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LE VENT

Cependant, dans le bas des névés, l'eau, étant plus abondante, occasionne un amalgame plus complet, de telle sorte que, pendant les chaudes journées d'été , elle ne peut plus pénétrer à travers la croûte superficielle de glace et s'écoule à la surface, divisée en nombreux ruisselets.

Les guides de Ghamonix prétendent que cette eau est le meil-^ leur remède contre le mal des montagnes, sorte de vertige suivi ou accompagné souvent de vomissements, qui détruit toute énergie chez l'Alpiniste novice. On a voulu voir dans ce malaise qui saisit les voyageurs un effet de l'abaissement de la pression barométrique; mais la faible proportion des malades nous porterait plutôt à croire qu'il faut y voir le résultat de la surexcitation à la fois nerveuse et physique à laquelle se livrent les alpinistes inexpérimentés.

Devant la rareté croissante de l'air, les forces physiques faiblissent suivant une progression très accentuée; la fatigue arrive promptement à son extrême limite et surprend alors ceux qu'une longue pratique n'a pas déjà familiarisé avec ce phénomène.

Du mode de formation des névés, on peut conclure, ce que l'expérience vérifie du reste, que partout ils recouvrent de la glace compacte et qu'on doit la rencontrer à une profondeur augmentant avec l'altitude. C'est vers 3,ooo mètres au-dessus du niveau de la mer qu'on peut fixer son point d'émergence; mais il faut considérer ce chiffre comme une simple moyenne, susceptible des plus grandes variations, tant par suite de l'exposition que par les différences qu'amènent la configuration du sol et sa déclivité.

Le vent. — Pour la facilité des explications, nous avons dû supposer jusqu'à présent que la neige, une fois tombée sur le sol, y restait immuablement fixée. En réalité, il n'en est jamais ainsi. Cette neige, fine et légère, devient immédiatement le jouet des vents qui soufflent toujours dans la montagne et causent souvent, avec son aide, le phénomène si redouté qu'on appelle la tourmente.

Le vent, en temps ordinaire, par les jours où aucune tempête

D6 sévit dans l*atmo8phère , souffle toujours dans le sens des valîées, grandes ou petites; de lamont vers lavol, c'est-à-dire en descendant, pendant la nuit; de lavai vers l'amont, c'est-à-dire en remontant, pendant le jour. La transition se fait, suivant les saisons, de 7 à 9 heures le matin et le soir; plus tôt quand le soleil se lève de bonne heure, plus (ard pendant les courtes journées de l'hiver. C'est donc vers 7 heures en été et vers 9 heures en hiver que règne le calme le plus complet, qu'aucune brise ne vient rafraîchir l'ascensionniste haletant, livré sans défense à toute l'ardeur du soleil.

Les montagnards prudents, qui connaissent bien ce phénomène, ont soin de toujours partir de grand matin , quand ils ont une longue 9 montées à faire; ils sont alors arrivés, à l'heure du calme, dans lés régions où l'air, toujours frais, leur permet de continuer leur course, sans fatigue exagérée.

Cette régularité du vent produit en hiver, le long des crêtes des montagnes, un mur vertical de neige de plusieurs mètres de hauteur, qui peut même arriver jusqu'à être légèrement surplombant. Les courants qui, sur chaque versant, remontent les vallées, se rencontrent, en effet, le long de la crête; leur intensité dépendant à la fois de l'orientation et de la longueur de la vallée qui leur a donné naissance, ils sont, à peu près toujours, de forces inégalos, mais suivant une proportion qui varie fort peu.

Le courant le plus violent rencontrant la résistance du courant le plus faible en provoque tout d'abord l'arrêt, puis le retour en arrière. Dans ce moment d'arrêt, toute la neige légère tenue en suspens et entraînée par le vent se dépose sur le sol, tandis que le courant violent, devant la résistance qu'il rencontre brusquement, s'infléchit pour prendre une direction plus ou moins verticale, suivant la forcé qui lui est opposée, et continué à entraîner la majeure partie de la neige qu'il a soulevée. Dé ce double phénomène, dépôt d'un côté, limité nettement par un courant violent de Tautre côté, résulte la formation d'une plaine de neige sans relief du côté où se

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