ÉPITAPHE DE PELAGE P
Que ce sépulcre tienne bien enfermé le corps terrestre, Il n'enlèvera aucun des mérites de l'homme saint, Il vit dans la forteresse du ciel^ jouissant de la lumièref céleste.
Il vit également ici-bas en tous lieux par ses boiûies œuvres.
Il est assuré de ressusciter au jour du jugement et d'être placé au côté droit, S'envolant sur la main des anges.
Puisse l'Église de Dieu énumérer ses titres de vertu. Puissent les siècles futurs en garder aussi la mémoire! Chef et guide de la foi catholique» il proclama des dogmes Vénérables que d'illustres Pères de l'Église avaient établis.
Sa parole guérit de leurs erreurs ceux qui s'étaient laissés entraîner par le schisme.
De sorte que leurs âmes touchées gardèrent la véritable foi.
vaticanis cryptis,Kom»,i%kO), où Ton trouve dans un ordre parfait les plus ancienues inscriptions données d'après un code du Vatican, et l'ouvrage de Petrys Mullius sur la basilique de saint-Pierre.
1. Titulus Pelagi papœ l: Terrenum èorpus^ etc. (Voir aux Iw- SGRiFTiONS uTiifES, à la fin du volume.)
n consacra beaucoup de ministres des autels selon la loi divine;
Mais sa main immaculée ne mit rien à prix d'argent.
Rachetant les. captiifs^ toujours prôt à secourir les malheureux;
Jamais aux pauvres il n'a refusé une portion des biens qui lui étaient échus en partage.
Occupé du boidkeur de tous^ il prenait part à toutes les douleurs^
Et il lui seml)lalt que les gémissements d'autrui fussent les siens.
lei repose le pape Pelage. Il régna quatre ans dix. mois et dix-huit jours. Il fut déposé le quatrième jour des noues de mars.
Sa parole guérit de leurs erreurs ceux qui s'étaient laissé entraîner par le schisme.
ft8 LES TOMBEAUX
Il ne reste plus à Rome un seul monument pour rappeler Tépoque si remarquable i^ Goths, de Bélisaire et de Narsès; plus un qui rappelle la période de misère sans (in qui suivit pour ^cette ville. Abandonnée à son malheureux sort par les empereurs de Byzance et assiégée à tous moments par les Lombards, ella commençait à se dépeupler et à devenir déserte ; les papes furent alors les seuls protecteurs de Rome, et ils la gouvernèrent comipe une république en ces temps dont l'obscurité presque complète a un attrait et un piquant inflai pour l'antiquaire. Jamais les évéques de Rome n'ont été plus grands, et jamais Rome ne leur a dû plus de reconnaissance que pendant ces sombres siècles où elle
tombait toujours plus bas au dedans et où elle était serrée de si près au dehors. Le caractère le plus re- . marquable parmi les papes de ce temps, et peut-être le plus noble parmi tous ceux qui lui ont succédé, est saint Grégoire le Grand, patricien romain, de la célèbre famille des Anicii. Une des églises de Rome moderne porte son nom : Saint-Grégoire sur le Clivus Scauri. Elle est située dans le voisinage du Colisé&et sur remplacement même où ce pape avait élevé autrefois un couvent en l'honneur de Tapôtre saint André, pour s'y retirer dans une solitude contemplative. Là s'élèvent aujourd'hui trois chapelles portant
les noms de Sainte-Sylvia, mère de saint Grégoire, de Saint-André et de Sainte-Barbe. Dans cette dernière chapelle on a placé sur l'autel une siatue en marbre du saint pape, ouvrage postérieur, de l'école de Michel-Ange. Une colombe se penche vers l'oreille
du pape pour lui insuf&er le Saint-Esprit, comme le rapporte la légende.
Son tombeau était placé autrefois dans le vestibule de Saint-Pierre ; mais il n'en est rien resté, et la statue de marbre qui se trouve aujourd'hui dans les grotte.s
du Vatican ne provient pas de l'ancien tombeau ; elle
faisait autrefois partie du dborium qu'Innocent VIII avait fait construire pour y conserver le fer de la^ lance de la Passion. L'épi taphe, que nous ont conservée Béda et. quelques autres auteurs» est tout ce qui nous en reste.