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IX

Les toarbHlons dans les sciences physiques

L'agitation lumineuse d'un foyer ne peut échapper à la définition donnée par Cauchy du mouvement tourbillonnaire, car cette agitation n'est certainement pas dépourvue de rotation. Et dans cette hypothèse, il apparaît évidemment que les ondulations du rayon lumineux, imaginées par Huyghens et adoptées par Yoùng et Fresnel, doivent être remplacées par des spirales de pas variables, régulièrement disposées autour de la direction de ce rayon. La réfraction, la polarisation et toutes les qualités de la lumière naturelle ou décomposée se déduiraient aisément de cette fiction pouvellc. En vérité, en dehors de certaines facilités de calcul et d'exposition, l'étude des champs de force lumineuse se rapproche davantage de la réalité des phénomènes lumineux, et nous avons vu que ces champs de force peuvent donner l'image précise de mouvements lourbillonnaires.

La chaleur, l'actinisme, l'électricité, le magnétisme, toutes les autres qualités des corps, manifestations de to/brco, peuvent être ramenées à des mouvements élémentaires, et par suite à

des mouvements élémentaires tourbillonnaires puisqu'ils ne ^ sont ni plans ni rectilignes.

Or la tendance scientifique n'est-elie pas de créer des analogies de jour en jour plus frappantes et plus nombreuses entre les diverses vibrations de la matière pesante et de Télher, qui se produisent et se propagent suivant des lois absolument identiques et ne diffèrent en vérité que par leurs vitesses très différentes. C'est une gamme, un spectre continu dont nous ne connaissons certes pas les nuances infinimenf variées. Mais les rayons cathodiques, actiniques, électriques, lumineux, calorifiques, se relient par une succession ininterrompue des valeurs d'ondes, ils empruntent la vitesse de propagation commune de l'éther, c'est-à-dire la vitesse de la lumière. Les vibrations sonores qui se propagent dans la matière élastique pondérable avec une vitesse dépendant uniquement de l'élasticité et de la température de cette matière, semblaient s'écarter d'un infini des vibrations de l'élher, qui sont beaucoup plus rapides. Mais cette distance ne saurait-elle être comblée?

A la suite des recherches analytiques de lord Thomson sur les décharges oscillantes, qui ne sont autres que les vibralions alternatives à longues périodes du diélectrique d'une bouteille de Leyde, considérée comme ayant reçu une torsion pendant la charge, et oscillant à la façon d'un ressort ou d'une lame élastique de part et d'autre de sa position d'équilibre, Hertz, disciple de Helmhollz, réussit à produire des ondes électriques d'une longueur comparable aux ondes de l'acoustique et pouvant se transporter dans le milieu aérien comme les vibrations sonores, se recueillir à distance au moyen de résonateurs spéciaux, traverser des obstacles opaques et solides, c'est le télégraphe sans fil de Marconi.

Les ondes hertziennes qui donnent lieu comme les ondes lumineuses et les ondes sonores à des phénomènes d'interférences, de réflexion, de réfraction, de polarisation, sont produites de manière continue par les excitateurs d'une puissante bobine de Rhumkorf dont on a eu soin de réunir les

boules à des sphères métalliques ou à des plaques de tôles sur lesquelles se répartit et s'accumule la décharge. C'est en définitive une bouteille de Leyde extrêmement puissante à fonctionnement continu.

Les ondes ^hertziennes sont recueillies à distance par un résonateur dû au français Branly ; c est simplement un cylindre rempli de limaille de nickel aggloméré, par un ciment quelconque, argent et mercure, je pense. Sous l'influence hertzienne le cylindre devient conducteur de Télectricité, ce qui permet le fonctionnement d'un appareil Morse actionné par une pile locale. Cet appareil, combiné par le professeur A. Popoff, peut servir également à enregistrer les perturbations atmosphériques (1). Le tube de Branly, orienté par une décharge, continuerait indéfiniment à être conducteur si un petit marteau ne le frappait automatiquement après chaque résonance. Les deux pôles de ce tube doivent être réunis à la terre et à un fil vertical dressé contre un grand mât.

' Les signaux lancés dans l'espace se font par succession d'émissions d'ondes, par longues et par brèves, qui constituent les signaux conventionnels à transmettre.

En présence de cette continuité qui s'établit chaque jour d'une manière plus frappante entre tous les phénomènes naturels vibratoires, il me suffira de montrer sur un exemple, celui du courant électrique, l'adaptation du système des tourbillons à toutes les agitations physiques de l'éther.

€ Un courant électrique, dit M. Eric Gérard (2), doit être » considéré comme le centre d'une perturbation qui inté- ^ résse tout ou partie de la masse du conducteur, au point î de vue de l'effet de Joule, et qui s'étend de proche en proche » dans le milieu ambiant. Cette propagation ayant lieu dans 1 le vide, il en résulte que c'est l'éther qui sert de véhicule 1 aux ondes électriques.

(1) C. R. Ac, des Sciences. E. Ducretet, l. CXXVÏ, p. 1266.

(2) Leçons sur-i'éleclHcitè, par Eric Gérard, t. ï, p. 265, 1893, Parie, Gauthier Villars.

B Un courant provoque, au moment de sa naissance, une » onde électromagnétique qui se transmet dans l'espace en- 1 tourant le conducteur avec une vitesse égale à celle de la

> lumière. Lorsque le courant a atteint son régime perma-

> nent, c'est-à-dire lorsque l'intensité a acquis une valeur » constante en tous les points d'une section du conducteur, » le milieu ambiant est dans un état de tension qui se mani- » feste par une tendance à se contracter dans le sens des ï lignes de force magnétique et à se dilater dans une direc- • tion normale à celles-ci.

» L'élher qui entoure le conducteur est alors dans un état

» d'équilibre caractérisé par des couches cylindriques tendues

, > concerUriquement au conducteur. Quand le courant cesse,

> l'éther, subitement distendu, retombe sur le conducteur,

> en cédant à celui-ci son énergie potentielle, qui se mani- » feste alors sous forme d'extra courant.

> Un courant alternatif provoque des ondes continues qui, 1 comme dans le cas précédent, se propagent dans l'espace » à la façon des ondes lumineuses, la seule différence réside » dans la durée de la période des vibrations de l'éther. Il

> résulte de l'ensemble des travaux modernes qu'un courant

> électrique est la manifestation d'un transport d'énergie qui » s'accomplit dans le milieu entourant les conducteurs, ceux- 1 ci ne servent qu'à diriger le phénomène de propagation,

> rôle qu'ils remplissent aux dépens de l'absorption, sous à forme de chaleur, d'une partie de l'énergie transmise. Un ï conducteur doit donc être considéré comme la directrice f suivant laquelle s'opère le transfert, de même que la » mèche d'une lampe est le centre de la flamme sans cons-

> tituer le siège de l'effet éclairant. Le siège de la propaga- » tion de l'énergie électrique réside dam les tourbillons élec- >' tromagnéliqiies qui entourent les conducteurs. Quant au » mécanisme intime de celte transmission, il est aussi mys-

> térieux que le mécanisme de la gravitation. >

§X Le «yNlème do miinde éleeirodynamlqae de Zenger

Karl Venceslas Zenger est directeur de TEcole polytechnique slave de cette ville de Prague où le jeune officier René Descartes, pénétrant, il y a trois siècles, en vainqueur, se livrait avec ardeur à la recherche des instruments et des livres de Ïycho-Brahé. Parmi tant de savants qui ont emprunté les idées de Doscartes, K. V. Zenger a le mérite de ne pas renier le maître, il l'a placé sur un piédestal glorieux, et consacrant à son service toutes ses forces, toute sa gloire d'inventeur heureux parfois, souvent aussi méconnu, il s'est donné pour mission de répondre à l'éloquent appel de l'académicien Thomas:

€ Quelle main plus hardie profitant des découvertes nouî velles osera reconstruire avec plus d'audace et de solidité 5 ces tourbillons que Descaries n'éleva que d'une main

• faible? ou rapprochant deux empires divisés, entreprendra

> de réunir rattraction avec l'impulsion en découvrant la i> chaîne qui les joint? ou peut être apportera une nouvelle

> loi de la nature inconnue jusqu'à ce jour, qui nous rende

> compte également et des phénomènes des cieux, et de ceux

* de la terre ? *

Cette loi de nature, c'est, pour K. V. Zenger, l'électricité. Au moment de résumer cette thèse charmante, et nous plaçant au point de vue du maître, nous nous demanderons si la. manifestation électrique n'est pas une simple conséquence particulière, une manifestation d'une cause plus générale, qui est le mouvement tourbillonnaire. Cause et effet sont ici réversibles, et notre distinction n'enlève par suite aucun intérêt à la théorie électrodynamique du monde.

1° La théorie électrodynamique du mouvement des corps célestes. La théorie de Newton a fourni à Laplace les principes de sa théorie cosmogonique et du mouvement des corps célestes. Elle avait paru le fondement inébranlable de l'astro-

nomie, mais le perfectionnement des instruments et des méthodes a mis en évidence plusieurs écarts entre cette théorie de la gravitation et les résultats d'observations très sûres et très précises.

Le mouvement (1) du périhélie de Mercure dont l'orbite doit se déplacer dans le $ens direct de 327" en un siècle par un phénomène analogue à notre précession des ^uinoxes, ne saurait être mis en accord avec l'action des astres connus de notre système sans une addition expérimentale de 38". Vénus présente dans son mouvement des irrégularités analogues. Le Verrier a recherché la cause de ces écarts dans Thypothèse d'une planète assez grosse qu'on a vainement recherchée depuis 1859 et qui, placée entre le Soleil et Mercure, devrait avoir l'éclat d'une étoile de 4" grandeur et se serait manifestée pendant les éclipses solaires. Il a également étudié l'action possible de plusieurs essaims de météorites découverts en cette même région, mais dont le mouvement très irrégulier expliquerait mal le déplacement très sûr et très régulier du périhélie de Mercure.

Les observations récentes des comètes nous ont aussi permis d'observer nombre de phénomènes répulsifs échappant à l'explication de l'attraction pewtonienne. Encke avait attribué les retards du retour périodique de sa comète à la résistance de réther, mais depuis les retards se sont changés en avances. Un astronome américain, Shermann, a depuis fait dépendre les retards ou accélérations du retour au périhélie de cette comète de la période undécenftale de l'activité magnétique solaire.

2® Imitation du mouvement planétaire par l'appareil élecirodynamique. M. Zenger a réussi à imiter et reproduire le mouvement planétaire au moyen d'une petite sphère creuse de cuivre placée dans le champ de trois électro-aimants verticaux dont les pôles supérieurs occupent, dans un même plan horizontal, les trois sommets d'un triangle isocèle. La

(1) Tisserand, C. /?. Ac. des Scietices, t. GX, p. 313, 17 fôvr. 1890.

sphère est suspendue au plalond par un long fil élastique dont la torsion lui communique une rotation initiale sur elle-même, rotation dont Taxe se prolonge par un style flexible capable d'enregistrer la trace de son orbite sur une plaque horizontale enfumée.

I/action d'un seul aimant placé dans Taxe de la sphère arrête sa rotation, c'est l'expérience de Foucault. Mais si on la suspend dans le plan vertical et à d'inégales distances des deux pôles de nom contraire placés à la base du triangle isocèle, on obtient, suivant qu'on fait intervenir un, deux ou trois pôles, un cercle de rayon constant, ^*^- ^ une ellipse dirigée ou enfin une el-

lipse dont le grand axe se déplace régulièrement en reproduisant les variations du périhélie de Mercure.

La sphère de cuivre c'est la Terre, les deux pôles de base représentent le Soleil, enfin, le troisième pôle, sommet du triangle isocèle, c'est par exemple Jupiter, dont l'influence détermine les variations de notre périhélie.

Ce qui frappe en ce microcosme charmant, c'est la constance du mouvement de rotation et de translation, cette limitation de vitesse que l'équilibre des forces électriques constantes peut assurer, et que la gravitation universelle, au dire de Zenger, n'expliquerait qu'imparfaitement et en vertu d'une impulsion primitive.

La liaison de la sphère creuse assujettie à une surface sphérique sensiblement plane, ne lui permet pas ici de prendre son mouvement réel et complet. Les lignes de force du champ magnétique qui agissent sur elle sont des courbes à trois dimensions, et si la sphère était libre, elles lui donne-<

Fig. îl

raient dans son orbite une trajectoire à trois dimensions dont les composantes auraient la direction du rayon vecteur de l'orbite, de sa tangente, enfin de Taxe de rotation. La sphère se soulèverait si elle n'était pesante et suspendue, elle décrirait dans fespace une trajectoire hélicoïdale à spires plus ou moins serrées, tourbillon naire en un mot. C'est ainsi qu'à l'Exposition de 1889, le célèbre physicien américain Eiihu Thompson réussit à faire planer un anneau de cuivre pesant sur le pôle d'un aimant fort puissant, reproduisant ainsi ce mouvement tourbillonnaire qui, dans le champ magnétique du Soleil, lait planer les planètes au-dessus du pôle de l'astre et les suspend dans l'espace libre du ciel au-dessus d'un centre magnétique dont l'intensité est invariable.

Pour révéler cette composante du mouvement qui tend à soulever les planètes de leur orbite, Zenger place entre les deux boules d'ime machine électrique une petite sphère de cristal, intérieurement argentée, ouverte à la base et reposant sur un pivot par une crapaudine supérieure. Cette sphère entre en rotation, et si l'on augmente le potentiel par une accélération de la vitesse de la manivelle ou l'interposition d'un condensateur, elle se soulève et quitte son axe. Ou bien encore, par une disposition empruntée à Gore, il fait rouler une petite boule de verre sur le chemin circulaire horizontal de deux rails de cuivre isolés l'un de l'autre et communiquant aux deux pôles d'une même machine. La boule se met à rouler et accomplit son orbite circulaire jusqu'au moment où, par les mêmes artifices, on a fait croître le ^^' " potentiel. Elle se soulève alors et se projette par-dessus le chemin qui lui est tracé.

L'intervention d'une force électrique introduit dans l'étude du mouvement des astres les actions répulsives et attractives tout à la fois, et comme ces actions dépendent de la distance des centres agissants au mobile, elles finiront toujours par s'équilibrer dynamiquement dans le mouvement. C'est ainsi que les forces qui déterminent la r^otation et la

révolution de la Terre sont combattues par d'autres forces qui tendent à empêcher ces mouvements. Cette condition est tout à fait favorable à l'obtention de régimes d'équilibres dans le mouvement, de lois immuables et constantes dans leur périodicité.

On comprendra d'ailleurs que cet antagonisme des forces attractives et répulsives dans le mouvement de la matière, exerce sur cette matière une tension déterminée, une torsion, un potentiel en un mot, qu'il fout, dès lors, ajouter à la loi du mouvement apparent et visible.

Ainsi donc, on pourrait comparer les planètes aux aimants ou à la partie mobile d'une dynamo dont les courants seraient engendrés par le champ magnétique d'un aimant central merveilleusement puissant ; tel est le mécanisme qui produit le mouvement des astres et leur magnétftme. Et, s'il en est ainsi, la loi de Kepler est une loi simplement approchée, les lois do l'électricité, celles de Gauss, de Weber, de Riemann, sont propres à représenter le mouvement principal des astres et ses variations. Ces lois ont été appliquées à déterminer les actions de la force électrique (je dirai plus généralement, de la force dont les phénomènes électriques sont une manifestation particulière).

Je pourrais, si je n'étais limité, emprunter à la théorie mathématique de l'électricité de J. Bertrand, aux travaux de Tisserand et de M. M. Lévy (1), des arguments en faveur de la thèse de Zenger, je dirai tout simplement que M. M. Lévy, pour expliquer toute la différence constatée dans le retour de Mercure à son périhélie, propose d'ajouter aux effets d'induction l'action d'un potentiel (2).

(1) C. R. Ac. des Sciences, t. CX, p. 313, p. 545.

(2) M. M. Levy suppose, ea outre, que la força se propage du Soleil h chaque plaaète avec une vitesse égale aux f environ de celle de la lumière. La seule vitesse connue comme très rapprochée de cette valeur est la vitesse des éclairs solaires observés à Naples en 1845 par Peters dans une tache solaire. Il l'a trouvée de 200,000 kil. par seconde, tandis que la vitesse de Télectricité dans un fit télégraphique est de 36.000 kil. seulement, celle du courant indirect de 18.400 kil. par seconde.

Ces différences constatées entre la vitesse de propagation de la lumière

Evoquons maintenant la grande figure du maiti*e et faisonsle sortir de son tonobeau. A Zenger ol aux savants qui font intervenir la force électrique dans la gravitation des astres, Descarlos dira : t Vous n'êtes pas mes disciples. Vous avez à la vérité reconnu après trois siècles de négation que le mouvement des astres est un tourbillon. J'en avais la notion claire et distincte. Quant à la force au potentiel, je n'en ai pas eu la notion claire et distincte. La force et la puissance sont les attributs de Dieu, de l'Esprit. La matière ne possède que figure et mouvement. Les grands corps reposent dans leur ciel, et ce ciel lui-même se meut d'un mouvement giratoire éternel. Chacun des quatorze tourbillons et plus qui composent aujourd'hui votre monde, possède un mouvement propre, réagit sur tous ses semblables par l'intermédiaire de ceux qui sont entre eux, et provoque le déplacement continuel de leurs diverses matières. Dans ces nappes, dans ces océans célestes, l'agitation dos vagues fait balancer le navire. Le grand courant de la matière des cieux donne naissance aux mille tourbillons accessoires que je voyais pensivement suivre le cours de mon petit ruisseau. Il vous est permis comme à moi de donner à ces agitations diverses les noms de lumière, chaleur, magnétisme ; en vérité, ces manifestations du mouvement sur vos organes et vos instrumonls démesure ne comportent aucune force attractive ou répulsive, aucune force même. La matière inerte, impénétrable, n'attire pas, ne repousse pas la matière. Le mouvement rassemble et organise la matière. Les intermittences, le tour et retour, l'agitation de ce mouvement, lui donnent toutes ses qualités.

1 Quant à votre potentiel, je l'admets encore moins que la force ; pour moi c'est une agitation spéciale due à ce que la matière des cieux, par exemple, qui emporte votre globe, va

et des diverses forces électriques ne tiendraient-elles pas tout simplement k la forme incurvée des lignes de forces, trajectoires de cette transmission? C'est ainsi que nous avons vu la vitesse d^un jet de vapeur s'atténuer par rinclinaison imposée à ses trajectoires par inaction de diverses formes d'orifice.

beaucoup plus vite que lui dans son mouvement de translation, qu^également aussi la différence de vitesse des deux nappes qui l'enserrent et produisent par elle sa rotation, est beaucoup plus considérable que cette vitesse de rotation. Il n*y a là ni réserve de force, ni torsion, ni même orientation nécessaire de la matière des corps, mais une agitation réelle, actuelle et continue de la matière des cieux qui agit sur les astres comme les vents rapides sur la voile d'un navire attardé par la résistance des flots. En résumé, la matière impénétrable et continue se déplace et s'agite par Taction, par le choc d'autre matière également impénétrable et continue. Je n'y vois encore aujourd'hui que figtire et mouvement. >

§ Xï

De la conslilntion des nébalea^es et da Soleil

La nature de rélectricité, dit le professeur Zenger, est d'imprimer à la matière, sous l'influence d'une décharge, un mouvement giratoire ou hélicoïdal. Si la décharge ne peut avoir lieu, la tendance persiste sous forme de torsion moléculaire. Cette disposition intérieure se manifeste notamment dans le reste de charge d'une bouteille de Leyde, reste de torsion moléculaire, dans le dédoublement de réfraction constaté dans les prismes de verre sous l'influence des champs électriques.

Un physicien, M. Holden, a trouvé qu'une certaine espèce d'hélice, de rayon et de pas variables, constituée par un fil de cuivre, enfin projetée sous diverses inclinaisons sur un écran, reproduit l'image des diverses courbes observées dans les nébuleuses. En disposant l'axe de cette hélice parallèlement à la surface de l'écran, on reproduit également la courbe singulière à longueur d'ondes croissantes, observée sur la plaque d'un téléphone par Ayrton et Bjerkaes. Oi', cette courbe est la projection ou la trace d'un tourbillon électrique.

M. Holden admet donc par analogie que les nébuleuses sont toutes des tourbillons de matière cosmique projetés sous des angles variables sur la voûte du ciel. Il en fut de même à Torigine de notre nébuleuse solaire dont le mouvement hélicoïdal a eu pour effet de condenser la matière cosmique en cette partie centrale où l'on trouve dans nos cyclones terrestres un repos relatif, et que les météorologistes ont appelé € l'œil de la tempête >.

Et, par Pexamen d'une série de décharges de la foudre et aussi de l'électricité dii laboratoire, Zenger s'efforce de montrer la forme constamment tourbillonnaire du mouvement électrique.

Fig. 23. — Eclair sextuple sur Prague du 20 mai 4894, à 9 heures et demie du soir, dessiné d'après une photographie de Zenger.

C'est d'abord l'étincelle d'une puissante machine qui rase la surface d'un verre enfumé ou argenté. Les bords sont dentelés et le milieu est occupé par un fll noir très délié indiquant que la partie centrale n'a pas été touchée par la décharge. La loupe révèle dans les dentelures extérieures des spires très fines se dirigeant dans le sens direct ou inverse suivant le pôle d'où jaillit l'étincelle. Cette étincelle

brillante est donc un tourbillon dont Vosil évidé s'entoure d'hélices fines et rapprochées.

Fig. t4

Un coup de foudre mémorable a produit, le 21 juillet 1889,

sur~un miroir argenté de la manufacture chimique d'Aussig, une série de trous irréguliers, coniques, et remplis à l'intérieur d'un fil de verre fondu très fin, adhérant à la paroi conique, en forme d'hélicoïdes ayant jusqu'à six spires.

En reproduisant cette expérience sur la surface argentée d'un miroir frappé plus ou moins obliquement par de puissantes décharges, Zenger reproduit les ^*^* '^ formes spiraloïdes des nébuleu-

ses, et en particulier de la grande nébuleuse à spires elliptiques d'Andromède. Il obtient toutes les 'formes bizarres que Holden avait mises en évidence en projetiint sa spiralede cuivre sur un écran.

Sur le plateau d'une ma- ^n^T!^^^^^^^^^!!!!!^

^ Fig, 16. — Décharge sur un miroir argenté,

chine pneumatique contenant recouvert d'un vemis isolant

en deux capsules séparées, de l'ammoniaque et de l'acide chic-

rhydrique, il détermine par une violente décharge verticale

un tourbillon de chlorydrate d'ammoniaque dont les fumées se précipitent sur le plateau, suivant de véritables lignes de force. Or, ce sont là les effets constatés par Faye dans la projection sur le sol des matières provenant des cyclo-

Fig. il. - Nébuleuse hélicoïdale du Lio:i, nCS tCrrestrCS, IcS objCtS lé- •daprès une photographie de Zenger. ^^^^^ ,^g j^j^^jg^ ,^g ^^y^^^^

mêmes, s'y disposent après la tempête suivant des directions analogues.

La foudre condense par un phénomène semblable, sans doute, les vapeurs atmosphériques, et le premiei)'; coup de tonnerre détermine l'averse de pluie.

Fig 28. — Imilatioa des protubérances solaires pendaui 1 éclipse de Lune. Hémisphère de cuivre jaune collée sur une plaque enfumée.

L'électricité fournit également des images frappantes de tous les phénomènes observés dans le champ électrique du Soleil, et M. Zenger est parvenu à fixer ces images^ par des

procédés fort senjblables à ceux que Descaites employait pour obtenir au moyen de la limaille de fer la figure des courants de Taimant sphérique et que la science moderne a étendu à tant de recherches délicates.

On est surpris de retrouver sur ces images le fac-similé d'une éclipse totale, la chroraosphère avec ses langues de feu, les protubérances du type éruptif et auroral de M. Tacchinî, enfin un anneau irrégulier de faible largeur formé par la superposilion d'un grand nombre de lignes de force tendues et recourbées reproduisant jusqu'à l'aspect de la couronne solaire.

Fig. 29. — liiiiialioii dti la couronue solaire pur la derhar^e élecirique positive d'une hémisphère représentaDt le Soleil dans une couche mince de lycopode et minium.

On peut donc admettre que d'énormes décharges d'électricité, dont tes télescopes et même les speclroscopes ne nous permettent pas de suivre la marche jusqu'au bout, traversent

Tatmosphère et la couronne solaire et pénètrent jusque dans l'espace interplanétaire. Ces décharges, en parcourant les couches d'hydrogène raréfié qui entourent le Soleil, leur fournissent cet éclat observé au speclroscope pendant les éclipses et qu'on a réussi même à retrouver, à constater en dehors de ces phénomènes. En tenant compte de l'énorme hauteur à laquelle s'élèvent les protubérances avec une vitesse de propagation vertigineuse, Fizeau a été conduit à supposer que ces projections devaient être dues à des décharges d'électricité solaire à travers l'atmosphère d'hydrogène raréfié qui entoure le Soleil, et nullement à l'écoulement réel de grandes masses gazeuses sous d'énormes pressions.

En chaque lieu du Soleil elles traversent verticalement les couches de l'atmosphère dont le déplacement est horizontal, enfin elles semblent se diriger vers les planètes les plus grosses de noire système.

Les taches du Soleil ne seraient autres que les traces hélicoïdales de ces grands tourbillons éruptifs, et telle est la forme précise des ouvertures déterminées par le passage de l'étincelle électrique à travers un bloc de cristal.

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