TRAVAUX PRÉVENTIFS
On pourrait plus aisément s'attaquer aux lits des glaciers, en profilant du moment propice où ils sont rais en partie à découvert, pour y entailler des marches grossières, qui atténueraient à la fois la pente et la facilité de glissement, mais ce ne serait encore qu'un palliatif généralement insuffisant.
La seule méthode sûre consisterait à repérer très exactement, par des marques visibles de loin, tracées tant sur les flancs de chaque glacier qu'à sa base, les limites extrêmes qu'il ne saurait dépasser sans danger. Ces limites seraient fixées par expérience ou au besoin par le calcul, et toutes les fois que, par sa marche en avant ou |;ar son exhaussement graduel, la glace tendrait à les dépasser, on devrait procéder à la destruction de toutes les parties dangereuses, soit à l'aide d'explosifs, soit par tout autre procédé que les progrès de la science mettent à la disposition des hommes.
Dans certains cas, on pourrait recourir à l'usage de l'eau. En dérivant par un canal le cours d'un torrent voisin ou même les j)r()duits de la fonte des neiges dans les régions supérieures et les déversant en quantité suffisante sur le glacier dangereux, on en activerait considérablement la fonte annuelle. Il est douteux qu'il puisse, dans ces conditions, atteindre le niveau qu'il ne saurait dépasser sans danger. C'est un procédé que nous avons eu à employer très fréquemment dans les torrents pour faire disparaître rapidement les épaisses couches de neige entassées par les avalanches. En faisant passer sur ces névés l'eau qui, naturellement, passe toujours dessous, on les dissout en quelques jours, et nous sommes convaincu qu'un courant d'eau suffisant produirait dans les glaciers un effet analogue. Encore faudrait-il s'efforcer de maintenir cette eau à la surface le plus longtemps possible pour qu'elle produise le maximum d'effet utile.
A défaut d'autre moyen, dans les cas les plus intéressants, on pourrait encore utiliser les forces naturelles et en particulier les chutes d'eau qui existent toujours en abondance dans les régions montagneuses. Il serait aisé de transporter par l'électricité la force