‹ Les tombeaux des rois sous la TerreurChapitre 10 sur 34 · DESTRUCTIONS DES 6, 7 ET 8 AOUT · texte numérisé non relu

DESTRUCTIONS DES 6, 7 ET 8 AOUT

l'Abbaye, doni Druon, qui assista à l'œuvre profanatrice: attentif, prudent, silencieux, il en suivit tous les détails, la plume à la main, et en dressa le journal avec le relief saisissant des choses vues \ C'est à lui qu'est due la relation émouvante de l'ouverture et de la profanation de ces grands sépulcres ; on ne le vit s'en éloigner que quand l'œuvre fut

quelques renseignements sur l'exhumation de Turenne et une page de réflexions philosophiques et religieuses au dernier feuillet .

2° Le deuxième est pour ainsi dire une copie presque textuelle du manuscrit de dom Druon, avec une addition importante et précieuse sur 1 exhumation de Turenne. Il porte sur la couverture la mention suivante : « Procès-verbal communiqué par Monsieur Tinthouin, officier de la garde nationale de Saint-Denis. » — « Le journal de Tinthouin avait été trouvé parmi les papiers d'un sieur Boneufaux, ancien secrétaire du district de Saint-Denis ». Procès-verbal du 8 janvier 1817. Arch. nat. AE ^ i5.

3° Et un manuscrit donnant le détail des destructions du mois d'août, et, à la suite, la relation littérale de dom Druon, portant cette mention sur la couverture : « Ce manuscrit a été confié à mon fils par M. l'abbé de Verneuil, curé de Saint- Denis, le 6 janvier 1817. » Il a été relaté en entier par Chateaubriand dans ses notes du Génie du Christianisme.

* Ce ne fut pas sans quelque difficulté que dom Druon parvint à rédiger son journal. Gautier parle « des disgrâces qu'il a éprouvées des cannibales. Dom Druon mourut à Saint- Denis, le jeudi 2 juin 1796. » Mémoires de Gautier, dernier organiste de l'Abbaye. Exemplaire de la Bibliothèque de Saint-Denis, p. 120.

'l'i LES TOMBEAUX DES ROIS SOUS L\ TEIIHEUR

achevée. Bien qu'un peu trop tracé avec la rigidité d'un procès-verbal, son récit est, néanmoins, du plus grand intérêt. C'est lui que nous allons suivre*, en élaguant certains détails superflus et en comblant les lacunes à l'aide de nombreuses notes émanant toutes de témoins oculaires.

Est-il utile de rappeler que nous n'avons pas entrepris la description des effigies et des monuments qui exigerait à elle seule tout un volume, et que notre but est seulement d'en

^ A l'exception de notre érudit confrère le Docteur Robinet, tous les auteurs qui citent ce document, ceux du moins que nous avons consultés, font une erreur grossière au sujet du signataire du journal : les uns, comme d'Heylli, Viollet-le- Duc et de Guilhermy, citent dom Poirier comme auteur du rapport ; d'autres, comme M™" d'Ayzac, nous donnent dom Poirier et dom Puthod de Maison-Rouge comme témoins oculaires de la dévastation et auteurs de la relation.

Cette erreur vient d'une confusion qui s'est faite dans l'esprit des historiens qui n'ont pas consulté les documents originaux, mais seulement la table des documents des Archives qui contiennent deux rapports sur la dévastation : le premier, celui de dom Druon qui seul a trait aux 'exhumalions, et le second, celui de Poirier, Mouchi, Puthod et Moreau, commissaires du gouvernement, qui furent chargés de surveiller les travaux de destruction des monuments et qui rédigèrent un rapport le i4 août 1793 sur la destruction seulement des tombes royales. Il figure aux Archives nationales, vitrine 122 n^ 1374.

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