LA. BASILIQUE DE SAINT-DENIS
« enlève dans son tombereau les boues et les (( ordures de nos cités.
« Il fut réservé à notre siècle de voir ce « qu'on regardait comme le plus grand malce heur chez les anciens, ce qui était le dernier « supplice dont on punissait les scélérats, « nous entendons la dispersion des cendres ; « de voir, disons-nous, cette dispersion « applaudie comme le chef-d'œuvre de la phi- « losophie^ »
Et Chateaubriand poursuit : « On voyait « autrefois, près de Paris, des sépultures « fameuses entre les sépultures des hommes, « L'abbaye gothique où se rassemblaient ces c( grands vassaux de la mort, ne manquait « point de gloire : les richesses de la France « étaient à ses portes ; la Seine passait à l'ex- « trémité de sa plaine ; cent endroits célèbres « remplissaient, à quelque distance, tous les « sites de beaux noms, tous les champs de « beaux souvenirs ; la ville de Henri IV et de
* Génie du Christianisme, /'f P., Chap. vi.
lO LES TOMBEAUX DES ROIS SOUS LA TERREUR
« Louis le Grand était assise dans le voisi- « nage ; et la sépulture royale de Saint-Denis « se trouvait au centre de notre puissance et « de notre luxe, comme un trésor où l'on dépo- « sait les débris du temps et la surabondance (( des grandeurs de l'empire française »
Les origines de la Basilique, destinée à honorer la mémoire et le souvenir du martyre de l'apôtre des Gaules ^ la description de ce majestueux édifice, témoin, resté debout, des plus glorieux faits de notre histoire, ne rentrent pas dans le cadre de cette étude. Rappelons seulement que c'est au grand abbé Suger qu'il appartient d'avoir donné à ce monument, un des premiers spécimens du style gothique à peine dégagé du roman, sa forme et ses dimensions définitives^.
1 Génie du Christianisme, 4° partie, chap. ix.
^ Suivant M. Julien Havct, la colline de Montmartre n'aurait pa& été le théâtre du martyre de saint Denis ; de nouveaux textes établiraient nettement que l'apôtre des Gaules aurait été supplicié sur le territoire même de Saint-Denis. Questions Mérovingiennes. Les origines de Saint-Denis, p. 25.
'^ On attribue à sainte Geneviève l'honneur d'avoir, la per-