INFLUENCE DES AVALANCHES
brigade de surveillance chargée, en cas de danger, de prévenir les intéressés et de prendre en même temps toutes les dispositions possibles pour empêcher le débordement de la lave dans les villages et hameaux voisins, et d'empêcher en outre la formation d'un lac momentané au confluent de l'Arve et de la Griaz. n
Ges craintes n'étaient que trop fondées, et, dès le 3i juillet suivant, les faits venaient en donner une confirmation comîplète.
Dans un rapport ofiiciel du 9 août 1895, le même agent écrit :
(tLe 3i juillet, à partir de 8 heures du matin, la pliiie tombe dans la vallée de Chamonix, sans interruption et par paquets.
crVers 5 heures du soir, les laves partent dans le torrent de la Griaz et les Arandellys presque sans interruption jusqu'à 8 heures du soir. Elles se succèdent de cinq minutes en cinq minutes et partent, celle de la Griaz, du pied même du glacier, au point oii se trouve l'éboulement du 28 juin. L'éboulement des Arandellys donne quatre coulées très épaisses et chargées de matériaux énormes. Elles se succèdent presque sans interruption et mettent en moyenne quinze minutes pour aller du pied de l'éboulement à l'Arve (3 kilomètres).
ce Vers 7 heures du soir, le ravin des Arandellys donne lui-même une cinquième lave formée de matériaux noirs schisteux. Elle est très liquide et coule constamment sur la rive gauche.
crLa crue des Arandellys, se joignant en route à celle de la Griaz, forme une lave puissante qui vient obstruer l'Arve en aval du pont des Gurres (situé sur la route départementale de Genève à Chamonix). Cette crue ne fait que resserrer le lit de l'Arve sans le barrer.
« Vers 8 heures du soir, une autre lave venant de la Griaz jette une première digue de cailloux dans l'Arve, et la formation d'un lac commence.
«rLa pluie ne cesse de tomber à ce moment. La Griaz charrie continuellement des matériaux qu'elle prend dans son lit de déjection et qu'elle précipite dans l'Arve.
(f A minuit) une crue plus forte exhausse la digue déjà formée et entraine lô parapet de la route départementale de Genève à Cha-monix.
(cA 3 heures du matin, c'est-à-^dire le jeudi i** août, une nouvelle lave de la Griaz détache un énorme rocher qui servait d appui à la route départementale et provoque Taffouillement de la route, en enlevant les murs de soutènement.
«Dans la nuit du a au 3 août, deux crues se produisent encore dans la Griaz : une à minuit, lautre à U heures du matin. Cette dernière barre définitivement TArve au moyen de blocs énormes^ L'eau dépasse, à ce moment, la clef de voûte du pont des Gurres, et deux parapets de la route sont complètement enlevés.
ffLa pluie continue toujours à tomber sans interruption; mais ni la Griaa ni les Arandellys ne donnent plus de lave et les eaux arrivant presque pures dans le lit de déjection laffouillent constam^ ment.
«Au 6 août, vers la fin des pluies, le torrent de la Griax avait Creusé dans son lit de déjection un canal de plus de 8 mètrw de hauteur moyenne sur is mètres de large, et sur près de *i kilomètres de longueur. D
L'effet des avalanches sur le régime torrentiel n est cependant pas toujours identique. Si le ht des torrents où elles s'arrêtent est k une altitude assez élevée (au-dessus de 1,700 mètres environ) pour que la température moyenne reste toujours basse, elles servent plus souvent à arrêter les laves en formation qu'à les provoquer ou les augmenter.
* Tel est le cas du ravin de la Besse, affluent du torrent de Saint- Martin*la-Porte, en Savoie. La neige accumulée tous les hivers au fond du lit forme une sorte de vaste plaine sur laquelle débouchent assez fréquemment des laves provenant d'un bassin de réception constitué à peu près uniquement d'immenses versants très escarpés, entièrement dénudés et dans lesquels le gypse domine.
La lave, fortement resserrée entre des berges très rapprochées,