INFLUENCE DES AVALANCHES. S
Tune des bases du triangle qui devra faire face au mouvement de la neige et non plus lun des angles.
Les travaux destinés à empêcher la production des avalanches ne se justifient d'ailleurs que dans des cas spéciaux, pour la protection des habitants, de leurs demeures et des voies de communication.
D une façon très générale , on peut dire qu'il y a plutôt avantage à laisser les avalanches se produire ainsi que nous lavons exposé précédemment. La neige ainsi rassemblée dans les vallées et les ravins de la montagne sert, aux hautes altitudes, à alimenter les glaciers et contribue, avec celle qui est chassée par le vent ou qui tombe directement, à les maintenir à un niveau à peu près constant.
Influence daa evalanohes sur la régime torrentiel. —
Mais quand ces avalanches s'étendent jusqu'à des régions moins élevées et viennent obstruer le lit de torrents en activité, elles peuvent être la cause de graves dangers, tant par la quantité d'eau qu'elles sont susceptibles de fournir en fondant sous l'influence d'une chaude pluie d'été, que par les débris qu'elles renferment et par la glace elle-même qui les constitue et qui peut servir d'élément à une lave. Nous en trouvons un exemple frappant dans ce qui s'est passé au mois de juillet iSgB dans le torrent de la Griaz, près de Bouches, à 7 kilomètres en aval de Ghamonix.
Dans un rapport en date du 6 juillet de cette année, M. Arien, garde général des eaux et forêts, faisait ressortir qu'en amont du confluent de la Griaz et de son affluent de rive gauche, le ravin des Arandellys, le lit principal se caractérise par la présence presque continue d'une avalanche qui s'y précipite tous les ans, et dont l'épaisseur est si considérable que souvent elle n'est pas entièrement fondue au mois d'août.
Or, le 28 juin 1896, un éboulement considérable de rochers se produisait sur la rivQ droite du torrent, immédiatement au-dessus
de ravalanche, et blocs et pierrailles s'écroulaient sur elle avec un fracas épouvantable. Le lendemain, c'est-à-dire dans la nuit du 99 au 3o juin, après un orage, ces débris de rochers ont fourni une lave très compacte qui s'est étendue presque uniformément sur l'avalanche et l'ont creusée à sa partie inférieure, venant s'arrêter au confluent de la Griaz et des Arandellys.
Dans la journée du 3o, sous l'influence d'une chaleur excessive, il s'est formé une nouvelle lave d'une extrême puissance. Celle-ci, après avoir éventré l'avalanche sur toute sa longueur, sur une largeur moyenne de 5 mètres et sur toute sa profondeur, et s'être ainsi grossie de tous les matériaux contenus dans les parties enlevées, est venue se précipiter dans TArve, après avoir suivi sans trop d'écart le cours ordinaire de la Griaz.
Après cette deuxième lave, il restait encore au pied même de l'arrachement, ainsi que sur l'avalanche, une grande partie des matériaux tombés le â8. D'autre part, on pouvait estimer aux 3/io de la masse totale de l'avalanche la partie qui avait été enlevée par les crues, et par conséquent aux 7/10 ce qui restait encore à fondre.
Il devenait à craindre que si cette fusion était activée, soit par une pluie d'orage, soit par une pluie persistante, il ne se produisît une lave formidable.
Dans ce rapport du 6 juillet (nous insistons sur la date)> M. Arien concluait :
ïT D'après l'état des lieux au 3 juillet, il serait à craindre ou que la lave ne se déverse sur le village des Bouches directement ou qu'elle ne provoque dans l'Arve la formation d'un lac momentané.
ffDe ce qui précède, il résulte qu'il ne parait pas possible, en cas de pluie, d'éviter la formation d'une lave, et que le danger résultant d'une lave due à l'avalanche persistera tant qu'elle ne sera pas entièrement fondue et que le lit du torrent ne sera pas débarrassé de la plus grande partie des matériaux qui y sont tombés.
ffll conviendrait donc ^ durant toute cette période, d'établir une