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LES NÉVÉS

fiternelies, est généralement sèche, d'un grain très fin, cristallisée, (Tune légèreté extraordinaire, qui lui permet d'être facilement enlevée par le vent,

Les névéa. — Gomme à ces hauteurs il ne pleut presque jamais, cette neige ne subit que l'action alternative d'un froid tou* jours vif et d'une chaleur intense provoquée par le rayonnement solaire, Tous ceux qui sont allés par une belle journée au milieu de ces champs de neige, ont pu constater l'ardeur du soleil, et s'ils n'ont pas eu la précaution de se garantir la figure par un voile épais, les yeux par des lunettes sombres parfaitement adhérentes, ils ont été frappés infailliblement d'un coup de soleil général et de vives douleurs ophtalmiques.

Au milieu de l'air raréfié qui occupe l'espace au-dessus de 3tOoo mètres d'altitudot l'atmosphère est bien plus transparente que dans les plaines et, étant peu chargée de vapeurs, elle se laisse plus aisément traverser par les rayons solaires, n'absorbant que fort peu de leur puissance lumineuse et de leur calorique, La neige étant elle-même d'une blancheur extrême, réfléchit la majeure partie de la lumière et de la chaleur qui viennent la frapper.

De là l'intensité de la lumière qui provoque, par les jours de soleil, des ophtalmies souvent fort douloureuses, et l'intensité de la chaleur qui atteint toutes les parties découvertes du visage, même h l'abri des rebords d'un chapeau , le rayonnement se faisant sentir à la fois d'en haut, par l'action directe du soleil, et d'en bas, par la réflexion sur la neige.

Mais, aussitôt le soleil disparu, le froid revient et le thermomètre descend rapidement au-dessous de zéro.

Cette double action de chaleur et de froid, se reproduisant presque journellement sur d'épaisses couches deiieige, a pour efl'et de créer les névés ^ qui occupent la superficie totale de la région des neiges éternelles.

Les névés représentent comme une situation intermédiaire entre

la neige et la glace compacte. Ils sont constitués par de petits grains de glace, isolés les uns des autres, que la gelée de la nuit réunit et agglutine, superficiellement au moins, et qui se séparent de nouveau quand la température monte. La matière du névé est toujours blanche, poreuse, un peu spongieuse et plus légère que la glace, à cause de la grande quantité d'air qu elle contient. A mesure que Ton descend sur les flancs de la montagne, on en voit les grains s'agrandir, prendre une couleur de plus en plus bleuâtre et, finalement, se transformer en glace compacte. De là naît le glacier.

Sous l'action de la chaleur solaire, la neige nouvellement tombée fond superficiellement; l'eau de fusion est absorbée, comme par un filtre gigantesque, par l'épaisse couche de neige sousjacente, et sa quantité est si minime, comparée au volume de ce filtre, qu'elle ne suffit pas à lui donner même l'apparence de l'humidité. Cependant des parcelles aqueuses, infiniment divisées, sont venues humecter la fine poussière de neige ordinaire aux grandes altitudes et, dès la disparition du soleil, cette eau de fusion gèle à nouveau, en faisant corps avec le flocon de neige auquel elle adhère ; mais sa quantité est si faible qu'elle est impuissante à agglutiner les flocons entre eux. Cette augmentation, journellement répétée, finit par donner un volume très appréciable aux éléments constitutifs du névé. A mesure que diminue l'altitude, la fusion augmente d'activité et la quantité d'eau qui reste adhérente aux grains de névé devient de plus en plus considérable. La congélation nocturne aidant, ils grossissent donc, d'autant plus régulièrement qu ils sont situés à une moindre altitude, ce qui explique la différence facile à constater de leurs dimensions.

Dans ce travail de transformation, il arrive toujours un moment où les grains de glace, devenus assez gros, ont une tendance à se souder les uns aux autres; mais l'eau qui sert à les relier étant en quantité insuffisante et d'autant moindre qu'on se trouve à une plus grande altitude, la soudure reste imparfaite et disparaît au premier rayon du soleil.

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