‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 128 sur 158 · Compl. rend. Soc. bioîog. (1892), p · texte numérisé non relu

Compl. rend. Soc. bioîog. (1892), p

ANTITOXINE DIPHTÉRIQUE. Oo9

L'animal finit par mourir avec W" de température dans le rectum [Courmont et Doyon).

Antitoxine diphtérique^. — Les animaux immunisés contre la diphtérie peuvent fournir un sérum antiloxique, c'est-à-dire qu'injecté en petite quantité dans les veines ou dans le tissu cellulaire d'un animal neuf, ce sérum empêche l'action nocive de la toxine diphtérique, et môme en arrête les effets lorsque ceux-ci ont commencé à se produire et que l'animal est déjà en puissance de la maladie.

Cari Frœnkel parvint le premier à immuniser les aiiimaux contre la diphtérie en leur injectant avec ménagement des liquides de culture du microbe correspondant filtrés et modifiés par chauffage à 70"*. Après lui, Behring recommanda dans le même but les mélanges de cette toxine et de trichlorure d'iode. MM. Roux et Martin employèrent aussi la liqueur de culture du bacille de Klebs-Lœfler additionnée d'iode : au moment de s'en servir, on ajoute à la toxine 1/3 de son volume de liqueur de Gram (solution d'iode dans l'iodure de potassium), et l'on injecte ce mélange sous la peau. De tous les animaux, le cheval est le plus facile à immuniser ainsi contre la diphtérie. On lui inocule d'abord un quart de cent, cube de toxine iodée au 10% puis de 2 en 2 jours, un demi-cent. cube de la même toxine iodée, enfin un cent, cube, et l'on procède vers le 18° jour à l'inoculation directe de la toxine non iodée dont on augmente la quantité peu à peu. Au bout de deux mois à 2 mois et demi l'animal est entièrement immu-

i. Nous empruntons en grande partie les détails suivants au beau mémoire de MM. C. Roux et L. Martin, Contributions à Vétude de la diphtét^ie, Annales Instit. Pasteur, t. VIII, p. 612.

SÉRUM ANTIDIPHTÉRIQUE. 561

Les animaux qui reçoivent ranliloxine diphtérique deviennent réfractaires à la maladie. L'immunité est acquise sur-le-champ, mais elle n'est pas durable; elle disparaît en quelques jours ou en quelques semaines. Cette immunité est donc différente de celle qu'on peut conférer péniblement par des injections ménagées et répétées du poison diphtérique lui-même; mais cette dernière méthode protège ranimai beaucoup plus longtemps.

Des doses de sérum très supérieures à celles qui immuniseraient les animaux contre une injection de toxines faite sous la peau, deviennent insuffisantes si le poison est introduit directement dans les veines.

Si la toxine est inoculée la première, il faut, pour sauver les animaux, d'autant plus de sérum qu'on intervient plus tardivement. Encore, après un certain délai, l'effet thérapeutique peut-il être nul.

Le sérum antidiphtérique n'est pas un antidote dans le sens propre de ce mol. Il agit sur les cellules en les rendant insensibles au poison, ou, ce qui revient peut-être au même, il les excite à sécréter les substances qui neutraliseront la toxine*.

Si l'on diminue les réactions vitales des cellules en soumettant au préalable les animaux à d'autres maladies infectieuses, ou si on les inocule au même moment avec d'autres virus, tels que le streptocoque, capables d'aff*aiblir pour leur part la résistance de l'économie, le mélange de toxine et d'antitoxine, inerte pour les animaux sains et frais, devient actif et mortel pour ceux dont la résistance et la

1. Il serait nécessaire toutefois de voir si la toxine diphtérique passe dans les urines avec Tantitoxine, ou bien si elle a disparu, auquel cas la neutralisation dont nous parlons serait démontrée.

vitalité s'est amoindrie par des chocs antérieurs ou simultanés.

MM. E. Roux et L. Martin ont appliqué leurs observations au traitement de la diphtérie confirmée, non seulement sur les animaux mais sur l'homme, et en 1894 ils ont pu annoncer au Congrès international de Budapesth, qui accueillait leur communication par des applaudissements unanimes, les résultats favorables du traitement de la diphtérie humaine par leur sérum antidiphtérique. Ces résultats mémorables se résument en quelques mots : sur 300 cas de diphtérie traités à cette époque par le sérum de Roux dans les hôpitaux d'enfants, à Paris, la mortalité totale a été de 26 % au lieu de SO <^/o, qui est la proportion de mortalité ordinaire dans la diphtérie confirmée. La moitié des enfants voués à une mort prochaine a donc été sauvée par ce moyen*.

Depuis, les observations faites en Allemagne par Behring et ses émules sur plusieurs milliers de cas de diphtérie humaine, ont abaissé la moyenne des cas mortels à 17 pour cent environ.

Toxines tétaniques.

Nicolaier a décrit, en 1884, le microbe spécial du tétanos retiré des cultures du pus d animaux rendus tétaniques par inoculations de parcelles de terre. Le japonais Kitasato obtint le premier à l'état de pureté cet organisme retiré des plaies d'un homme tétanique et montra que l'inoculation de

1. Voir au sujet du traitement de la diphtérie par la méthode de MM. Roux et Martin, Annales de l'Institut Pasteur, t. VIII, p. 609 ; Mémoire déjà cité; Ibid, p. 6i0, le mémoire de MM. Roux, Martin et Chaillou : Trois cents cas de dipthérie traités par le sérum antidiphtérique.

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