Pollock, p
chute, et a passé outre témérairement. C'est là ce que signifie l'expression ( conséquences naturelles et probables ». Malheureusement, il n’est pas toujours aisé de dire ce qui est naturel et probable ; il est, en eflet, des conséquences que tout homme doué de sens commun ne peut s'empêcher d’apercevoir ; il en est d’autres que nulle prudence humaine ne peut prévoir. Entre ces deux extrêmes, nous trouvons une foule de probabilités moyennes divisées par une ligne imaginaire dont le tracé varie suivant les mentalités ; plus l’on approche de cette ligne, plus les difficultés croissent. On admet généralement qu'il est un moment à partir duquel les événements postérieurs ne sont plus la conséquence du premier acte ilhicite, mais d’un second fait qui s'est accompli entre temps, bien que, sans le premier acte, les événements postérieurs auraient pu ne pas se produire. La science ni la philosophie ne peuvent arriver à définir ce moment :; le pourraient-elles, que cela ne servirait guère à guider les jurys. — Si le droit anglais paraît ici manquer de précision, Cest que, plus que tout autre système juridique, 1l s'est scrupuleusement attaché aux faits, dont la variété est infinie. La règle de la responsabilité pour les « conséquences naturelles et probables » est avant tout un guide du bon sens, auquel 1l faut recourir en cette matière plus fréquemment qu'en toute autre ?!.
Parmi les décisions innombrables qui s'en inspirent, nous pouvons choisir comme exemple le Jugement rendu en 184; par la Cour suprême de New-York, dans le cas Vandenburgh v. Truax 2. L'employé du demandeur s'était pris de querelle dans la rue avec le défendeur, qui finit par le saisir au collet. L'employé se dégagéa et s'enfuit, poursuivi par le défendeur qui avait saisi une pioche ; il se réfugia dans là