‹ Les tisserands: drameChapitre 26 sur 37 · CINQUIEME AGITE · texte numérisé non relu

CINQUIEME AGITE

A Xaùgen^iëlati.

La petite chambre - atelier du Tieux Ililsc. A gauche, une petite fenêtre, devant laquelle il y a- un métier. A droite, un lit, et une table tout près du lit. Dans le coin, à droile, le poêle, avec un banc. Autour de la table, assis sur des escabeaux, et sur le rebord du lit, . le vieux Hilse, et sa femme, très vieille aussi, aveugle et presque sourde ; puis leur fils Gottlieb et sa femme Louise. Us se recueillent pour la prière du matin. Un rouet À l)obiner, avec dévideur, est placé entre la table et le métier. Aux poutres brunies du plafond sont suspendus toutes sortes de vieux objets pour tisserands, ainsi que de longs écheveaux. Beaucoup de vieux ustensiles, disperses dans la chambre. La pièce, étroite et basse, a une porte dans le mur du fond, qui donne sur la principale pièce de la maison. De l'autre côté, en face, une autre porte, ouverte, laisse apercevoir une nouvelle chambre de tisserand, pareille à celle où se passe l'action. La maison est dallée de pierres; tout paraît détérioré et hors d'usage^ il y a un escalier de bois, à demipourri, qui conduit à une mansarde. On aperçoit à demi un baquet sur un escabeau, et, accrochés çà et là. des linges en loques. Il y a aussi toutes sortes de vieux objets de ménage, à demi démolis et sales. La lumière tombe du côté gauche dans les trois pièces.

LE VIEUX HiLSE, uïi Vieillard à longue barbe, qui avait une taille puissante, mais qui est maintenant courbé et abattu par Vâge^ le travail, la maladie et les privations. C'est un ancien soldat, qui n'a plus qu'un bras. Il a un long nez pointu, la figure d'une teinte

gris sale ; ses membres tremblent. On dirait qu'il nn que la peau et Tes os. Il a les yeux creux et malade.<i comme tous les tisserands. Après s'être levé^ ainsi que son fils et sa belle-filley il prie ;)

Seigneur mon Dieu, nous n' pouvons pas assez (e remercier pour la grâce que tu nous as faite, de nous d-ônner encore cette journée, et d' nous avoir pris sous ta sainte garde pendant la nuit qui vient (!' finir. Seigneur, ta bonté n'connaît point d' bornes, et nous sommes de pauvres pécheurs, pas même dignes d'embrasser tes genoux, de pauv' misérab' pécheurs! Mais toi, Père céleste, tu daignes avoir pitié d' nous, et abaisser ton regard sur nous, par les mérites de notre divin Sauveur. Le sang et les mérites ed' Jésus, c'est not' force et notre gloire. Mais si nous plions qué'ques fois sous l'adversité, si nous n" répondons pas à toutes les grâces euq* tu nous fais. Seigneur, daigne nous pardonner notre péché. Donne-nous la patience, ô Père céleste, pour qu'après cette vie d' souffrance, nous ayons part àréternité bienheureuse. Amen.

LA MÈRE uiLSE {qui a écouté de toutes ses forces^ penchée vers son mari, dit en pleurant) :

Ah ! mon pauv' vieux, tu fais toujours ed' si belles, prières ! [Louise va du côté oà est le baquet^Gottlieb, dans la chambre qui est de l'autre côté).

LE VIEUX HILSE

Ouest donc ta p'tite?

LOUISE

A Peterschwalde, chez Dreissiger. Elle a encore préparé qué'ques bobines, hier soir.

Sidi.

LES TlSStnAiNDS

LE VIEUX IIILSE

ma fille, à pas dire des paroi' impies, î son métier^ et appelant) Golllieb, a quelques fils à passer.

toujours près du baquet.

aider au père.

us deux se mettent au travail difficile de ns le peigne. A peine ont-ils commencé, rnig dans la' maison).

à la porte de la chambre.

lans vot' travail.

UEUX HiLSE, et son fils.

LE VIEUX HILSE

Hornig, tu dors donc jamais ? Tout îommerce, tu passes la nuit en senli-

HORNIG

[ue j'dors pus.

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