Rylands v. Fletcher et Nichols v. Marsland
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d'un acte licite en soi, accompli sans imprudence, et ne tombant pas sous le coup d’une règle spéciale de responsabilité absolue, l'agent est-il obligé à réparation ? Il semble qu'une réponse négative s'impose %, et cependant l’affirmative a triomphé parmi les juristes anglais pendant de longues années, Jusqu'au début du siècle dernier, pour être enfin rejetée par des décisions anglaises et américaines qui nous paraissent s'inspirer des principes rationnels du droit et de la saine justice.
° On comprend, en effet, que le préjudice causé par un acte licite accompli sans imprudence ni négligence puisse fonder une action en réparation dans un état de droit primitif où la réparation légale n’est qu'un substitut de la vengeance privée #, car, selon la juste remarque d'Ihering, « la douleur gouverne souverainement le sentiment juridique de
l'homme de la nature, l'injustice est appréciée, non d’après
sa cause, mais d'après son effet » % et « la passion impose
l'expiation même à l’innocent » 7. Mais nous sommes loin maintenant de cette époque primitive, le progrès du droit
34. Pollock, p. 139 : + 136, 137. « 1{ may seem to modern readers... (hat there is no problem at all ».
35. Pollock, p. 133 ; + 137 «in an archaïc stage of law, when legal redress was but a mitigation of the first impulse of private revenge ».