CHAPITRE III
L'avènement du roi de Bourges.
l'obéissance de la ville.
Charles VI mourut le 21 octobre 1422, S'il était un point de la France ou la disparition d'un roi qui régnait si peu pouvait changer quelque chose, c'était assurément Tournai, qui jusqu'alors, sans prendre parti entre les factions rivales, avait vécu à l'abri de ce principe : la ville est au roi. A l'approche de l'événement, tout y fermente. Les partisans du dauphin, encouragés par une série d'événements favorables et voyant venir l'heure décisive, lèvent la tête et de graves incidents se produisent.
Maître Hugues Lamy, chanoine de la cathédrale et bourgeois de la ville, conseiller au parlement de Paris par la grâce de Jean sans Peur, était venu passer quelque temps à Tournai. C'était un bourguignon notoire. Le 6 septembre, comme il s'en retournait, des armagnacs tournaisiens, dirigés par Piérart de Willeries, se mirent à sa poursuite et l'atteignirent près de Courtrai ; l'ayant mené dans un bosquet, ils le rouèrent de coups et prirent son argent, en le menaçant de mort s'il disait mot ; puis, sans désemparer, ils le lièrent sur son cheval et le menèrent d'un<3 traite à Guise. Empri-
sonné et mis à la question, Lamy promit une rançon de deux mille trois cents couronnes d'or (1). Grande fut la colère du duc de Bourgogne et des Etats de Flandres, quand ils apprirent un tel forfait perpétré en pleine terre flamande. Très vive aussi l'anxiété des Flamands résidant à Tournai, qui ne s'y croyaient plus en sûreté ; les principaux d'entre eux obtinrent la permission « d'aller par la ville armés, de jour et d'heure, avec leurs valets portant épées « (2).
A mesure qu'approchait la crise — Charles VI déclina pendant quelques semaines — l'effervescence croissait. Le 7 octobre, on défend aux ouvriers de circuler leurs outils à la main (3). Huit jours avant la mort du roi, c'est un autre esclandre.
Parmi les magistrats soupçonnés de complaisance pour la faction bourguignonne, le pUis en vue était Guillaume Cathine, procureur-général de la commune. Négociateur des compromis avec Isabeau de Bavière, partisan du serment de la paix finale, mandataire habituel de la ville auprès des ducs Jean et Philippe, il avait rendu à ceux-ci " de bons et agréables services - ,
(1) Consaux, 1.5 septembre. Registre de la Loi : Enregistrés à tous jours, 9 octobre 1422. Les auteurs de l'attentat — Pierard de Willeries, Lancelot, son frère bâtard, Jacquemin de la Motte, Jean de Bruyelles, dit sans terre (bâtard du seigneur de Bruyelles) et Jacotin Hane — furent condamnés par contumace au bannissement perpétuel, sans rappel, sur peine de la hart, et à la confiscation de leurs biens.
(2) Consaux, 3 octobre. Accordé à messire Louys Stack, messire Grart Lecoustre, messire Roger de Tonelaere, Jehan et Roland de Quinghien, Grart Lecoustre, fils de messire Grart, Jacques Stack, fils de messire Louis, Grart et Daniel le Tonelaere et Jehan Gillion, qu'ils puissent porter leurs armures et aller par la ville armés de jour et d'heure, avec eux leurs valets : c'est assavoir, aux trois chevaliers deux variés, et à chacun des autres un, portant épieux sans haches ni becs de faucon.
(3) Publications, 7 octobre. Défense aux charpentiers, maçons, couvreurs, scieurs et autres ouvriers de porter par la ville marteaux, haches, scies et autres outils, sur dix Ib. d'amende. Ils doivent les laisser là où ils travaillent.
qu'ils ne laissèrent pas de payer (1). Or, voici que le 13 octobre, un groupe de patriotes, dont faisaient partie Martin, Canet, Groul, Autoupet et même Lotard de Willeries et Pierre de Nouveauville, vint le dénoncer comme indigne de faire partie du conseil. Signe des temps, Cathine ne trouva rien de mieux à faire que de s'enfuir à Lille. Tandis qu'il se mettait sous la protection de Hugues de Lannoy, on ouvrit une enquête contre lui, ses adversaires couvrant sous des griefs de droit commun les motifs politiques de leur dénonciation (2).
(1) « A Guillaume Cathine, procureur de Tournay, la somme de quarante escus d'or, laquelle, du commandement et ordonnance de mondit seigneur, lui a esté paiée, baillée et délivrée comptant, que icellui monseigneur lui ordonna estre baillée pour de par lui faire certaines choses secrètes que enchargié lui avoit, dont aultre déclaracion il n'en veult estre faite, si qu'il appert par ses lettres de mandement sur ce faittes données à Dijon le vi« jour de may mil cccc xxii garnies de quittance dudit Guillame Cathine; tout cy rendu pour ce xl escus d'or de xlii gros ». (Arch. du Nord. Comptes des ducs de Bourgogne, 1421-1422, Dépenses fo 65). C'est au moment où Philippe, par l'organe de Lannoy, soutirait aux Tournaisiens les trois mille marcs d'argent.
(2) Consaux, 13 et 15 octobre. Cathine devint fonctionnaire du duc de Bourgogne. « A Guillame Cathine, nagaire procureur de la ville de Tournay, conseiller de mondit seigneur, lequel icellui seigneur, pour considéracion des bons et agréables services que bien et loyalment il avoit fait en pluseurs manières à feux le roy, notre seigneur, et monseigneur son père que Dieux absoille et à lui, et aussi que, depuis certain temps, il a esté débouté de ladite ville par les adversaires de ce royaulme ou content et pour cause de la faveur qu'il monstroit avoir à mondit seigneur, à laquelle occasion il avoit eu et soustenu plusieurs grans interests et dommages, voulans mondit seigneur de son povoir lui subvenir et aidier, a retenu en son conseiller, pour estre et résider en sa ville de Lille et se employer en ses besongnes et affaires en la chambre de ses comptes ilec, comme en fait de la consultation de la justice toutes et quanteffoiz qu'il y seroit appelle, et pour ce lui a ottroyé et ordonné prendre et avoir de lui chacun an depuis lors en avant, tant qu'il lui plaira, la somme de VIxtfl. à xxxiii gros monnoie de Flandres le franc de pension par an à deux termes en l'an, c'est assavoir saint Jehan et Noël, dont il veult le premier terme et paiement escheoir et commencer à la saint Jehan Baptiste m cccc xxiii... » Les lettres contenant cette nomination furent données à Arras le 24 mars. (Mêmes comptes, 1422-1423, f» 48). Le 27 août Cathine fut nommé procureur du duc en la gouvernance de Lille, Douai et Orchies.
C'est au milieu de cette agitation qu'arriva la nouvelle prévue, et la ville prit le deuil.
Le 30 octobre, dans la chapelle du château de Mehun-sur-Yèvre, une bannière de France fut levée devant Charles de Valois, et les hérauts crièrent haut et clair à plusieurs reprises : vive le roi. D'autre part, Je 8 novembre, sur la tombe de Charles VI à Saint- Denis, le roi d'armes de France cria : Dieu donne bonne vie à Henri par la grâce de Dieu roi de France et d'Angleterre. L'Anglais avait Paris, toutes les provinces du nord et l'alliance du duc de Bourgogne ; l'autre, le roi de Bourges, ne régnait qu'au sud de la Loire. De ces deux rois de France, quel sera celui des Tournaisiens?
Aucun engagement formel ne liait la ville. En refusant le serment imposé par le traité de Troyes, elle n'avait pas invoqué les droits du dauphin, ni ne s'était soumise à sa régence. Aussi les Quatre Membres de Flandres, recevant une députation tournaisienne dans les premiers jours de novembre, pouvaient-ils lui demander si la ville voulait " tenir le dauphin pour roi " (1). Mais au fond la question était toute résolue. C'était bien leur attachement au vieux droit monarchique et le sentiment national qui avaient rendu les Tournaisiens réfractaires au serment ; le soin qu'ils avaient pris de ne jamais se laisser arracher une parole ni un acte contre le dauphin" montre qu'ils voyaient en lui l'héritier de France, et c'est avec justice que Charles Vil dira qu'ils avaient toujours eu l'œil à lui comme à leur seigneur futur. En effet ils le reconnurent sans hésitation. Sur cette question capitale, on ne voit ni les Consaux, ni les notables, ni les Trois- Cents, ni le peuple délibérer; ce n'était même pas une
(1) Ext. II 9.
question. L'on n'eut pas osé la poser au peuple, et les plus bourguignons des bourgeois n'eurent jamais grande envie de reconnaître l'Anglais (1).
D'ailleurs un courant favorable à la dynastie nationale régnait alors par toute la France. On comptait sur le retour à l'obéissance de bon nombre de sujets rebelles. De toutes parts, les partisans de Charles VII se montraient animés des plus joyeuses espérances et se préparaient à la lutte avec un redoublement d'activité. De nouveaux et vaillants défenseurs vinrent se grouper autour du trône (2).
Le 10 décembre, les Consaux décidèrent d'envoyer une ambassade à celui qu'ils appelaient encore le dauphin. En d'autre temps, pour saluer le nouveau roi, l'on eut désigné les principaux bourgeois; mais les circonstances présentes ne comportaient pas beaucoup de solennité : le voyage était long et périlleux, et puis ne valait-il pas mieux faire la chose sans éclat? La commission chargée de cette affaire confia l'ambassade à un simple clerc, à ce liOtard de Willeries tant de fois employé pour des voyages difficiles, et lui adjoignit
(1) Le samedi 24 octobre « furent apportées certaines nouvelles à MM. du chapitre et de la ville, du trespas du roy » (Consaux). Le 26, on écrit à Paris pour savoir s'il y aura un « parlement » et s'il faudra s'y rendre (Ext. ii 3). Des lettres du duc de Bourgogne arrivent le 21 ; le 29 et le 30, trois députés voient l'évêque à Lille ; le 4 novembre, lettres du grand Conseil annonçant la mort (Comptes d'entremise, 14'22-1423). Ce jour, les Consaux examinent la correspondance relative à ce sujet : ils répondront à messire de Moy (Ext. II 9). Cf. la lettre de Moy aux habitants de Saint-Quentin (Beaucourt, II .57 note 7). Le quart des 6.000 Ib. échu le 31 octobre ne fut pas envoyé à Paris (Consaux, 15 décembre). Le 31 décembre, les officiers du bailliage ayant demandé de tenir siège à Maire, au nom du roi à présent régnant, les Consaux les prient d'attendre (Ext. ii 15). A la monnaie, le travail fut suspendu (De Smet, p. 382 ligne 4). Le 4 janvier 1423, des lettres closes de Charles VII furent lues aux Consaux et aux notables (Ext. ii 15).
(2) Beaucourt, op. cit. n 55..
son frère Etienne et un jeune clerc nommé Jacques de Buis (1). Munis de lettres de créance et d'instructions détaillées, ils devaient, après avoir reconnu Charles Vil, lui soumettre toute une série de requêtes, les bourgeois comptant bien tirer parti de l'occurrence.
Ils partirent, dans les derniers jours de décembre, bravant « peines, froidures, dangers et périls » (2). Car le voyage n'était pas facile : ou bien il fallait contourner la France infidèle c'est-à-dire la Picardie, la Champagne et la Bourgogne, ou bien c'était courir la chance presque inévitable d'être i)ris par des partis anglais ou bourguignons. Mais l'on s'entendit avec la garnison de Guise; Xaintrailles prit sous sa protection nos députés et les mena jusqu'au Logis dit roi à Bourges (3).
S'ils j reçurent bon accueil, assez de documents en témoignent! Après avoir offert à Charles VII '• la vraie et entière sujétion et obéissance de la ville et promis
(1) Ext. anal, ii 11. Le rédacteur des extraits a pris pour l'ambassade la commission chargée de l'organiser. Cf. Consaux, 27 avril 1423, « furent mandés en halle Lotard de Willeries, Estienne de Willeries, Jaquemart Croquevillain, Knguerrand Deleplanque, Jaquemart de Buich, et monstre de par eux comment, sur le crédence baillié auxdis Lotard, Estienne et Jak par lettres que le ville avoit envoyé au roy... » Ibid., 31 août : « De Jacques de Buich, pour le voyage qu'il fit devers le roi avec Lotard de Willeries >». Jacques de Buis fut plus tard procureur du roi au bailliage (Mém. de la Soc. hist. xxui 406).
(2) Consaux, 27 avril 1423, suite du texte cité : dirent et remonstrèrent es peines, froidures, dangiers et les périlz où ilz avoient esté ou voyage que ilz avoient fait.
(3) Il était d'autant plus facile de s'entendre avec Guise que l'on négociait la délivrance de Lamy. Des messagers en revinrent le 3 décembre (Comptes d'entremise, 1422-1423. Voyages). Le rôle de Xaintrailles est établi par le texte suivant : « A Gillotin de le Porte, qui, le iii" jour de march ensuivant, avoit apporté à mes dits seigneurs lettres closes par Potton de Sainte Traile escuier, touchant la composition de vi™ Ib. , dont la ville fait aide chacun an au roi nostre sire, et aussi comment il avoit mené et conduit par devers lui Lottard de Willeries et sa compagnie; pour les despens dudit Gillotin et n chevaux, fais à son ostel, et pour don à lui fait, 4 Ib. 4 s. « (Comptes d'entremise, 1422-1423. Dons aux chevaucheurs).
de l'entretenir jusques à la mort " (1), sans doute ils assistèrent à la tenue des Etats de Languedoïl qui eut lieu dans la seconde moitié de janvier 1423 (2). Ensuite ils s'occupèrent des requêtes dont ils étaient chargés. Guillaume Letur et surtout Guillaume Cousin ot, qui traitaient de longue date les affaires tournaisiennes, ayant pris celles-ci à cœur, le roi octroya " lil)éralement et volontiers « une série de lettres patentes, datées pour la plupart du 24 janvier, par lesquelles il accordait tout ce que la ville lui avait demandé (3).
Répondant à la fidélité des Tournaisiens par une garantie qu'eux-mêmes avaient sollicitée, il stipula " par manière de décret et ordonnance royale, valable à perpétuité pour lui et ses successeurs, que, pour quelconques causes, moyens ou accidents qui puissent advenir, il ne mettrait la dite ville ni les dits suppliants, ni aussi son pays de Tournaisis, ni aucune des appartenances ou appendances d'icelui hors de sa main et seigneurie ; promettant en parole de roi, pour lui et ses successeurs, les tenir, garder, gouverner et maintenir à toujours sous sa main et gouvernement, nuement et sans moyen « (4).
Deux autres chartes ont pour objet certains privilèges financiers. De longue date, en retour de services rendus à la couronne, les habitants de Tournai avaient été affranchis des droits de péage, winage, travers, truage ou autres qu'on levait à Bapaume et à Péronne sur les denrées et marchandises venant de Flandres et
(1) Pièces justificatives, 6.
(2) Beaucourt, ii 578.
(3) Ext. II 34. Sur l'intervention de Letur et de Cousinot, cf. aussi Consaux, 27 avril. On sait qu'ils avaient fait partie du conseil de la ville à Paris sous le gouvernement armagnac.
(4) Pièces justificatives, 6.
d'ailleurs ; mais depuis environ trente-six ans ils avaient laissé périmer ce privilège, qui faisait actuellement la matière d'un procès en parlement. D'autre part, à Tournai même, on levait un impôt appelé l'assis du vin, qui procurait le plus clair du revenu communal. Pour s'y soustraire certains s'étant avisés de débiter leur vin hors la banlieue, le roi y avait pourvu par l'assis forain, exigible en Tournaisis à une lieue de la ville et banlieue, à raison de quatre deniers parisis sur chaque lot vendu en détail et de dix sous tournois sur chaque tonneau vendu en gros. Tout d'abord Charles VI bailla cet impôt à ferme à la commune pour un loyer de cinquante livres tournois ; mais, en 1420 ou 1421, le gouvernement anglo-bourguignon, mécontent des Tournaisiens, avait mis l'assis forain en adjudication publique au taux minimum de deux cent cinquante livres. Charles VII régla ces deux affaires à l'avantage de la ville : il l'affranchit pour dix ans des péages de Bapaume et de Péronne en attendant que l'enquête fut terminée, et lui afferma l'assis forain pour vingt ans à l'ancien prix (1).
Il fit plus encore. Depuis la réaction monarchique qui suivit la journée de Roosebeke, existait une institution par laquelle l'autonomie communale se sentait menacée: c'était le bailliage de Tournai-Tournaisis. Quoique transporté à Maire, quoique dessaisi des appels contre les prévôts et jur.és, le bailliage, avec ses cas royaux, les empiétements de ses juristes et les tracasseries de ses sergents, demeurait un obstacle à l'omnipotence des juridictions communales. Depuis un quart de siècle, on en réclamait la suppression (2).
(1) Lettres patentes du 24 janvier 1423. Originaux au Chartrier. Sur ces droits, cf. Bibliothèque de l'école des chartes T lix, article de A. d'Herbomez.
(2) Cf. A. AUard. Le premier bailliage de Tournai-Tournaisis.
Voici l'heure d'en finir, pensèrent les bourgeois; et, tandis qu'ici même ils s'opposaient à la reprise des plaids de Maire interrompus depuis la mort de Charles VI (1), Willeries obtenait à Bourges la suppression du siège et qu'il n'y eût plus désormais qu'un haiUi en loiirnaisis, fonctionnaire purement féodal (2).
Enfin, la nécessité de vivre en paix avec les pays voisins, tous bourguignons, fut exposée au roi. Il autorisa les Tournaisiens à entretenir avec ces pays des relations pacifiques et à conclure des trêves, moyennant réciprocité, sans excéder le terme de quatre ans, et sauf contre ordre. Le même octroi garantit aux habitants des Flandres et des autres contrées voisines la liberté de fréquenter à Tournai (3).
Bien qu'ils eussent accompli leur mission, que la session des PJtats fut close et que les députés des autres villes regagnassent leurs foyers, ceux de Tournai restèrent a la Cour pendant quelques semaines. Le calme y régnait, le roi ne s'absentait guère, c'était un temps de recueillement et de combinaisons politiques et militaires dont une part fut faite à nos affaires (4). Figurons-nous cette première rencontre du roi de Bourges avec les Tournaisiens. On se connaissait à peine ; plus de cinq ans s'étaient écoulés depuis que le dauphin, encore adolescent, avait quitté Paris. Correspondre avec lui, recevoir ses émissaires, passait pour un acte séditieux aux yeux du duc de Bourgogne et du gouvernement de Charles VI. Et maintenant il s'agissait de poser les jalons du nouveau règne dans ce coin
(DExt. anal, ii 15.
(2) Charte de janvier 1423, éditée par A. AUard, op. cit., p. 101.
(3) Pièces justificatives, 7.
(4) Beaucourt, ii 57 et 58.
de France fidèle, séparé par tant de distance et d'obstacles. Affaire de tact et de mesure : n'ayant aucun moyen de coercition, le roi devait faire la part du feu, sacrifier quelques-uns de ses droits pour conserver les plus utiles. Il fit assez bon marché de sa juridiction, abolissant le bailliage et dispensant les Tournaisiens d'aller à son parlement de Poitiers (1). Mais les droits financiers avaient une autre importance aux yeux d'un prince si besogneux. Bien que, à titre de régent, il eut abandonné à la ville pour les besoins de sa défense les six mille livres et le seigneuriage de la monnaie, sitôt roi il s'empressa de nommer un receveur pour l'aide (2) et résolut de remettre en activité la monnaie.
A côté de ces questions de finance, la question politique. Averti des divisions et des influences qui travaillaient la ville, le gouvernement de Bourges ne pouvait, sans une enquête, se rendre un compte exact de l'esprit public, ni déterminer la conduite à tenir vis-àvis des partis. C'est cette double mission, — revendiquer l'exercice des droits royaux, étudier la situation politique — qui fut confiée à un personnage de l'entourage royal, Jean de Troissy, ex-bailli de Senlis.
La démarche des Tournaisiens laissa dans l'esprit du roi un souvenir ineffaçable. Déjà les chartes du 24 janvier avaient reflété sa reconnaissance ; mais il voulut récompenser personnellement les députés. Lotard de Willeries eut un oflice de garde de la monnaie ; son
(1) Ordonnances, t. xii p. 103. L'acte est du 4 juin 1425, mais ne fit vraisemblablement que confirmer une situation de fait.
(2) Des lettres patentes données à Meliun le 15 novembre 1422, en présence du sire de Mirandol (Louvet)et du confesseur du roi (Gérard Machet), instituent Martin de Canlers, secrétaire du roi, receveur des 6.000 Ib. Elles furent confirmées par d'autres, du 24 janvier 1423 lesquelles stipulent que les fonds doivent être employés, par l'ordonnance du confesseur, en aumônes, charités et œuvres pitoyables (Chartrier).
frère Etienne le bailliage de Tournai, réduit à ce que l'on sait; Jacques de Buis fut nommé receveur du roi. En outre, ils devaient se partager une gratification de cinq cents livres (1). On n'oublia pas Piérart de Willeries, frère de Lotard et l'auteur du coup de main sur Hugues Lamy : le roi lui octroya des lettres de rémission (2). Et, sept ans après, quand les grands bourgeois, déchus, persécutés et bannis, solliciteront le secours de Charles VII pour rentrer dans leur patrie, ils devront en grande partie le succès de leur requête à cette ambassade, dont ils revendiqueront le mérite (3).
On en parla aussi dans le camp ennemi, mais sans connaître toute la vérité, témoin ce passage : " Envoyèrent iceulx de Tournay en ce temps es païs de Berry et d'Orléans leurs députez pour savoir la vérité de Testât dudit dauphin ; et y furent longuement sans retourner audit lieu de Tournay ; et retournèrent en quaresmes en rapportant que icellui estoit vivant... « (4).
Durant ce temps, les Tournaisiens s'amusaient. « En le y ver de ce mesme an, furent plusieurs neiges et gella très fort. Pour la quelle chose furent fais en Tournai plusieurs personnages desdites neiges ; entre lesquels fut fait, sur le grand marchié, un leu gardant brebis, vœillans donner à entendre que aulcuns avaient fait du leu berquier " — allusion au roi de France et d'Angleterre — « dont plusieurs murmurèrent. Et devant ces personnages, gracieusement fais et painturez, se faisaient plusieurs esbatements sur cars et aultrement... r> (5). Un chroniqueur bourguignon
(2) Ibid. 23.
(3) De Smet, 563-564.
(4) Chronique anonyme dans Monstrelet, édit. Douët d'Arcq, iv 132.
(5) De Smet, 376.
relate le même fait : « En cel an fist assez grand y ver et beaucoup de nesges, dont ceux de Tournay, qui flairoient l'armignac, firent plusieurs marmousés et daulphins en révérence dudit dauphin : dont le duc de Bourgogne et ceulx de Gand furent très mal contends " (1). Mais, ces divertissements donnant lieu à des rassemblements nocturnes, les Consaux durent y mettre ordre (2).
Lotard de Willeries et ses compagnons revinrent le 23 mars (3) . Pour savoir les dispositions qui régnaient alors à l'hôtel-de- ville, il faut, non seulement tenir compte des négociations entamées avec le duc de Bourgogne, qui seront exposées ci-après ; mais surtout ne pas négliger les faits accomplis sur un plus grand théâtre. Aux espérances que les patriotes avaient pu concevoir après la mort de Charles VI, la conduite de Philippe infligeait un démenti cruel : le 14 janvier il avait envoyé une circulaire aux villes de son parti pour les mettre en garde contre les menées du dauphin et leur annoncer qu'il allait se concerter avec Bedford. Tandis qu'un effort tenté par le duc de Savoie pour réconcilier les princes français échouait, l'on préparait l'entrevue d'Amiens, qui devait unir les ducs de Bourgogne, de Bretagne et de Bedford contre
(1) Beaucourt, ii 9 note 1.
(2) Publications, 26 janvier 1423. « Qu'il ne soit personne aucune qui voyse de nuyt, est assavoir depuis heure du premier wigneron au soir, par la ville, à lumière, assemblée, par parosches, rues ou autrement, ou tilte des jeux et esbatemens qui se font pour le fait des personnages de nive que aultrement, sur c sous, et estre mis es prisons de le ville ».
(3) Consaux, 23 mars. « De la relation faite par Lotard de Willeries, et des pourcas qu'il a fait pardevers le roi : on lira devant les consaux ce que ledit Lotard a rapporté « .
la royauté nationale. De plus, vers le même temps, Meulan et plusieurs places, qui étaient revenues au dauphin, se rendirent aux ennemis (1). Toujours attentifs à la marche des événements, les Tournaisiens s'émurent de la reddition de Meulan et s'informèrent exactement des pourparlers entre les ducs (2) ; faut-il s'étonner si, à ces nouvelles, l'autorité communale se sentit dominée par la crainte d'une brouille avec Philippe, et disposée à faire bon marché d'un roi qui ne régnait qu'au sud de la Loire et ne pouvait fournir d'autre secours, en cas de besoin, que quelques chevauchées de la garnison de Guise.
Le pauvre Lotard, qui avait tant peiné, fut accueilli froidement ; les belles chartes qu'il rapportait, au lieu de recevoir la publicité large et solennelle qui leur était due, ne furent lues qu'aux Consaux ; l'on éplucha ses comptes de voyage (3).
Mais nos députés n'étaient pas revenus seuls; et le 26 f l'envoyé de Charles VII, Jean de Troissy, se rendit à l'hôtel-de- ville. La conversation qu'il va engager influera beaucoup sur les événements à venir.
Ses premières paroles furent pour exprimer la reconnaissance du roi. Il dit : « Du vivant du feu roi, le dauphin a su la loyauté et bonne volonté des bourgeois et habitants de cette ville; comment elle s'est com-
(1) Beaucourt, ii 12 et 332-334.
(2) Le messager Jehan Le Thieullier fit un voyage de cinq jours, au mois de mars, à Amiens et ailleurs pour savoir si le Pont-de-Meulan s'était rendu. — Martin Danquasnes alla, durant douze jours, à Amiens et chez l'évêque à Wazemmes, « pour savoir la vérité des alliances qu'on disait faites entre les ducs de Bourgogne, de Bedford et de Bretagne ». (Comptes d'entremise, 1422-1423. Voyages et ambassades).
(3) Le 30, Lotard reçut, sous forme de prêt, un acompte de deux cents couronnes (Gousuux).
portée envers la couronne de France, contre les Anglais et autres; et comment, depuis qu'il est venu à la seigneurie, en entretenant leur loyauté les Tournaisiens se sont acquittés, tant qu'il s'en est tenu et tient content w. Après cet exorde il exposa l'indigence de Charles, " qui n'a rien de quoi soutenir son droit », ses alliances avec l'Espagne, l'Ecosse, la Lombardie, la promesse d'un million obtenue des Etats, et finit par demander une avance de trente à quarante mille écus pour servir à lever des soldats en Allemagne. Il communiqua ses instructions relativement à la monnaie et notifia les lettres de rémission accordées à Piérart de Willeries et à Jean de Waudripont, fils du vieux sire Ernoul, condamné pour voies de fait deux ans auparavant (1). Il ne paraît pas que ce discours ait sonné agréablement aux oreilles des Consaux. Se démunir d'argent, ils ne s'en souciaient pas en des temps aussi difficiles ; quant à la monnaie, ils ne savaient que trop l'abus qu'un prince besogneux était capable d'en faire; enfin gracier Willeries, avant même la délivrance de son prisonnier, c'était outrager le duc de Bourgogne et encourager les turbulents. Ayant inscrit à leur ordre du jour les trois questions posées, ils en remirent l'examen à plus tard.
Le bailli de Sentis, en attendant, s'occupa de l'autre partie de sa mission : il observa. Or, ce qu'il vit différait beaucoup de ce qu'il s'était imaginé. Les bourguignons dominaient à Tournai ; ils parcouraient la ville tout armés sous les regards bienveillants des autorités, lesquelles par contre cherchaient noise aux patriotes qui en faisaient autant. Quand à lui, Troissy,
(1) Consaux, 26 mars (Ext. ii 21). Les quatre discours de Jean de Troissy ont été analysés assez médiocrement par l'auteur des Extraits. Il convient de recourir au texte du procès-verbal.
sans doute on l'avait reçu courtoisement et on lui ^ faisait bonne chère ^ ; mais on ne lui répondait pas, mais les gens auxquels il écrivait l'évitaient, mais il se sentait enviroinié de défiance, sinon d'hostilité. Après avoir patienté quelque temps, il s'en ouvrit aux Consaux le 13 avril, non sans amertume : « Dit que depuis qu'il est venu, il a vu les choses altérer et retourner.... ; prie que notre loyauté ne se mue point, mais que nous y veuillons persévérer w. Il réitéra ses demandes, trouvant étrange que, après avoir tout obtenu du roi, on lui refusât tout (1).
Les Consaux ayant mal pris ce discours, et l'ambassadeur hésitant à entamer une lutte, il s'excusa trois jours après de l'àpreté de son langage, tout en reproduisant ses griefs sous une forme mitigée (2).
Citons le procès- verbal. « Il a dit la créance à lui chargée — et il devait bien la dire, — le plus doucement qu'il a pu. Il n'a rien dit pour nous arguer, mais à bon entendement. Il a récité notre loyauté et dit les bonnes manières que nous avons tenues...; on lui a fait bonne chère, il s'en louera au roi... Il sait bien que la ville est bonne et sûre, et n'y eût mie tant demeuré s'il l'avait sue autre;... mais il lui a été rapporté qu'on n'osait pas lui parler...
« S'il avait dit aucune chose qui nous déplût, que nous lui voulussions pardonner.
(1) Consaux, mardi 13 avril. Troissy était accompagné de M. de Moy, de Richard Le Borgne et d'Adam de Blois.
(2'» Le 13, on nomma une commission pour répondre à Troissy. En firent partie : Villain et Destrayelles, prévôts, Ern. de Waudripont, Coppet et Roger de Clermès, jurés; J. Wettin et Gilles de Hurtebise, mayeurs des échevins, P. Le Muisis, échevin; les mayeurs des eswardeurs, Bourghelles et Gargate eswardeurs; Blandain et Bérenger, des VI. La réponse qu'ils adoptèrent, approuvée par les Consaux le 15, fut lue le 16 au bailli par Gilles de Grigny (Consaux).
« Si nous pouvons faire aide d'aucune finance au roi, que nous le fassions, et non autrement ; on ne nous y veut point contraindre.
^ Et quant aux privilèges (1), il n'a point requis qu'on les fit publier et exécuter; mais quand telles choses sont sues, c'est bon ; et n'est rien au roi de le faire ou non. N'en veut point arguer.
« Ce n'est point pleine obéissance au roi si nous n'obéissons à faire sa monnaie
11 est venu par deçà pour voir notre état et gouvernement, et en rapporter au roi certaines nouvelles; non pour arguer. Ce qu'on lui en dira, il le rapportera par delà « (2).
Ce langage ne réussit pas mieux que l'autre. 'Tandis qu'ils délivraient des permis de port d'armes à quantité de bourguignons (3), les maîtres de la commune s'obstinaient dans leur mauvais vouloir, refusant même à Troissy la réponse écrite réclamée au nom du roi (4).
C'est alors que les choses prirent une tournure nouvelle et fort intéressante. En arrivant à Tournai, l'envoyé du roi avait le choix entre deux politiques : ou bien il s'appuierait sur la bourgeoisie — c'était le plus facile et Je plus conforme à la tradition monarchique ; — ou bien il lierait partie avec les anciens amis du dauphin, gens d'opposition et bons pour un coup de force. On a vu comment il essaya d'abord de traiter avec les Consaux; rebuté, le voici qui se tourne de l'autre côté. Le 24 avril, les prévôts et jurés siégeant en halle virent entrer l'ambassadeur du roi à
(1) Il s'agit des chartes rapportées par Willeries.
(2) Consaux, 16 avril.
(3) Le 16, à Pierre de Venduise, Liénart Danquoisnés, Grard de Quinghien, Grard Lecoustre, Louis Stack, Roger Le Tonelaere; le 20 à Oste de Fosseux; le 21 à Jean des Ablens.
(4) Décision du 20 (Ext. ii 29).
la tète d'un groupe dans lequel ils reconnurent les principaux armagnacs de la ville, grossis de gens intéressés au succès de la mission (1). Troissy posa une sorte d'ultimatum. « Remontra que cette ville s'était mise en l'obéissance du roi, lequel avait accordé ce que nous lui avions requis : et, de chose aucune qu'il nous eut fait requérir, nous ne voulions rien faire... C'est décevoir le roi ". Il insista sur la question de la monnaie ; demanda deux mille livres " pour payer les gens d'armes, et que le fait de l'armée ne soit rompu ^, alléguant que Verdun, naguère venu en l'obéissance du roi, les donnerait volontiers. Il se plaignit notamment de ce qu'on ne voulut pas assembler la communauté, pour laquelle il avait apporté des lettres du roi. Il requit la destitution du tabellion et des sergents royaux du dernier règne, et l'installation d'Etienne de Willeries en qualité de bailli en Tournaisis, -de Lotard comme garde de la monnaie et de Jacques de Buis comme receveur du roi, etc. (2).
Malgré l'importance des questions soulevées, les Consaux s'abstinrent de les déférer à la communauté, même aux notables. Au contraire, ils en réservèrent l'examen à une commission composée de la manière la plus exclusive [3). Celle-ci après avoir consenti de prime abord une avance de 2.000 Ib. (4), se ravisa sur le vu des pouvoirs de Troissy et conclut « que le fait
(1) Etienne de Willeries, Jacques Croquevillain, Jacques de Buis, Jean Martin, Jean Cauquerel, Jean Canet, Simon de Willeries, Jean d'Alain et Lotard Ghillain dit Friolet étaient tout dévoués à Charles VII; Ernoul le Muisis et Enguerrand Deleplanque étaient intéressés à la remise en activité de la monnaie (Ext. ii 29).
(2) Consaux, 24 avril. Seuls, les prévôts et jurés étaient présents.
(3) Consaux, 25 avril. La commission fut la même que celle formée le 13, avec D'Ere au lieu de Bérenger.
(4) Ibid. « et que, depuis là en avant... seroit tout retenu et wardé pour le roy, et le feroit-on présent et paie en temps et en lieu ».
de monnaie ne se pouvait mettre sus ^ et que, pour les 6.000 livres " quand le roi viendra par deçà, on lui en fera bon compte (1) ".
En même temps Lotard et Etienne de Willeries, Jacques de Buis et d'autres étaient mandés par les Consaux et sommés de se démettre des offices que le roi leur avait conférés; faute de quoi l'on s'en prendrait à leur personne, corps et biens (2).
La politique des grands se dévoile ici. Elle ne consistait pas, comme on le clamait dans la rue, à livrer la ville au roi d'Angleterre ou au duc de Bourgogne ; elle était plus habile. Sous la souveraineté nominale d'un roi lointain et faible, elle visait à l'indépendance. Justice, finances, monnaie, relations internationales, en un mot tout ce qui jusqu'alors avait appartenu au domaine royal, elle entendait le gérer à sa convenance. Pour cela, le roi de Bourges était un souverain parfait.
Le bailli prolongea son séjour jusqu'au 11 mai, en partie pour les intérêts de la ville et à la requête des Consaux — car ceux-ci recoururent à lui pour l'afiaire Lamy — en partie sans doute pour le fait du roi et afin de préparer un revirement (3). On le voit prendre la
(1) Le 26, la commission fit dire aux Consaux, par le conseiller Jean Dauby, que Troissy ce avait à dire et monstrer plusieurs choses, tant lettres comme autres, lesquelles il ne voulait mie dire ne monstrer a cescun », et reçut pouvoir de traiter avec lui. Le 27, elle décida sa réponse, qui fut délivrée à l'ambassadeur par Dauby en présence de Destrayelles et de Colard Bosquet.
(2) Consaux, 27 avril. Il y a lieu de croire que Jacques Groquevillain et Deleplanque, qui était tailleur de coins à la monnaie, devaient faire partie du personnel de l'atelier en cas de reprise du monnayage. Sur Groquevillain, cf. Mém. de la Soc. hist., xxm 40.5.
(3) Consaux, 7 mai (Ext. ii 36). Le 11 fut rédigé « une minute de lettres au roi «. Par mandat du 20 avril, il fut payé cinquante florins d'or à Troissy « pour susporter les frais et despens que il a eulz à faire et soustenir pour cause d'un voiage à lui commis par le roy d'estre venu de Bourges en Béry en la ville de Tournay pour plusieurs besongnes touchans icellui seigneur et
route de Binche, se dirigeant probablement vers Mouzon, en compagnie de Cauquerel, de Jean Martin, de Jean Canet et de quelques lurons qui allaient s'illustrer dans les prochaines émeutes (2). De quoi fut-il question chemin faisant, si ce n'est du grand coup de balai qu'il faudrait donner à Tournai?
ladite ville, par lui exposés, tant du fait de ses monnoies comme d'autres, dont icellui maistre Jehan, à son retour de par delà, se chargea de faire bonne et honnourahle relation pour icelle ville ». Il reçut, le 11 mai, trente moutons d'or « en susport de ses despens par lui fais par certain temps que, en partie pour le fait d'icelle ville, et à la requeste des dessusdis Consaulx, il demoura et séjourna par dechà, pour porter par devers le roy certaines lettres et besongnes, et en faire certaines impétrations pour le bien de la ville, dont il se chargea à son partement... *• (Comptes généraux, avril-septembre, 1423). En outre on lui versa 500 Ib. sur les arrérages de la composition. (Consaux, 29 mars, 20 avril et 4 mai).
(2) « A Jehan Canet, Sohelet Autouppet, Jehan Hausse, Loyset Roussiel, Henriet Lestame, Collin de Biéquelers, Gosset Fauquet et Jehan de Lescluse, pour les frais et despens que ilz firent et soustindrent par m journées ou mois de may iiir et xxiii a convoier et ghider jusques à Binch en Henau maistre Jehan de Troissy, bailli de Senlis et maistre Jehan Cauqueriel, procureur du roi ou bailliage d'Amiens, lesquelz estoient lors venus pour remonstrer aucunes besongnes, de par le roy en ledite ville, 21 Ib. 6 s. t. n (Comptes d'entremise, 1422-1423. Voyages). Quant à Jean Martin, cf. De Smet, p. 383. De Binche à Mouzon, l'on pouvait suivre le territoire liégeois.