C. Les Comptes
A la diiférence de ce qui se fait de nos jours, la Ville ne résumait pas dans un compte unique l'ensemble de ses recettes et de ses dépenses (1).
On trouve, il est vrai, aux Archives de Tournai, une série dénommée comptes généraux ; mais cette qualification est impropre. 11 s'agit des comptes du 7-eceveurgéné7^al, lesquels ne présentent, ni la totalité des recettes et dépenses communales, ni même les soldes des comptes spéciaux, mais seulement les articles qui, en vertu d'un règlement, formaient le domaine propre du receveur-général. C'étaient, il est vrai, les plus conséquents : aux recettes, les impôts sur les boissons et le produit des offices " accensés ^ ; aux dépenses, la dette publique, l'aide qu'on payait au roi, etc. ; enfin des frais divers qui n'avaient pu trouver place ailleurs.
Les autres comptes sont intitulés comptes d'entremises, terme qui parait emprunté au vocabulaire administratif en usage à Tournai il y a quelque cinquante ans (2). On entend par là qu'il y avait un comptable intermédiaire.
Les comptes d'entremise sont par excellence ceux —
(1) M. d'Herbomez commet à ce sujet une légère erreur dans sa notice sur la série des registres aux archives communales de Tournai. (Bulletins de la Société historique, t. xxv, p. 289).
(2) On le retrouve par exemple dans les comptes des administrations de charité jusqu'en ces derniers temps.
pour les définir comme ils se définissent fort bien euxmêmes — « des recettes et mises appartenantes au gouvernement de la Ville ^. C'est le service politique, et de là leur très grand intérêt pour l'histoire. Ils sont alimentés par les exploits de justice et les amendes, le produit des propriétés communales, les droits sur les échoppes, les étalages, les places aux marchés publics, et par une allocation du receveur-général. Aux dépenses s'inscrirent les traitements, gratifications, frais de voyages et d'ambassades, frais de justice et du contentieux, frais de police, et les présents de vin. Il n'est guère d'auxiliaires plus précieux que ces comptes pour déterminer avec précision l'enchaînement des faits; toutefois, comme ce sont des documents de seconde main, ils ne peuvent lutter, notamment en fait de dates, contre l'autorité des registres des Consaux.
Parmi les comptes spéciaux, il faut mentionner ceux des levées d'arbalétriers (n" 2848), des traités conclus avec le duc de Bourgogne (n""^ 1322 et 2769), des achats de blé pour le ravitaillement de la ville (n"" 2768), et des travaux aux fortifications (n° 2641).
D. Les Archives Judiciaires.
Si je puis, dans une certaine mesure, offrir un tableau des mœurs politiques de Tournai au XV siècle, c'est grâce aux archivesjudiciaires. Presque tous les traits de ce tableau sont fournis par les jugements des prévôts et jurés, que contient l'importante série des registres de la Loi. Non seulement on y trouve, sur les troubles dont la Ville fut agitée, une foule de détails qui complètent et précisent les récits des chroniques, mais les tendances des partis d'opposition y sont révélées par les - paroles malsonnantes et séditieuses « que la justice communale avait fort à faire à réprimer.
ABREVIATIONS.
Recueil des chroniques de Flandre publié sous la direction de la Commission royale d'histoire par J.-J. De Smet, tome III (Bruxelles 1856) : Chronique des Pays-Bas, de France, d'Angleterre et de Tournai = De Smet.
Extraits analytiques des anciens registres des Consaux de la Ville de Tournai, (1422-1430), publiés par H. Vandenbroeck (Tournai 1861-1863). =- Extraits, Ext.
Bulletins j de la Société historique et ^ Bulletins, Bull. Mémoires} littéraire de Tournai = Mémoires, Mém.
Annales de la Société historique et archéologique de Tournai = Annales, Ann.