‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 31 sur 158 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

Ptomaïnes produites par des microbes pathogènes

déterminés.

Nous n'avons parlé jusqu'ici que des ptomaïnes qui se forment au cours de la pulréfaclion ordinaire des matières albuminoïdes d'origine animale ou végétale, sans nous préoccuper des microbes auxquels il faut rapporter ces fermentations. Nous avons vu que les bases névriniques, et les alcaloïdes oxygénés qui s'y rat lâchent, se forment dès le début y pour disparaître ensuite en donnant naissance à de l'ammoniaque et à de la triméthylamine. En même temps que la putréfaction avance, la nature des microbes se modifie et les alcaloïdes produits changent avec eux. Finalement les bactéries qui survivent à toutes les autres, les schizomycètes de la putréfaction avancée , donnent naissance à des bases pyridiques et hydropyridiques. Lorsque je commençai ces recherches , il me parut nécessaire d'établir avant tout si la destruction des albuminoïdes par les bactéries donne bien naissance à des poisons aléaloïdiques. C'était là le point important, et l'on a vu fp. 11) comment j'en donnai les preuves positives vers 1874. Quant à la succession même des microbes et avec eux des ptomaïnes diverses qui apparaissent et se remplacent les unes les autres dans toute fermentation putride ordinaire , on pouvait réserver pour plus tard cette question moins inté-

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« grand nombre de phénomènes anormaux dont Tévoluct tion n'a été jusqu'ici que très imparfaitement expliquée. « Ces substances que Ton retire des cadavres, des matières ff animales en voie de putréfaction, des venins de serpents, <c appartiennent à la même famille que celles que j'ai « caractérisées dans les urines normales, la salive, etc.. « Ces matières vénéneuses ou très actives m'apparaissent « en un mot, non plus comme des exceptions pathologiques, « des produits cadavériques, mais comme des résidus néces- « saires de la vie des tissus pouvant anormalement s'aci* cumuler dans le sang ou être nonnalement sécrétées par M les glandes . . . En agissant sur les centres nerveux, elles a deviennent Forigine d'une série de phénomènes d'ordre « pathologique qui se déroulent et se succèdent nécessairea ment et dont l'ensemble contribue à former le tableau de « chaque maladie*, »

C'est ainsi que, dès cette époque, à la suite de mes premières recherches sur les poisons de l'économie, j'émettais la pensée que les phénomènes pathologiques dont la succession constitue la maladie sont provoqués tantôt par ces poisons chimiques d'origine bactérienne que je venais de découvrir, poisons versés dans nos tissus et nos humeurs par les microbes venus de l'extérieur, tantôt par les toxines que l'organisme est apte à produire même à l'état normal. J'admettais que l'exagération de cette production, l'oxydation imparfaite de ces substances offensives ou leur insuffisante excrétion sont les principales causes d'arrêt ou de trouble dans le fonctionnement des centres nerveux qui commandent à l'organisme tout entier, et qui généralisent ainsi la maladie.

I. Jour, de l'Anat. et de la Phjêiolog. de Ch. Robin, septeiubre-oclobre 1881, p. 360 61302.

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