‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 22 sur 158 · BtM, Soc. cMm,, t. XXXV, p · texte numérisé non relu

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d'acide sulfurique suflisanle pour saturer un peu de potasse qu'il contient encore et qu'on sépare en traitant par l'alcool absolu ; l'alcool distillé, on reprend par l'eau froide , on sature la liqueur par l'acide acétique et l'on concentre dans le vide. Il cristallise peu à peu, et très difOcilement, un acétate dont on extrait la base libre en dissolvant ce sel dans un peu d'eau et ajoutant un excès d'alcali ; l'alcaloïde vient surnager. On le redissout dans le chloroforme qu'on, évapore, la base reste comme résidu.

C'est un liquide huileux, alcalin, un peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, très peu dans l'éther. Son acétate et son chloroplatinate sont cristallisés et solubles. Ses autres sels sont difficilement cristallisables. Cette base répond à la formule CMI^AzS composition que Sclirœtter a déjà assignée à l'une des bases qu'il a rencontrées dans les eaux-de-vie de betterave.

Bases cycliques a trois atomes d'azote.

Parmi les nombreuses ptomaïnes que j'ai retirées de l'huile el des foies de morues par la méthode que je viens d'indiquer, en partie, à propos de la tnerlusine, j'ai extrait deux tciamines homologues, l'une C* II" Az' la morhnine, l'autre C?®IP*Az* Y homomorhiiine , qui jouissent de propriétés semblables.

Morhuine C" H" Az» — Homomorhiiine C" H" Az*.

La morhuine et l'homomorlmine se séparent de l'ensemble des bases de Thuile de foie de morue ; elles se rencontrent l'une et l'autre dans la partie soluble dans l'élher {Voir plus haut). Ce dissolvant évaporé, les bases qu'il a dissoutes restent

116 DIAMINES CrCLIQl

et une faible alcalinilé. La de sa solution aqueuse. Ce dans l'éther, se dissout très

L'aselline forme, en s'unis ménagement, des sels solul dissocie partiellement, surtoi partie de la base.

L'acide sulfunque concen brunit.

Le chlorhydrate d'aselline croisés en X, ou enchevêtré;

Le ehloraurate, couleur a dilBcilement à chaud en se ( métallique^

Le chloromereurale forme u qui par refroidissement de U cristallines confuses.

Le chhroplatinate est jauE à chaud en s'altérant.

Lorsfjue t'aselline est resli la lumière diffuse, elle jaunit dissout alors dans l'éther, oi qui^ par évaporation rapide < huileux vert foncé redevens L'acide nitrique l'oxyde , et se colore d'une façon intense

L'aselline forme à peine des bases qu'on extrait de 1 paraît assez active. A petite respiratoires, de l'anhélation fortes, apparaissent des convi de mort.

LES PTOMAlfiES, 117

Base (T Oser C'W'Az'.

En 1868 y alors qu'on ne connaissait pas encore les alcaloïdes bactériens, J. Oser eut le mérite de remarquer que dans les produits de la fermentation du sucre pur par la levure de bière fraîche , on rencontre un alcaloïde non volatil, bien défini, répondant à la composition G**H*®Az\ Oser fit observer avec raison que, ne préexistant ni dans la levure, ni dans le sucre, cet alcaloïde doit se former aux dépens des matières azotées du ferment et se rencontrer par conséquent dans la plupart des liqueurs fermentées, telles que vins, bières, cidres, etc.

Les acides minéraux décomposent assez rapidement à chaud la base d'Oser. — Son chlorhydrate séché dans le vide se présente en une masse feuilletée blanche très hygroscopique , brunissant rapidement à Tair et douée d'une saveur brûlante, puis très amère. — Son chlorauraie est en flocons jaunes peu solubles dans Teau froide passant peu à peu à l'état cristallisé*.

ScombrineG''W'kz'.

Dans les eaux-mères du chloroplatinate de l'hydrocollidine provenant de la fermentation bactérienne de la chair de poisson (et particulièrement du scombrc que j'avais surtout employé dans mes recherches avec M. Etard), se trouve un chloroplatinate plus soluble que celui d'hydrocoUidine, cristallisant en aiguilles jaunes, un peu couleur de chair.

1. Journ. f. prakt. chem., t. CIII, p. 192, et Bull, soc, chim.^ 2» série, t. X, p. 295.

118 DIAMINES CYCLIQUES NON OXYGÉNÉES.

On peut le dessécher dans le vide sans décomposition. Lorsqu'on veut porter ce sel à 1 00**, il se décompose lentement en émettant Todeur de seringa de la base libre. Ce chloroplatinate répond à la formule (C"H«'Az*, 2HCl)PtCl\ — C'est encore une base à quatre atomes d'azote dont deux seulement sont doués de propriétés alcaloïdiques.

OHAPITEE SIXIÈME Ptomaïnes oxygénées ou sulfurées.

A côlé des bases non oxygénées qui [)récèdent, on a souvent signalé dans les produits de la fermentation bactérienne des matières animales des bases diverses contenant de l'oxygène. Avant ces recherches, quelciues-unes étaient déjà connues et avaient été observées ou artificiellement produites : la choline, la névrine, par exemple; d'autres sont nouvelles, et c'est la majeure partie. Nous ne ferons l'élude toute particulière que de ces dernières, nous bornant pour les autres, dont on trouve les descriptions dans tous les livres classiques, à signaler les conditions où elles se produisent, et, lorsqu'il y aura lieu, leurs principales propriétés physiologiques.

Nous diviserons ces bases oxygénées en :

(a) Bases névriuiquvs ou dérivées de ces bases ; (6) Bases aromatiques oxygénées ; [c) Bases de comtitution inconnue.

Nous ne comprenons pas parmi ces bases les acides amidés basiques, tels que le glycocoUe, Talanine, la leucine, etc., que nous renvoyons au chapitre suivant.

a. Bases névriniques ou dérivées de ces bases.

Les bases névriniques, ou qui se rattachent à la névriiie et à ses homologues, que l'on a rencontrées dans les produits

l^i PTOMAÏNES OXYGÉNÉES — SÉRIE NÉVRLNIQUE.

cipile pas la choline, donne avec la névrine un précipité blanc grisâtre volumineux.

La névrine et ses sels sont extrêmement vénéneux ; ses effets ont été surtout observés par Brieger. Les chats sont les plus sensibles, les lapins» les souris et les cobayes le sont beaucoup moins. Il y a des différences entre les di* verses classes d'animaux relativement à l'intensité des symptômes, et ces différences sont profondes. Chez le lapin, Tabsorption par la peau de U^^OOS de chlorhydrate de névrine produit aussitôt Thumectation des narines, suivie de mouvements de mastication et de déglutition, avec sécrétion d'une salive si visqueuse qu'elle tombe des coins de la bouche sous forme de fils ; elle devient ensuite plus fluide, alcaline, et persiste jusqu'à la mort de l'animal. En môme temps ([ue cette salivation spéciale, il se fait une sécrétion assez abondante de larmes et de mucus nasal. Les pattes antérieures se couvrent de sueur. La respiration augmente de fréquence et de force dès le début ; la tête se renverse en arrière, la bouche et les narines s'en* tr'ouvrent; la dyspnée change peu à peu de caractère, la respiration devient irrégulière, superficielle, et enfin le nombre des inspirations diminue et l'animal expire.

Du côté de la circulation, dès que l'injection a eu lieu, les contractions cardiaques s'accélèrent ; le pouls ne peut bientôt plus se compter, puis le nombre des pulsations tombe, aussi bien que la pression sanguine ; les battements du cœur, très forts d'abord, perdent de leur énergie et s'affaiblissent progressivement jusqu'à ce que, dilaté et tendu, cet organe s'arrête subitement en diastole. La ligature du pneumogastrique pratiquée sur l'animal intoxiqué n'influence plus le cœur.

196 ptomàXnes oxygénées — série névhimque.

1862 par Strecker dans la bile du porc et du bœuf; depuis on Ta signalée dans le sang, Içs muscles, les glandes, le jaune d'œuf. IJammanûine ou agariiine, retirée par Leiellier de certains champignons (agaricus muscarim^ bokius turidus)^ n'est autre que de la ciioline. Elle se confond avec la sinkaline, la bilinévrine et la névrine de Baeyer. La même base a été extraite de quelques graines : cotonnier, noix d'arec, trigonella, fenu grecum, vesce, pois, lentilles, lupin, etc. On la trouve dans Ter^ot de seigle, les racines d'ipécacuanha, les fleurs de sureau, les extraits de belladone, à^acorus calamus, de scopolia du Japon ; en petite proportion, dans les mélasses de betterave, à côté

la betterave. Lippman (Berichu, t. XX, p. 3206) a romarqué qu^U existait divers i^upes de lécithines : les unes sont aptes en se dédoublant, à donner des acides gras, de Tacide glycérophosphorique et des tiétaînes ; d'autres fournissent les deux premiers de ces termes, mais la bétalne est remplacée par la névrine. Les deux cas peuvent se produire dans les racines de betterave, suivant l'échantillon qu'on examine. Dans l'agaric, ou a trouvé des lécithines dérivées de la chollne, d'autres de la muscarine ; dans les moules vénéneuses , on trouve des lécithines fournissant de la myUlotoxine, d*autres des bétaïnes.

On ne saurait regarder, d'autre part, les lécithines comme Tunique source de la choline. Cette base peut exister dans les protoplasmas sous un état très compliqué : un exemple nous en est fourni par la nwUbme C>^H*^ Az^S'O'* de la graine de moutarde blanche qui, sous Taction de la myrosine, ou ferment de la moutarde, se dédouble d^abordenglycose, sulfate acide de synalbine et isosulfocyanate d'orthoxybenzyle :

G»H«Az«S«0««=C«H"0« + G««HMAxO*,SO*U« + Cn'0-AaCS

Sinalbine. Glyoose. Sulfate acide de sinapine. laosalfocjaaate.

puis, à son tour, la sinapine elle-même s'hydrate et se ^décompose en acide sinapique et choline :

G" H«» AxQs + H« 0 = G* H** AzO» + G" H« 0*

Sioapioe. Choline. Adde sinapique.

C'est probablement aux lécithines, ou corps analogues, qu*U faut rattacher les produits basiques obtenus avec ies extraits alcooliques des farines par Lombroso en 1871 , extraits d'où firugnatelU et Zenoni retirèrent, par la méthode de Stas, en 1876^ un alcaloïde qui provoquait des convulsions tétaniques.

LB8 PTOMAlNES. 197

de la bétaïne. Elle a été préparée par Baeyer, en 1866, en faisant bouillir avec de l'eau de baryte Textrait alcoolique de matière cérébrale. On en retire aussi de faibles quantités des liqueurs fermentées : vin, bière, etc. Enfin, et c'est ce qui nous la fait classer parmi les ptomaïnes, Brieger Ta rencontrée en petite quantité dans les cadavres humains conservés un ou deux jours seulement, ainsi que dans les cultures du bacille virgule de Kock, dans celle du viMo proieus de Bocklisch, etc.

Nous rappellerons ici brièvement que la synthèse de la choline a été faite par A.Wurt2 en unissant la monochlorbydrine du glycol à la triméthylamine. D'après cette synthèse, la constitution de la choline répond à l'hydrate

de trimé thyloxéthylammonmm (G Hy Az v ^ „

On a dit plus haut comment on sépare la choline, la névrine et la neuridine des produits putréfactifs. Brieger acidulé très légèrement l'extrait alcalin avec de Tacide chlorhydrique, filtre, sature l'excès d'acide, évapore la liqueur dans le vide et reprend le résidu sec par l'alcool. Le liquide filtré est additionné d'une solution alcoolique de sublimé : il se fait un précipité mercurique qui, après deux cristallisations, se présente sous forme d*aiguilles de chloromercurate de choline. En décomposant ce sel, à chaud, par l'hydro-

/G* H* (OU) gène sulfuré, on obtient le chlorure (GH')' Az ^

Pour séparer la choline de la neuridine, on se «ert d'acide picrique. Le picrate de neuridine se sépare immédiatement; celui de choline, plus soluble, ne cristallise que par évaporation. Le chloraurate de neuridine est aussi beaucoup moins soluble dans l'eau que celui de choline.

LES PTOMAlNKS. 199

Le carbonate est dimorphe en plaques et en longues aiguilles.

Avec le chlorhydrate de choline, les acides phosphotungstique, phosphomolybdique et phosphoantimonique donnent des précipités volumineux ; l'iodure mercurico-potassique, un précipité jaune cristallin; le réaclir de Bouchardat, un précipité brun abondant; le chlorure mercurique, un précipité blanc grumeleux , un peu soluble dans l'eau ; le tanin ne précipite pas.

Les agents oxydants , comme l'acide nitrique étendu, convertissent la choline en oxycholine où muscarine C" H'* AzO% bétaïne C» H" Az 0' et oxynévrine C* IP* Az 0».

L'action toxique des sels de choline est assez faible : elle se manifeste, d'après Brieger, par des signes semblables à ceux que provoque la névrine, mais bien moins prononcés : O^'JÛ de choline équivalent à peu près à O^^SO do névrine. Il se produit d'abord de la salivation, puis apparaissent la plupart des phénomènes décrits à propos de cette dernière base (p. 124). Il faut administrer seulement une dose relativement beaucoup plus forte, par exemple, injecter sous la peau d'un lapin 0*",1 do chlorhydrate de choline pour obtenir les mômes effets qu'avec ï milligrammes de névrine. Suivant Boehm, l'action paralysante de la choline serait analogue à celle du curare, mais cinq cents fois moins puissante. L'atropine suspend de la façon la plus remarquable les effets toxiques de la choline.

Mnscanne C' H" Az 0'.

Cette base très vénéneuse a été trouvée par Brieger à côté de l'éthylidènediamine, de la neuridine, de la gadinine et

LKS PTOMAlNES. 131

définis, peu solubles. Le chloraurate cristallise en aiguilles diflicilement solubles.

La muscarine est très toxique : de petites doses de son chlorhydrate injectées au lapin déterminent une salivation et un larmoiement abondants, de la contraction des pupilles, de la diarrhée profuse, des pertes séminales et urinaires. Les animaux succombent après de courtes convulsions. Le cœur s'arrête en diastole. L'atropine paraît être antagoniste de la muscarine.

Bétame CMP'AzO'

Cette base accompagne la muscarine dans l'oxydation artificielle de la choline. Elle fut découverte en 186() par Scheibler dans la betterave, et quelque temps après signalée par Liebreich dans les urines normales. Brieger l'a trouvée, en grande quantité, dans les moules vénéneuses ou non. Elle existe dans les graines du cotonnier, du V^iscin sativUy du Lîjciiim barbarum, du ScopoUa atropo'ides. Elle paraît due à la décomposition d'une substance plus complexe, une lécithine, qui se dédouble en donnant de la glycérine, de l'acide oléïque, de l'acide phosphorique et de la bétaïne. On rappelle ici que l'on sait produire celte dernière base par synthèse, en traitant le glycocolle par l'iodure de méthyle dissous dans l'alcool méthylique en présence de potasse {Griess)) ou encore, par l'action de la Iriméthylamine sur l'acide cliloracélique :

Triniélh) lamine. A. Chloracéli(|ue. Q Bétaïnt:.

On a donné le nom général de bélaïnes aux bases constituées comme celles de la betterave, par exemple, à Yanhy-

LKS ptomâYnes. 133

la Kbrine et de la viande (1883). Elle est soluble dans l'eau, mais très difBcilement dans ralcool. Elle ne bleuit pas le tournesol. Elle cristallise en masses d'aiguilles étoilées et fond à 156**. Elle ne précipite ni par Tacélate de cuivre, ni par le nitrate d'argent ammoniacal. Gabriel et Âschan^ ont constaté qu'elle est identique avec l'acide iMmidovalérique de synthèse AzH»-CH*.GH^GH'-CIl*.GO»H obtenu en faisant agir l'acide chlorhydrique concentré sur le phlalimidopropylmalonate d'éthyle. Son chloraurate fond à 86-87*. Gelle base dissout l'oxyde d'argent, mais non l'hydrate cuprique, dernière réaction qui paraît indiquer qu'elle n'est ni un acide, ni même un acide amidé.

Son chlorhydrate C'H*'AzOSHCl est cristallisé, très soluble dans l'eau et dans l'alcool concentré.

Son chloroplatinate a donné à l'analyse des nombres correspondant à la formule (G'IP-AzOSHGI)»PtGP qui ne correspond pas à la base C*H"AzO*. Il peut se faire que le corps analysé contint aussi la base G^H^^AzO^ que le platine aura précipité d'abord.

La base de E. et H. Salkowski n'est pas vénéneuse.

Mytilotoxine C*H*'AzO^

Cette base très toxique a été découverte par Brieger, à côté de grandes quantités de bétaïne, dans les moules vénéneuses *• On l'extrait de la chair de ces animaux en la faisant bouillir avec de l'eau légèrement chlorhydrique, évaporant le bouillon à consistance de sirop, l'épuisant par ralcool.

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