CONCLUSIONS SUR LES OBSERVATIONS
minute, en fera i,46x i4, soit 20 environ au glacier de TcHe- Rousse.
Si 9 au lieu de rester en repos, le corps effectue un certain travail , on conçoit que Tessoufflement arrive beaucoup plus vite.
Ce phénomène a été remarqué par tous les ouvriers.
D'autre part, dans la galerie aussi bien que sur le glacier, la température se maintenait entre o et 1 degré et exigeait une grande activité dans la combustion interne pour entretenir le corps à sa température normale.
Mais, contrairement à ce qu'on observe généralement en hiver et dans les pays froids, l'appétit des ouvriers diminuait rapidement. Peut-être faut^il en chercher la cause dans leur régime, qui comportait, outre une nourriture substantielle, l'absorption de café et de thé chauds à toute heure, de vin de temps à autre et d'eau-devie fréquemment; car, par suite de la sécheresse de l'atmosphère, les échanges de vapeur d'eau entre le corps et l'air devenaient plus considérables, et les ouvriers avaient constamment soif.
De toutes les observations faites, on peut conclure à l'influence nettement déprimante du climat. Cette action se traduisait par des maux de tête fréquents, le manque d'appétit, la soif persistante et le manque de courage au travail.
Les ouvriers ayant fait un séjour prolongé au glacier se reconnaissaient parfaitement à la pâleur de leur teint, à leurs traits fatigués et à leurs yeux gonflés.
Malgré toutes ces difficultés, le 97 septembre, jour où la neige a obligé à interrompre les travaux, on avait exécuté 192 mètres de canal souterrain, dont les 60 premiers dans le roc et le reste dans la glace.
Conclusions sur les observations faites en 1899. —
Tous les terrains traversés étaient complètement gelés. Au milieu de la partie rocheuse, alors que la galerie se trouvait à près de 3o mètres de la surface du sol, aucune trace de dégel n'est apparue.
(le point, très intéressant, était facile A constater, le roc étant parsemé de nombreuses inclusions de glace qui, en fondant à la chaleur dégagée par l'exécution des travaux, laissaient se détacher des morceaux de rocher qui menaçaient à chaque instant la sécurité des ouvriers. Aussi, malgré toutes les difficultés, a-t-il fallu recourir à un boisage temporaire, auquel on substituera un revêtement en maçonnerie.
Cette observation importante doit s'appliquer au sous -sol de tous les glaciers, qui, par conséquent, ne reçoivent aucune chaleur de la terre et ne sont pas susceptibles de fondre en leurs points de contact avec le sol. Le froid transmis par les glaciers au sous-sol est supérieur à la puissance de la conductibilité terrestre, et il devient presque impossible d'admettre qu'un lac sous-glaciaire puisse exister quelques années sans être entièrement congelé. D'où nous lirons cette probabilité que les cavités qui existaient sous le glacier de Tête-Rousse et qui ont donné lieu à la débâcle du is juillet 1893 devaient exister, mais entièrement vides, et qu'un obstacle s'étant opposé, à un moment donné, au libre écoulement des eaux, elles se sont rapidement remplies, jusqu'au jour où la pression exercée par ces eaux sur le front aval du glacier l'a obligé à se rompre et à permettre ainsi leur écoulement subit. Si cette conclusion est exacte, on doit retrouver entièrement gelé le lac qui avait commencé à se former en 1896 et qui , depuis lors, recouvert de névé, était demeuré comme une menace occulte pour les habitants de'Saint-Gervais.
11 doit en être de même de toutes les galeries souterraines envahies par les eaux à la même époque.
C'est bien ce que semblent démontrer les travaux exécutés en 1899, qui, poursuivis sur une longueur de 62 mètres daus la glace, n'oht mis à découvert ni une fissure, ni une crevasse. Partout on a traversé la glace compacte, sonore, en couches stratifiées, fortement inclinées, avec des inclusions de pierrailles entre les couches.