’armée, sans en excepter le général en chef; et quand vingt» cinq livres de bagage suffisaient amplement ans pins bravos et aux meilleurs officiers, il ne fallait pos moins qu’un train do w a gon s OU d’artillerie pour transporter l'attirail dn major Bloasom y compris m gracieuse personne.

Quand j'entrai sous sa tante, U était en train da souper. Les meta étalés devant lui faisaient nn singulier contraste avec ceux qui sem valent de nourriture k l’armée tout entière. II n'y avait pas do risqua qne le major s'exposât k avoir les douta cassées pur quelque grain da sable mêlé k son porc salé ou qselque débris do rocher envoyé par une bombe au fond de »a tasse à café. Notre homme avait pria t ou t es sas précaution» en conséquence.

Une bonne trancha do saumon, une aile do dinde froide, nn pbt

de langue* fourrées el un jambon 4e Virginie formaient le fond du louper du major. Comme accessoire ae dressait sur 1a table une cafebeie de France contenant de l'esaence de moka en ébullition. Auprès de lui était une grande coupe d’argent, que de temps à autre le major remplirait jusqu'au bord. Près de sa main droite se dressait une bouteille d’eau-de-vie, à laquelle il faisait souvent appel.

— Le major Blossom , n’est-ce pas? dis-je.

— C'est mon nom, murmura le gros boni me entre deux bouchées.

-—J’ai reçu l’ordre de me joindre à vous, monsieur.

— Ab! mauvaise affaire! mauvaise affaire! cria le major ajoutant

elques jurons pour donner pitié de poids à son assertion.

— Comment, monsieur?

-—Oui. Très-mauvaise affaire; service dangereux. Ne voyex-vous pas qu'ils veulent se débarrasser de moi ?

Je suis vitro, major, pour savoir quelle est la nature du service commandé, afin de pouvoir disposer mes hommes en conséquence.

, — < Un fichu service très-dangereux.

— Qu’est-ce que c’est?

— Un infernal coupe-gorge. Il y a des milliers de ces gredins dans tous les buissons, et ils vous jettent nn homme a bas dans un clin .A’tril. Ces diables de peaux jaunes «rat pires que des...

la le major lâcha un mot que le respect que j’ai pour le lecteur ■se force a ne paa répéter.

— Ne voyez- vous i-at qu’il* veulent se défaire de moi? Ils avaient sous Ja main Hier», \ Vaine, \V«>ed, Allen et tant d’autres. Ce n’élait pa* mon tour; mais le général veut me faire assassiner. Nous serons d< upti* par les mille-pied* sans même qu’il soit besoin d’un seul coup /le.fusil pour nous détruire. Je voudrais que le chapparai fût...

Ici nouvelles exclamations du Major, que je Crois prudeut de garder pour moi.

Je vis qu il était inutile de le déranger avant que la première bordée de sa mauvaise humeur fut pâmée, et je le laissai aans rien dire jtnathéniatiser à son sise les 1< misons et les cbapparals, satisfait de comprendre d’après toutes ses cidsmations que le service auquel I étais appelé constatait en une excursion bon du camp. Mais, excepté ne|x, je ne pus rien saisir du but de noire expédition , eu miliru de* extravagances auxquelles le major s’abandonna pendant quelques Minutes.

Enfin , je trouvai moyen de planer quelque» mou sur le but de ma visite.

. — Ce que nous allons faire? répliqua le major. Nous allons battre la campagne pour trouver des mules. Oui, ma foi I des mules. Et I>*cu sait s’il y en a à dix lieues è la roude ure seule qui ne porte sur sou dos un Mexicain à peau jaune. Oli ! celles-là ne manqueront pas. Ab! las volontaires sont de 1a partial Ils feront bien de approvisionner da tout ce qu'il faut pour traverser la montagne , car, dans ce chien de pays, ils ne trouveront à aucun prix ni un pied de céleri •i même une tête d’oignon.

— Combien de temps croyex-vous donc que nous devions être dehors?

— Combien de temps? Mais un seul jeur! Et si je passe la nuit dans ce maudit chapparai, je veux bien que le loup me croque; si noua ne trouvons pas de mules avant la fin du jour, aille en chercher désarmais qui voudra.

— Alors je vais leur faire prendre une ration pour un jour, dis-je M major.

— Pour deux jours, pour dcui jours, vos hommes pourraient avoir faim. Koberts, lolÏKirr de tirailleurs, qui connaît très-bien la campagne , m'a assuré qu'on n’y trouvait pas de quoi nourrir un rhat. Aussi, faites-leur prendre deux jours de biscuit. Quant au boeuf, inntilc de s’eu charger, on doit en rencontrer dans les fermes, quoique à vrai dire l'aimerais mieux un bifieck acheté au marché de Pbiladciphie que tous les bceufs du Mcaique. Au duble leurs baufs! c'en dur cornue du cheval.

— Ainsi , major , à quatre heures je aérai près de vous , dis-je en Me disposant h partir.

— Demeures encore un peu, capitaine. Aussi bien je ne pourrais pus doreur aveo tout et tracas et cet embarras dans là tète. Encore un moment. Combien avea-voui d'hommes ?

r — J'en compte quatre-vingts dans ma compagnie, mais l'ordre porte de n'en prendre que cinquante,

— Cinquante !m. Quaud je vous disais qu’ils voulaient me faire •ses au ne r l U leur tarde d'étre débarrassés du vieux Blossom. Cinquante hommes 1 lorsqu’on a vu dans 1a plaine plus de mille de ces cuirs jaunes. Cinquante hommes! grand iheul croquante hommes!... une belle escorte pour battre le chapparai.

*> — Mais je veus promets, major , cinquante hommes de choix , qui «M Talent cent au moins.

s — Et quand ils en vaudraient cinq cents, oc ne serait pat aases. Je vous dis que la chapparai eit plein, plein comme... (Ici le major boom eariaro lieu da tourments dont le nom revenait fort souvent

à mu lèvres.) x

— Nous marcherons avec les plus grondes précautions, répài-

Mtaiio,

— Que les précautions aillent au diable! Au contraire, amènes les, tout vos tambours et vos trompettes aussi.

— Mou, major, cela est contraire sus ordres du général.

— ■ Au duble les ordre* du général! Si vous voulra suivre les or dres du général, ici, vous ferei de belles choses. Amenés les tons, vous dit- je, suives met avis; sinon, ma foi, je ne réponds de la vh de personne. Cinquante hommes!

J'allais partir, quand le major me retint en s'écriant : Vraiment j’ai perdu l’esprit! Excuses-moi, capitaine. Mais cette maudite affalrt m’absorbe à un point... Enfin, que voulcs-vous boire? Voici d’exccl leu le cau-de-vie.

Je mêlai de l'eau-de-vie et de l’ean, le major en ht autant de sol côté ; et après avoir bu à nos santés respectives noua nous tépariaaef en nous souhaitant le bonsoir.

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