S28 LES TOMBEAUX
Un de ces bas-reliefs représente la bataille de Lepante; et rinscription n'oublie pas de faire sonner que Marc Antonio Colonna était général de la flottepapale; que trente mille Turcs ont été tués, dix mille faits prisonniers; que quatre-vingt-dix galères à trois rangs de rames ont été coulées à fond, cent quatrevingts prises , et enfin que quinze mille chrétiens furent délivrés de l'esclavage. Comme les teçips et l'humanité ont changé de face pourtant I Au moment où le Tasse écrivait son grand poëme, qui respire la * haine des Turcs, au moment où ceux-ci venaient d'essuyer à Lépante une défaite sans exemple, et où le pape en pensait mourir de joie, personne ne pouvait prévoir qu'un temps viendrait où l'Église attacherait une grande importance à voir ces mêmes Turcs sauvés et maîtres de Gonstantinople. Et ce temps est venu. Les canons de Sinope ont fort mal sonné au Vatican : et c'était raison; car l'antique madone de Santa-Maria del Popolo,^ à Rome, est l'ennemie mortelle de sa sœur, la sainte madone de Kiew, qui, de la mosquée de Sainte-Sophie, est venue- autrefois chercher un asile en Russie.
Gelai qui a visité le palais Colonna, à Rome, se rappelle ssns doute un ancien tableau, de très-grande dimension, qui se trouve dans la salle de réception parmi les portraits de famille de cette illustre maison. Comme le bas-relief du tombeau de Pie V, il repré,sente la bataille de Lépante. Dans ce plan, bien ordonné on peut en suivre tous les détails, division par division. Le pape avait fait ausM peindre la même bataille dans la salle Regia du Vatican ^ .
Dans un atitre bas-relief du tombeau de Pie V on voit le pape .remettre la bannière à Marc-Antoine Colonna; dans le troisième il tend à Sforza, duc de Santa-Fiora, le bâton de conmiandement. Sforza était
1. Rome^ devenue déjà tout à fait* docile^ eut alors le plaisir de voir pour la dernière fois le triomphe d'un de ses enfants. Car Marc-Antoine Colonna triompha. Il /nonta au Capitole et à IVglise d'Araceli^ qui occupe remplacement de Tancien temple de Jupiter. Là il érigea une colonne triomphale en argent^ ornée* de proues de navires. Les Français enlevèrent ce précieux monument à l'époque de la première république romaine; mais le P. Casimiro en donne un dessin dans son Histoire de l'église et du couvent d'Ara» celiy ouvrage qui mérite d'être lu, et l'une des meilleures monographies parmi toutes celles qui traitent de l'histoire des églises de Rome.
LES TOSBEAUX
le dief èa coq» de troapes qoe le pape mToyait à Gharlei IX pour Taider ocmtie les huguenots de France*
Anssi Finscription dn tombeau fait*dle nne gloire an pape d'avoir raincn Théréûe, rétabli la France et snspendn les trophées de yictoire dans la basilique de Sain^Jean de Latran* Un des bas-relieCs représente en conséquence nne bataille contre les protestants. Le choix de tous ces sujets nous fait donc Toir en quel sens il faut désormais comprendre FËglise : comme Eeclesia militans, c'ést-à-dire, etMumphans.
DES PAPES ROMAINS, m
Le successeur de Pie V fut Grégoire XIII, Hugo Buoncompagni, savant juriste, d'une famille noble de Bologne. Il régna de Tan 1572 à J'année 1585. L'esprit de son règne, que ne distingue du reste rien de bien particulier, est suffisamment caractérisé par le zèle avec lequel il travailla à la propagation de la foi catholique. A lui seul il fonda vingt-trois collèges. A Rome môme on trouve le collège Germa nicum, Britannicum et Romanum, et les collèges Neophytorum, Graecorum et Maronitarum; les autres
sont dispersés dans le monde entier. Gomme les armes de sa famille portent un dragon ailé, on tira habilement parti de cet emblème pour ses médailles en le combinant avec le mythe de Triptolème. On y figura