Pollock, Torts, p
æ— 317 RES
ordres, à la direction de celui pour lequel il l'exécute, conserve sa liberté d'initiative pour les points non spéciliés dans le contrat. Comme le disait le Lord Justice Bramwell, s'il s'est engagé à construire un mur, il a le droit de tenir au propriétaire qui l'emploie le langage suivant «& Il est convenu que je vais construire ce mur, mais Je ferai le travail à mon idée, je le commencerai par ce bout-ci, et non par l'autre ».
Comme la responsabilité du maître est fondée sur son pouvoir de direction et de contrôle, il répond de la faute du « servant » et non de celle de l'entrepreneur. On applique les mêmes principes pour régler le cas où l'on aperçoit une chaîne de personnes entre celui qui exécute le travail, et celui pour le compte duquel il est fait. Suivant le juge Willes ?, « pour savoir qui répond de tel acte illicite, 1l faut considérer l’auteur de l'acte lui-même, ou, dans la ligne ascendante, la première personne qui emploie l'agent, et dirige son travail. On ne doit pas remonter plus loin, et déclarer responsable la personne qui emploie le patron de l'agent ». Comme le déclare Pollock, avec une concision énergique quil est difficile d'imiter : « Celui qui dirige et surveille le travail répond du fait de l’ouvrier ; l'employeur plus haut placé dans la chaîne de la production, et qui ne
21. Bramwell, L. J. Emp. 14 1879, p. 58. « 1 will agree to do ü, but I shall do it after my own fashion ; 1 shall begin the wall at this end and not at the other ».
22. Willes J., Murray v. Currie, 1870, ho L. J. C. P. 26. « In ascertaining who is liable for the act of a wrong-doer, you must look lo the wrong-doer himself, or to the first person in the ascending line who is the employer, and has control over the work. You cannot go further back, and make the employer of that person liable ».
Le juge Willes parle de l’auteur de l’acte. En effet la responsabilité du maître n'exclut pas celle du « servant », et la victime du préjudice peut actionner l’un ou l’autre à son choix.