TOXINES TYPHOÏDES
100 grammes de leur poids injecté par la voie sous-cutanée entraîne une mort certaine en 10 à 20 heures environ. Les lésions anatomiques, la marche de la température, les symptômes morbides que provoque cette toxine, présentent le tableau caractéristique de la lièvre typhoïde : les animaux sont accablés, les yeux mi-clos, le ventre météorisé et très sensible ; ils sont pris de diarrhée et rendent par le rectum une mucosité jaunâtre et sanguinolente ; enfin ils deviennent inertes et paralytiques; Tasphyxie termine la scène. Mêmes phénomènes ont été observés chez les singes. Les plaques de Peyer sont tuméfiées, congestionnées, gorgées de globules blancs ; on dirait une infiltration purulente.
M. Sanarelli conclut de ces observations que la fièvre typhoïde est une infection du système lymphatique, et que c'est à la toxine produite par le bacille spécifique que sont dues en grande partie les lésions anatomiques intestinales considérées jusqu'à présent comme autant de localisations du virus vivant. Une opinion semblable avait clé depuis longtemps émise par Jules Guérin qui croyait que les ulcérations intestinales qu'il observait étaient dues à une matière irritante et toxique formée dans l'intestin*.
Toutes ces altérations anatomiques peuvent se produire dans l'intestin indépendamment de la présence des microbes ; dans la fièvre typhoïde expérimentale, aussi bien que dans la fièvre typhoïde humaine, les bacilles d'Eberth ne se trouvent qu en petite quantité dans le contenu intestinal (Sanarelli). On les rencontre surtout dans la rate chez l'homme, et dans les séreuses chez les animaux atteints de fièvre typhoïde expérimentale.
1. Voir sur une tétanie d'origine gastrique, Bévue de médecine, pour 1892, n«» 1 et 2.