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LES AVALANCHES. J

leur porter le moindre secours, tant la catastrophe se produit rapî^ dément.

L'effet principal de ces avalanches . d'hiver est de déblayer le sol dans les parties élevées et escarpées, et de permettre ainsi à la végétation de s'y installer encore pendant les deux mois de Tété. Sans leur secours, bien des régions ne se dépouilleraient que fort lentement de leur blanc linceul, sous l'action directe des rayons solaires, et seraient totalement perdues pour la vie végétale.

Au printemps, de petites avalanches de neige lourde et humide se détachent également des parties escarpées des montagnes, soit à la suite d'un vent chaud, d'une pluie qui active la fonte, soit provoquée par la chute d'un rocher ou d'un morceau de glace. Elles glissent généralement, bien plutôt qu'elles ne roulent, sur une surface glacée, constituée par de vieilles neiges durcies, et atteignent rarement jusqu'au sol.

Leur marche et leurs effets sont analogues en tout point à ceux des avalanches sèches de l'hiver.

De beaucoup plus importantes sont les avalanches de fond y qui se produisent toujours au printemps, à l'époque de la fonte des neiges.

Celles-ci se détachent du sommet de la montagne, embrassent toujours un grand versant à très forte pente (3o à 35 degrés). La. neige, imbibée d'eau sous l'action du dégel, reposant sur^un sol glacé encore, à la surface duquel s'infiltre une mince nappe d'eau, vient tout à coup à être entraînée par son propre poids et se met en mouvement sur un espace qui peut atteindre plusieurs kilomètres de longueur et une hauteur souvent énorme. Elle n'a pas l'air de glisser, mais bien plutôt de tomber, et vient se broyer avec un bruit formidable sur les premiers plateaux, soulevant d'épais nuages de neige et de glace. Là, guidée par les contreforts de la montagne, elle roule, se précipite tumultueusement vers les vallées dans lesquelles elle s'engouffre, culbutant tout sur son passage.

ift LES TORRENTS GLACIAIRES.

Négligeant et obstruant les dépressions secondaires, elle gagne le lit du torrent principal et s'écoule sdors, suivant une marche absolument identique à celles des coulées de boues que nous désignons sous le nom de laves.

Précédée d arbres et de rochers arrachés aux flancs de la montagne, elle coule avec la vivacité d'une eau impétueuse, se précipite dans les cascades, ralentit son cours sur les plateaux, s arrête complètement derrière les barrages temporaires formés par les arbres et les rochers quelle entraîne, se gonfle de nouveaux apports continuels, rompt les barrages et repart avec d autant plus d'impétuosité qu'elle a été contenue plus longtemps.

Elle tombe enfln dans le lit de la rivière, au fond d'une large vallée, y forme des entassements de 20 à loo mètres d'épaisseur, mélange de neige et de détritus de toutes sortes, barrant quelquefois le cours des eaux pendant un long laps de temps; et celte matière qui coulait comme de l'eau, qui semblait si malléable, est aussi dure que la pierre. On peut immédiatement marcher à sa surface sans aucun danger et sans que le pied y imprime ta moindre trace.

Gomme presque toutes les routes importantes occupent le fond des vallées, il arrive fréquemment que la circulation soit complètement interrompue par ces avalanches. On y ouvre alors, à la pioche et à la pelle, un passage provisoire, qui consiste le plus souvent en l'établissement d'une simple plate-forme superficielle où les voitures les plus lourdes passent sans danger.

Quand un cours d'eau est barré par une avalanche de neige, l'eau imbibe peu à peu la partie inférieure de cette masse légèrement spongieuse et, par sa chaleur, en provoque la fusion. Il se Ibrme rapidement de la sorte un canal souterrain qui s'agrandit chaque jour, la neige fondant tant par l'effet de la chaleur de l'eau que par celui du courant d'air chaud qui remonte la vallée dans la journée. Le canal souterrain prend ainsi des proportions deploa en plus vastes, et atteint bientôt les dimensions d'un véritable

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