Manat. f. Ckem,, t. CXI, p
2. Compt. rend, Aead, jcicnc^t, t. CX, p. 1339 et t. GXII, p. 584.
LKS PTOMAÏXES. 97
Elle a élé Irouvéo en IS8I, en même lemps que la parvoline, dans les produits de la chair de poisson ou de mammiieres longtemps soumise à Taclion des bactéries. C'est la ptomaïne volatile qui, dans ces conditions, se forme en plus grande abondance. Elle constitue un principe constant des fermentations bactériennes prolongées des matières albuniinoïdes d'origine animale. Eu un mot, c'est l'un des produits basiques et toxiques définitifs du fonctionnement de celles de ces bactéries qui, dans les putréfactions, survivent à toutes les autres, grdce à leur vitalité et à leur résistance, quelle que soit d'ailleurs la nature de la matière albuminoïde animale qui fermente auaérobiquement.
La dihydrocollidine forme un liquide presrjue incolore, légèrement oléagineux, d'une odeur [)énétrantc et tenace de seringa. Elle bout vers 208** sans s'altérer. Sa densité à 0** est de 1,0296. Elle attire avec avidité l'acide carbonique de l'air et donne un carbonate cristallin. Même en flacon fermé, la base libre brunit lentement, devient visqueuse et perd peu à peu toute odeur.
Le chlorhydrate de cette base est très soluble dans l'eau et dans l'alcool. Il forme de liues aiguilles neigeuses. 11 est neutre, amer au goul. Un exci»s «lafidc le colore en rouge et le résiuilie.
Son chloraurate est assez soluble. 11 se réduit lentement à froid, rapidement à chaud.
Son chloroplaiimUe est jaune pâle, avec un léger ton de chair; il est cristallin et peu soluble. Il se redissout à chaud else prend à froid en aiguilles recourbées.
Une coUidine enC*ir'Az a été rencontrée par M. Œchsn( r dans les produits poulpes. Tue base répondant à cette même formule a été aussi extraite par Nencki des produits
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de la fermentation pancréatique de la gélatine. Il nous parait donc nécessaire de donner ici les analyses de Thydrocollidine C^H"Az que nous avons obtenue, d'autant que Nencki pensa, au moment de notre publication, qu'elle pouvait être identique à la base C* FI"Az qu'il avait observée dans la fermentation pancréatique de la gélatine. Cette hypothèse n'est confirmée ni par la composition, ni par le point d'ébuUition , ni par les autres propriétés, et en parti* culier, par la forme du chloroplatinate et la facile réduction du chloraurate de notre dihvdrocollidine. Voici d'ailleurs les analyses du chloroplatinate de cette base :
Nombres trouvés
Théorie pour II" Az, Il CI)» Pi Cl*
AZt • «
Pt...
Nencki fait remarquer que les deux premières analyses répondent mieux à une coUidine qu'à une hydrocoUidine; il peut se faire, en effet, que le produit provenant de la chair de poisson, contienne à la fois de la collidine et de l'hydrocoUidine. Mais lanalyse III (produit provenant de la chair du cheval) est correcte et répond bien à l'hydrocoUidine C*H"Az. D'autre part, la base obtenue dans les deux cas jouit de propriétés qui la rapprochent si complètement de l'hydrocoUidine obtenue par MM. Cahours et Etard en faisant réagir le sélénium sur la nicotine qu'il n'y a pas lieu de mettre en doute l'analogie de ces deux bases. Entre autres, le point d'ébuUition de notre hydrocoUidine,
LES ptomaYngs. 99
205" environ, est presque celui de riiydrocollidine dérivée de la nicotine (210**). Mais ce qui caraclérise surtout notre hydrocollidine , c'est son pouvoir réducteur puissant, et la réduction facile de son chloraurate et de son chloroplatinate, propriétés qui n'appartiennent pas aux bases pyridiques proprement dites.
La dihydrocoUidine est un poison qui détermine la torpeur, la paralysie musculaire et l'abolition des réflexes. Voici Tune des expériences que j'ai faites pour déterminer sa toxicité :
On injecte sous la peau de l'aile à un oiseau {briquet) 0*%0017 d'hydrocoUidine à l'état de chlorhydrate neutre. Deux minutes après l'injection, l'animal tombe sur le côté, se relève et s*agite, l'aile gauche étalée sur le sol. Après trois minutes encore, il s'affaisse sur le poitrail , mais sans paraître essoufflé. Au bout de sept minutes, il ne peut se tenir sur ses pattes qui sont comme paralysées. Il entr'ouvre fréquemment le bec ; mais il garde toute son intelligence et peut encore se défendre. Ses pupilles sont normales. Cinquante-huit minutes après le début de l'injection, l'oiseau est mort. Le cœur est trouvé eu diastole et plein de sang.
Si Ton injecte de plus grandes proportions de ce poison, ranimai est étourdi, stupide, vacillant sur ses pattes, pris de vomissements et de tremblements, quelquefois de contractions tétaniques. Il meurt avec le cœur en diastole, gorgé de sang.
Dihydroliitidine CM 1" Az.
La dihydrolutidine fut découverte par MM. A. Gautier et L. Mourgues dans les huiles de foie de morue blondes et
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brunes. Elle n'existe pas dans les huiles blanches ou vertes*. Elle est accompagnée de butylamine, d'amy lamine, d'hexylamine , de morhuine et de deux bases nouvelles que j'ai découvertes depuis , la nicomorhuine et royxcollidine, dont nous parlerons en leur lieu. La dihydrolutidine est la base aromatique la plus importante de ces huiles médicinales. La partie des alcaloïdes qu'on en relire, bouillant de IQS^'à 200'' sous la pression normale, est constituée par la dihydrolutidine , ainsi que le montrent les analyses suivantes faites sur la base libre :
Théorie pour I. II. C'H«<Az.
Carbone 77,10 » 77,07
Hydrogène.. 10,/j7 m 10,09
Azote >) 12,52 12,84
Celte dihydrolutidine, la première des hydrolutidines connues, forme un liquide incolore, huileux, alcalin, caustique, d'une odeur vive non désagréable, mais ne rappelant pas l'aubépine ou les fleurs. Elle attire l'acide carbonique de l'atmosphère. Elle fond à l'air et se résinifîe. Elle est légèrement solublc dans l'eau, sur laquelle elle surnage d'abord à l'état de goutlelelles oléagineuses. Elle bout à199^
Son chlorhydrate est amer. Il se dissocie partiellement lorsqu'on chauffe à 100*" sa dissolution aqueuse. Il cristallise en aiguilles confuses, souvent associées en groupes à pointements aigus ou en lamelles. Quoique très soluble dans l'eau, ce sel n'est pas déliquescent.