Quinn v. Leathem, 1901, A. C
tant à travailler pendant la grève, aidé les patrons à triompher des ellorts de leurs camarades.
= Üne des espèces les plus célèbres où l'emploi des « listes noires » fut soumis aux tribunaux anglais, est le cas Trollope & Sons v. London Building Trades Federation .
En 1894, le Secrétaire de la London Building Federation demanda aux ouvriers de l’entreprise Trollope & Sons de se mettre en grève. Un certain nombre obétrent, mais la plupart refusèrent. La Fédération des ouvriers du Bâtiment fit alors publier un grand placard jaune, bordé de noir, portant en tête « Trollope’s Black List », et contenant le nom el l'adresse de tous les ouvriers, syndiqués ou non, qui. avaient continué le travail. Environ 750 exemplaires de <e placard furent distribués aux « lodges » ou salles de réunion ouvrières. Le juge Kekewich délivra une « injonction », 1. e. une ordonnance, pour arrêter la circulation de cette liste noire, car, disait-1l, sa publication constituait un acte de méchanceté pure, inutile pour la défense des intérêts syndicaux, et accompli dans le but de nuire au patron et aux ouvriers qui avaient continué le travail. La Cour d'appel conlirma, avec quelques hésitations, la décision du juge Kekewich.
La cause vint enfin devant la Division du Banc de la Reine, et fut soumise au Justice Hawkins et à un jury spécial. I fut établi qu'on n'avait pas seulement envoyé le placard aux 790 ( lodges » ou salles de réunion ouvrières. Deux exemplaires furent découverts, l'un dans une taverne de Drury Lane, l’autre dans un cabaret de Chislehurst. Le jury décida : « que la Fédération défenderesse avait publié la liste noire non pas de bonne foi, pour protéger les intérêts de ses membres, mais dans l'intention de nuire, pour forcer MM. Trollope & Sons à congédier les ouvriers Ewes, Thif,