ÉPITAPHE DE NICOLAS V
Ici sont los os du souverain pontife Nicolas cinq.
Qui to donna des siècles d'or, ô Rome!
Illustre par sa prudence, plus illustre par toutes les vertus,
Il honora les hommes savants, plus savant lui-même qu'eux tous,
M dissii>a Terreur dont le schisme avait infecté le monde,
i. TitkiUs Mco/ni papa V : Hic «la ^wt Qmnti Nicoiai^ etc. (V, aux Inscriptions utixes,)
Il rétablit les mœurs^ les mors^ les temples et les demeures,
Et il donna des autels à Saint-Bernardin de Sienne,
Lorsqu'il célébra le saint temps du jubilé.
Il ceignit de la couronne d'or la tête de Frédéric et de son épouse.
Il mit ordre aux affaires de l'Italie par le traité qu'il conclut,'
Il fit traduire plus d'un ouvrage grec en langue romaine.
Répandez l'encens sur ce tombeau sacré.
Il s'en fallut de bien peu que le plus savant de tous les cardinaux, Bessarion, n'obtînt la tiare après la mort de Nicolas V* ; mais elle fut posée sur la tête
1. Bessarion avait été fait cardinal en 1431, sous le règne d'Eugène IV. Il mourut en 1472. On voit son tombeau dans le cloître des Santi'Apostoli, où il avait lui-même posé son épitaphe de son vivant : » ^iii
Bessarion episcopus thuscnlanus, sanctœ romanoï Ecclesiœ car^jf {#| o Patriarcha constantinopolitanus, nobili Graecia ortus oriundasque
t'r.uo] ob
Sibi vivens posuit. Anho salutis MCGCCLXVI.
Les moines du couvent ajoutèrent ujij"^ .lq^i[^|ii| 'iîft9*xW^ft¥'jT^ monument et le portrait du cardinal. C'est une magnifique tète à longue barbe avec de longs cheveux.! TO oîrait un pnilosoptte du moyen âge. a) ÏHifn li ^'Ai\ïi vb oli'jlio:.)
de l'Espagnol Calixte III^ l'oncle d'Alexandre Borgia. Il avait aussi à Saint-Pierre un beau monument dont on voit les restes dans les grottes ; il fut détruit comme les autres,
Pie II, Piccolomini (i458-1464), fut plus heureux que ses prédécesseurs, si tant est que passer à la postérité dans un monument de marbre s'élevant au ciel, ou dans un airain solide, puisse s'appeler un bonheur pour les morts. Son tombeau, placé à Saint- Pierre dans le principe, fut transporté par la suite à San-Andrea délia Valle, et il est bien conservé. On ne le regardera pas sans intérêt , car c'est le tombeau d'un homme très-célèbre, du noble et savant iEneas Sylvius. Il était le fils d'un pauvre gentilhomme de la maison siennoise des Piccolomini. qui tira de lui sa grandeur. Ses talents brillants l'avaient fait estimer de tous, et, bien jeune encore, lui avaient acquis une grande célébrité'. Il avait commencé par être secrétaire de l'antipape Félix V, et ambassadeur de l'empereur Frédéric III, dont il avait écrit l'histoire, et qui le couronna solepnellement poëte lauréat. Au concile de Bâle, il avait défendu avec éloquence les
droits de TÉglise universelle assemblée contre les papes; mais il passa ensuite dans le parti d'Eu-
gène ly, et il fit sa fortune en qualité de secrétaire de trois papes successifs, jusqu'à ce que Calixte III Teôt élevé à la dignité de cardinal. Devenu le successeur de ce pape sur le trône pontifical, il rétracta tout son passé. Toute la durée de son règne, beaucoup trop court, fut rempli par un désir passionné : la guerre contre les Turcs. Il voulait se mettre lui-même à la . tète d'une croisade contre l'islamisme, et il mourut les armes à la main, au milieu des bataillons qui s'assemblaient à Ancône autour de lui .
• Son tombeau est un monstrueux échafaudage architectural, qui a quatre étages de hauteur. Il occupe à San-Andrea délia Valle tout l'espace compris entre deux piliers, laissant place au-dessous de lifi pour la tribune ou chœur des chantres. Ces quatre étages, terminés de chaque côté par deux pilastres, sont séparés lun de l'autre par des corniches, et une architrave couronne bizarrement le tout. La hauteur du monument empêche absolument qu'on puisse voir. les nombreux bas-reliefs qui couvrent chaque étage. L''-
mage du pape lui-même (il était petit, et Tétude et la maladie l'avaient vieilli de bonne heure), limage du pape est couchée sur le sarcophage, dans le compartiment du milieu ; les pilastres sont ornés de niches où se trouvent des statuettes de saints à la manière ancienne.
Selon le témoignage de Yasari, les maîtres qui firent ce tombeau sont deux élèves de Paolo Romano, Niccola délia Guardia et Pietro da Todi. Il est difficile de voir un monument plus pédantesque; et tout à fait digne de lui est Tinterminable et ennuyeuse épitaphe qui raccompagne et qui, selon Tusage du temps d'alors, donne un abrégé de la vie du pape * :