BO LES TOMBEAUX
Dans les premiers siècles du christianisme, on ensevelissait les éTéques de Rome dans les catacombes ou dans des cimetières qui étaient hors de la ville et parmi lesquels je citerai les cimetières de Caliste sur la voift Appienne , de Celépolius sur TÂurélienne, dô Priscilla sur la voie Falara ; ceux de Balbina sur la route d'Ardée, et enfin les catacombes de Saint-Laurent hors les murs.
En 1855, on a découvert aussi sur la voie Numentane, à sept milles de jRome, les .catacombes et la basilique de Saint- Alexandre. Elles se trouvent situées dans des terrains appartenant au collège de la Propagande, en un endroit appelé Pietra-Auxea, et'vulgairement Coazzo. Hicn de.j?lus intéressant que ce lieu de sépulture, de temps aussi anciens, déblayé en partie aujourd'hui ; on dirait en petit d'un Pompéi chrétien.
Plus tard on choisira les catacombes vaticanes de préférence à toutes les autres; car c'étjit là, dit-on, dans le cirque de Néron, que saint Pierre avait souffert le martyre ; et après que Tempereur Constantin eut construit la basilique vaticane, le corps de l'apôtre
DES PAPES ROMAINS. Si
y avait été déposé dans un cercueil de bronze. Aussi le cimelière du Vatican, lieu vénéré de la sépulture des martyrs, fut-il regardé depuis ce temps comme le plus saint de toute la Rome chrétienne. £t nonseulement des évêques s'y faisaient enterrer , mais aussi les grands de Rome, des consuls et des préfets, de riches familles patriciennes, et même des empe-* reurs.
Durant tout le cours de cette période si remar-
quable de la décadence de Tancien édifice impérial, lorsque le peuple romain et le sénat restaient encore attachés avec ténacité au paganisme, Honorius, le fils de Théodore et le frère d'Arcadius, fut le premier empereur chrétien de Rome qui ait été enseveli dans Tatrium de la basilique de Constantin. Gé tombeau d*un César, placé si humblement parmi des monuments de simples évêques au fond de Tobscur vestibule "d'une église chrétienne, dût faire un effet singulier dans le voisinage immédiat du mausolée d'Adrien; car cçt édifice immortel était encore debout dans toute sa splendeur. A côté de saint Pierre, reposaient aussi les deux fenunes d'Honorius, Marie
St LES TOMBEAUX
et Thermantia, sœurs toutes les deux et filles du grand Stilicon. Plus de mille ans après, le 4 février i544, le tombeau de Marie fut découvert par hasard, comme on abattait la chapelle de Sainte-Pétronille, pour faire place aux nouvelles constructions de Saint* Pierre. La terre rendait une morte qui apparut dans Rome comme un fantôme, un rêve de ce passé si grand, jetant dan^ tous les cœurs line tragique émotion. «
La fille ' de Stilicon, cette jeune fille dont le dernier poëte de Rome païenne, Claudien, avait autrefois chanté les noces, reposait dans une tombe de marbre, sous une voûte murée. Ses restas étaient revêtus d'une robe de filet d'or très-fin ; des voiles d*or couvraient saJôte et son visage, et à côté d'elle on trouva les plus belles pierres précieuses, des perles et des joyaux magnifiques. Peut-être était-ce là une partie de la parure de noce qu'avait chantée Claudien, et qu'on avait donnée à l'impératrice pour l'accompa* gner dans son, tombeau ^
1. Claudianus^ De nuptiis Honorii et Mariœ. Joli poème adressé par UD poète païen, dans les formes classiques du paganisme, à
Quand on apporta au pape (c'était alors Paul III, de la maison Famèse) ce précieux et singulier trésor, il sourit avec plaisir, ravi d'un secours aussi inespéré pour ses constructions, et il fit fondre ces ouvrages d'art. Ils ne donnèrent pas moins de quarante livres d'or pur. Telle était la misérable intelligence ou l'avide pauvreté de ces temps. Le second et dernier empereur romain qui trouva son tombeau dans ce parvis du Vatican fut le neveu d'Honorius, Valentinien III, fils de Placidie, et l'époux dé cette Eudoxie qui, trois mois après que lui-même eût été as-
une impératrice chrétienne. Le nom de Marie est singulier pour une impératrice de la vieille Rome, On lit, vers 10 :
Jam mimera nm^Ut Préparai : et palchros Maris «ed lace minores
Eligit omatus : qaicqaid -venerabilis olim Livia, divornmque nums gessere superbœ.
Marie était parente d^Honorius, car sa mère Péréna était fille d'un frère de Théodose qui s'appelait aussi Honorius. Le jeune empereur n'avait que quatorze ans quand il épousa Marie, et il vécut avec elle dit ans. Après sa mon il prit pour femme sa sœur Thermantia. Claudien avait prédit la destinée de Thermantia comme eût pu faire un prophète. A la fin de son épithalame il dit :
AoTM sic videat similes Thermantia teaas.
sassiné, fut emmenée captive en Afrique par les Vandales. Quelques siècles plus tard, nous trouverons aiissi dans ce même atrium de Saint-Pierre les tombeaux de trois rois anglq-saxons et le monument d'un empereur d'Allemagne. Ainsi, à partir du quatrième et du cinquième siècle, les papes restèrent confondus avec les laïques dans le vestibule de Saint-Piern^ que Ton appelait aussi, à cause de cela, le portique des papes*. Plusieurs d'entre eux furent enterrés d'abord dans les grottes du Vatican, à côté de Saint-Pierre, et l'on érigea ensuite un cénotaphe dans l'atrium ou parvis de l'église. Dans ces siècles primitifs, on n'osait pas encore placer des tombeaux dans l'intérieur de la basilique mèm^. Cela semblait mal s'accorder avec la sainteté d'un temple où repo-
1. Là reposait aussi la Sicilienne Helpis^ première femme de Boëce. Sa belle épitaphe en distiques nous a été conservée. Peutêtre est-elle Toeuvre du malheureux philosophe lui-même, dont Tombre obscurcit la gloire du grand Théodorich. On trouve aussi répigramme dans l'ouvrage de Bunsen et Platner, livre si plein de choses, et d'un si grand secours pour ceux qui font des recherches sur Rome, mais qui aurait besoin d'une nouvelle édition qui le débarrassât de sa petanteur savante en l'ordonnant su» un meilleur plan.
saient tant de martyrs. Les morls n'eurent droit de venir camper que dans la cour extérieure, à la porte du ciel, pour ainsi dire. 11 en résulta que, vers le milieu du septième siècle, Tatrium de Fèglise primitive jje Saint-Pierre se trouva rempli de monuments de papes. Aucun de ces tombeaux ne s'es^ conservé jus- ^'à nous; mais il est permis de conclure, «d'après ceux des catacombes, qu'ils consistaient en une simple pierre tumulatre ou en quelque sarcophage orné ' de sculptures. Le principe de la représentation individuelle de la personne n'était pas encore solidement établi. Des inscriptions en prose courante, et plus tard en distiques, proclamaient la gloire du mort.
Je commence la série de ces inscriptions par celle de Pelage V\ Elle est de Tan 560 *;
1. De toutes les inscriptions funéraires des papes, celle de Cèlestin I» (42Î-432) est donnée comme la plus ancienne; mais j'ai préféré n*en commencer la suite qu'à partir du sixième siècle, parce ,que les inscriptions antérieures ne me paraissaient pas entièrement sûres. On trouve tous ces documents dispersés dans un grand nombre d'ouvrages, dans Grutière Baronius, Galetti, Ciaconius, Papebroch, Torrigius, Giacobbe, dans la Roma subtetranea, etc. Pour les grottes Tatteanes rouvrage principal «st Dionysius, et surtout Mmi- Bairot Parti {Appeadùc ad Fktfij^ Itmrtfdii ùionyni op us de