SOUDE D
il suit : le chien du demandeur et celui du défendeur se battaient ; le défendeur les frappait avec sa canne pour les séparer, et le demandeur le regardait faire. Le défendeur reculait devant les chiens en continuant à leur distribuer des coups de canne. Il tournait le dos au demandeur, et, en marchant à reculons, il leva encore une fois sa canne pour frapper les combattants. Dans ce mouvement, il atteignit le demandeur à l'œil et le blessa grièvement. La Cour suprème du Massachusetts décida que l’acte du défendeur était licite et approprié aux circonstances, et que, s'il avait accidentellement blessé le démandeur, il y avait là un risque inévitable qui ne pouvait fonder une action en indemnité. Elle posa en principe que, « lorsqu'un fait purement accidentel se produit au cours de l’accomplissement d'un acte hoite et qu'il en résulte un dommage, il n’y a pas heu à réparation ».
Le cas Brown v. Kendall fut cité avec approbation par la Cour suprême des Etats-Unis, dans son jugement sur le Nitro-Glycerine Case, en 1872. Une caisse de bois avait été remise à New-York à des entrepreneurs de transport, pour être expédiée en Californie ; rien dans son apparence ne pouvait faire soupçonner ce qu'elle renfermait, et aucune indication ne fut donnée sur son contenu. Lorsqu'elle arriva à San-Francisco on s'aperçut qu'elle coulait : un liquide huileux suintait des parois. On la transporta pour l’examiner dans un local pris à bail par l'entreprise de transports, et un employé se mit en devoir de l'ouvrir avec ur ciseau à froid et un marteau. Or, elle contenait de la nitroslvcérine, qui fit explosion ; le local fut endommagé, et ceux qui s'y trouvaient furent tués. Le propriétaire du bàliment actionna les entrepreneurs de transport en réparation des dégâts. I] fut établi que l’on ne pouvait soupçonne: