LE MONT BLANC
de Rendu, de Forbes, de Tyndall restent à jamais associés à celui de ce glacier; c'est une des localités classiques dans l'histoire de la géographie.
Découvert, pour ainsi dire, en 17/11, par les Anglais Pococke et Wyndham et gravi pour la première fois en 1786 par Jacques Balmat, le mont Blanc est devenu l'un des grands lieux de pèlerinage pour les admirateurs de la nature. Le hameau de Ghamonix, qui semblait n'être qu'une misérable agglomération de cabanes, s'est changé en une ville d'hôtels où les étrangers se succèdent en multitude pendant la saison d'été. Les autres villages, situés à la base du colosse, Saint-Gervais, Gourmayeur, sont aussi visités par une foule grossissant chaque année; les ascensions de la Grande- Montagne et des cimes avoisinantes deviennent de plus en plus nombreuses, et des chemins , des sentiers bien tracés facilitent l'accès des pas les plus dangereux W.
Une voie ferrée permet depuis 1898 d'accéder aux bains de Saint-Gervais (embranchement de la Roche-sur-Foron au Fayet) et permettra sous peu d'arriver à Ghamonix même avec rapidité. Le flot toujours croissant des visiteurs en recevra sans doute un nouvel essor. Il n'en sera que plus important d'assurer la sécurité des habitants et la conservation des voies de communication , toujours plus ou moins menacées par les phénomènes encore peu connus qui prennent naissance dans les glaciers et les torrents qui s'en écoulent.
Ges phénomènes peuvent être subdivisés, suivant la façon dont ils se manifestent à nos yeux, en trois catégories principales :
1® Les avalanches;
9® Les éboulements;
3*" Les crues torrentielles.
^*) Description du monl Blanc, extraite de la Géographie universelle, par ÈUsée Redus.
L'étude des torrents glaciaires nous permettra de saisir Forigine de tous ces phénomènes « d'en étudier la marche et par là même de nous rendre compte des moyens à employer pour en supprimer ou tout au moins en atténuer les effets dévastateurs.
Lés tôrrenta glaciaires. — Le bassin de réception. — Les auteurs distinguent, en général, trois régions dans un torrent :
1** Le bassin de réception ^ oùjes eaux s'amassent, ayant généralement la forme d'un vaste entonnoir diversement accidenté et aboutissant à un goulot placé dans le fond. Il donne naissance au torrent;
2*^ Le canal d^écoulementy région placée au-dessous du bassin de réception et à la suite du goulot, dans laquelle il n'y a ni affouillement ni dépôt;
3° Le lit de déjection y région oik se déposent, d'après des lois régulières, les matériaux arrachés au bassin de réception, et qui présente la forme apparente d'un monticule très aplati, placé à la sortie de la gorge et accolé à la montagne comme un contrefort.
Des arêtes rocheuses, des aiguilles, des pointes constituent en général la partie la plus élevée du bassin de réception des torrents glaciaires du mont Blanc. Sur ces rochers abrupts, aux déclivités fantastiques, la neige ne tient pas, même en hiver. Elle né les recouvre pour quelques jours que quand elle tombe chassée par un vent favorable et humide. Elle s'accumule cependant dans toutes les anfractuosités, sur toutes les plates-formes qui, invisibles de la plaine, occupent toujours des surfaces importantes; de telle ^orte que ces rocs, qui semblent dénudés, si on pouvait les dominer, donneraient,, au contraire, l'impression d'une surface presque uniformément couverte de glace et de neige.
. La neige.qui tombe sur ces hauteurs et plus bas encore jusqu'à une altitude de 3,ôoo mètres environ, limite inférieure des neiges