Joyeux- Laffuib, Thèses de Paris
VENINS DE SCORPIONIDES. 517
Cette sécrétion n^est pas toujours active ni surtout également active. Redi a vu un pigeon piqué deux fois par Taiguillon d'un scorpion de Tunis être pris de convulsions au bout d'une heure et succomber deux heures après. Un chien, piqué par un scorpion du Languedoc, fut pris une lieure après de vomissements, d'enflure généralisée, de paralysie des membres, de convulsions; il mourut cinq heures après avoir été piqué. Quelquefois des chiens atteints à plusieurs reprises par des scorpions, des poulets piqués sous l'aile ne sont môme pas malades*. D'après Blanchard, Bert, etc., la piqûre du scorpion est mortelle pour les insectes et pour cet animal lui-même. Les grenouilles piquées sont prises de tétanos, puis se rétablissent ou succombent. En général, les oiseaux sont très sensibles; leur respiration devient irréifulière, ils s'agitent et meurent, ou bien ils se rétablissent mais non sans grand malaise.
P. Bert a étudié le venin des scorpions de Suez. Ils avaient été tués et séchés au soleil*. La vésicule d'un seul de ces animaux suffit pour tuer deux grenouilles. Il ne se produit pas d'enflure; l'animal éprouve des convulsions à peu près comme par la stry chine, il pousse des cris de douleur; le (îorps se roidit tout entier; des périodes de calme et d'excitation se succèdent. Comme le curare, ce venin paraît porter son action principale sur les extrémités périphériques des nerfs moteurs et laisser la sensibilité intacte, mais il excite la moelle épinière et fait naître des contractions tétaniques que ce dernier poison ne produit pas.
Sous le microscope, sous l'action de ce venin, les globules du sang paraissent s'agglutiner les uns aux autres; mais le