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Poorqool DesearCes a •■pprimé le Traité des « Mondes » et powrqwol Tiiotear «e décide k publier tardivement ces eaoaerles.
Descartes se montra toujours peu disposé à publier ses œuvres. € J'ai réduit la physique, écrit-il au P. Mersennc, à des lois mathématiques, et je croirais n'y rien savoir si je me bornais à dire comment les choses peuvent être sans démontrer qu'elles ne peuvent être autrement. Je ne l'ai point fait en mes Essais car je n'y voulais donner mes Principes, que jamais je n'imprimerai, pas plus que le reste de ma physique. En dehors de cinq qu six feuilles sur ['Existence de Dieu que je dois publier en conscience, je no sais pas de loi qui m'oblige à donner au monde des choses qu'il témoigne ne pas désirer. Pour une vingtaine d'approbateurs qui ne me feraient aucun bien, des milliers de faux docteurs malveillants, qui préfèrent leur vanité à la vérité, ne s'épargneraient pas de me nuire. J'en ai fait pendant trois ans l'expérience et je ne me repens pas de mes publications; mais je n'ai pas envie d'y retourner, même en latin. >
Descartes ne prit connaissance des œuvres de Galilée que postérieurement à la condamnation retentissante de ce savant, dont il apprécia très sévèrement tout d'abord les expériences et les démonstrations, mais avec lequel il était d'accord pour enseigner le mouvement de la Terre. « Pour les expériences que vous me mandez de Galilée, je les nie toutes, et je ne juge pas pour cela que lo mouvement de la Terre en soit moins probable, i II fut surtout effrayé de ce que Galilée n'eût pu échapper à la condamnation par cette précaution qu'il avait prise lui-même de placer sa conception du monde sur le terrain prudent d'une simple hypothèse scientifique. Une patente sur la condamnation de Galilée, imprimée à Liège le 20 septembre 1633, portait, en effet, ces mots : Qiiamvis hypothetice aseiUamproponisimiUaret. Il comptait encore, à la vérité,
sur une révision par le Concile, de la sentence de la Congrégation des Cardinaux, et l'ardeur même apportée par les protestants à combattre les nouvelles doctrines, lui semblait d'un favorable augure, c Je ne suis pas marry^ disait-il, que les ministres fulminent contre le mouvement de la Terre, cela conduira peut-être nos prédicateurs à l'approuver. En attendant, j'ai voulu entièrement supprimer le trailé (des Mondes) et perdre presque tout mon travail de quatre ans, pour rendre une entière obéissance à l'Eglise, en ce qu'elle a défendu l'opinion du mouvement de la Terre. J'aime le reposet j'ai pris pour devise : bene vivit qui bene lattdt, vit heureux qui vit caché. L'âge m'a ôté cette chaleur de foi qui me faisait autrefois aimer les armes, et je ne fais plus profession que de poltronnerie. Les poils blancs qui commencent à me venir m'avertissent que je ne dois plus étudier en physique à autre chose qu*aux moyens de les retarder. C'est maintenant ce à quoi je m'occupe, et pour obtenir par provision quelque délai de la nature, j'ai acquis quelque peu de connaissance en la médecine (1) et me tâte avec autant de soin qu'un riche vieillard. Je n'ai jamais eu tant de soin de me conserver que maintenant, et au lieu que je pensais autrefois que la mort ne me pût ôter que trente ou quarante ans tout au plus, elle ne saurait désormais me surprendre qu'elle ne m'ôte l'espérance de plus d'un siècle. Car il nie semble voir que si nous nous gardions seulement de certaines fautes que nous avons coutume de commettre au régime de notre vie, nous pourrions sans autre invention parvenir à une vieillesse beaucoup plus longue et plus heureuse que nous ne faisons. En résumé, ma morale est d'aimer la vie sans craindre la mort » (2). Il est donc avéré que le bûcher qui détruisit quelques exem-
(1) Ed France, il fut l^apôtre de la circulation du sang, découverte par l'anglais Hervé. Mentionnons ses travaux de physiologie et le mécanisme qui constitue pour lui Pftme matérielle des animaux.
(2) Extraits des lettres 36, 75, 69, dO, 96, 82, 86, pp. 213, 553, 274, 338, 435, 367, 374 du tome II des LeUres de Descartes, l''* éditipn, Cleraelier» H. Legraa et Gh. Aogot, Paris, 28 mai 1658.
plaires du livre publié par Galilée, emporta dans ses flammes l*œuvre inédite des c Mondes > de Descaries. Et voilà pourquoi en dehors du manuel aride des c Principes » nous devons nous oontenter d'en déchiffrer les parcelles incomplètes en des lettres que, mystérieusement, il en écrivait à ses disciples les plus discrets, pour détruire surtout, disait-il, le mauvais effet des racontars qu'en faisaient ses envieux, et cdes calomnies de plusieurs qui, faute d'entendre mes principes, veulent persuader au monde que j'ai des sentiments fort éloignés de la vérité » (1).
Diverses circonstances ont relardé la publication de ces causeries dont j'avais écrit et déposé le mémoire en 1898. Je dois peut-être me féliciter de ce retard, qui a permis à la semence cartésienne de germer et de grandir. Tous les traités scientifiques font aujourd'hui mention, non pas encore do Descartes mais au moins de ses tourbillons. Les découvertes nouvelles et leurs perfectionnements récents comportent une explication tourbillonnaire. Mon œuvre a donc perdu en originalité, mais pour être moins audacieuse, elle li'a pas cessé d'être utile et même nécessaire. Je voudrais qu'on y trouvât une réhabilitation posthume de notre illustre Descartes c né Français, mort en Suède t.
En ces derniers jours, à Arras, puis à Lille (2), j'ai éprouvé rémouvante satisfaction de faire entendre la parole du mattre à de nombreuses assemblées, et de sentir vibrer jusqu'en mon âme le frémissement d'admiration de la foule pour le génie.
Renatus Cartesius — DescartesYrenait
(1) Descartes méprisait, d'ailleurs, les calomnies répandues contre lui et priait le P. Merseane de ne plus lui transmettre les lettres injustes ou malveillantes, a Nous avons ici, disaît-ii, assez de papier pour le dernier usage et elles ne peuvent servir à autre chose. > (2« vol., lettre lvu, p. 301). « A ceux qui vous. demandent où je suis, dites que je me dispose à passer en Angleterre; ce que je fais, répondez que je prends plaisir à étudier pour m'insiruire moi-môme, mais que de Thumeur que je suis, vous ne peni^ez pas que je mette jamais rien au jour. » (L. uciv, p. 321.)
(2) 6 Ai 13 février 1903, Académie d'Arras et Société des Amis deTUniversité de Lille.