‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 39 sur 158 · Berl. klin, Wochens., t. XXVII, p · texte numérisé non relu

Berl. klin, Wochens., t. XXVII, p

rincapacilé de se mouvoir : il tombe sur le flanc et ne peut s'échapper. La respiration, d'abord ralentie, s'accélère, puis devient très faible ; il défèque ; des tremblements convulsifs apparaissent. L'animal meurt après deux heures, les membres étendus, le cœur en diastole.

Ptomaïne du choiera des poissons. — A la suite d'une épidémie ayant frappé les poissons (esturgeon, sandat, etc.) d'un grand réservoir, M. Sieber-Schoumow étudia dans le laboratoire de Nencki, à Pétersbourg, les causes de cette mortalité*. Il trouva sur les branchies et dans l'estomac et l'intestin dé ces animaux un bacille mobile, anaérobie facultatif, le bacillus piscicidus ar/ilis, rjui reproduit la maladie quand on l'ensemence dans un réservoir jusque-là sain. Ses cultures sont vénéneuses, môme après avoir été cliaufl'ées à 100% stérilisées à la bougie Chamberland et reprises par l'acide chlorhydricjue étendu. En les [)urifiant par l'acétate basique de plomb, liltrant, éloignant l'excès de plomb par H^ S et traitant par la soude étendue, Sieber- Schoumow put en extraire une base qui se précipite peu à peu et qui est très toxique.

Elle donne un chlorhydrate cristallisé biréfringent, de saveur brûlante, légèrement amère (jui, chaufl'ée avec un peu de sodium, dégage Todeur de Tamylamine, puis du benzonitrile. Sa solution traitée i)ar la potasse donne aussi de l'amy lamine, avec une odeur de ppisson et d'huile rance. Le chlorure de platine ne fait naître aucun précipité avec son chlorhydrate. Le chlorure d'or produit un trouble jaunâtre qui se change à froid en une matière huileuse. Le sublimé

1. Arch. deg sciences biolog. de Sainl-Pétershourg , t. III, p. 241 (1894).

L'une des bases spécifiques du bacille de Nicolaier est la tétanine C"IP Az'0*qui, à la dose de quelques milligrammes, détermine chez les petits animaux tous les symptômes classiques du tétanos précédés d'une période d'abattement ou de léthargie très marquée; ils deviennent subitement inquiets, le diaphragme se contracte, la respiration s'accélère et alors commence la période des convulsions cloniques et toniques qui précède la mort. De petites quantités de cette substance (0^%5) n'affectent pas le cobaye.

C'est à tort qu'on a dit que la tétanine ne se rencontrait que dans les cultures impures du microbe tétanique. Kitasato et Weyl l'ont retirée, en 1890, des cultures pures de ce microbe : 1 250 gr. de viande de bœuf ont ainsi donné \^%1\ de chlorhydrate de cette base. A cet effet, ces auteurs font digérer à 60^, avec de l'acide chlorhydrique très étendu, les matières ensemencées; ils alcalinisent ensuite très légèrement, filtrent et distillent dans le vide; la tétanotoxine, l'ammoniaque, les phénols, l'indol sont entraînés avec la vapeur d'eau;- la tétanine reste dans le résidu. On le reprend par l'eau, on le précipite par l'acétate de plomb basique, on filtre, enlève l'excès de plomb à la liqueur par H* S, concentre et précipite par le sublimé en solution alcoolique. Le chloromercurate formé est ensuite décomposé par H» S.

La tétanine est un alcaloïde qui cristallise dans l'alcool en petites lamelles jaunâtres, peu altérables par la chaleur. Son cA/orAyrf/'rt/<? est déliquescent et soluble dans l'alcool. Son chloroplatinate répond à la formule C•Ml'^\z"0^21IGl,PtG^.

Une autre base extraite des mêmes cultures, la tétanotoxine G*H**Az (?) est liquide et bout vers 100°. Elle possède une odeur désagréable ; elle forme un précipité jaune,

Ces bases ne passent pas dans les urines des malades alleinls de lélanos : injectées aux animaux, ces urines restent relativement inaclives.

Ptomaïnes de l'angine de poitrine. — Griftiths et Massey ont retiré des urines des malades atteints iVanr/or pecioris une base très vénéneuse répondant à la composition G**IPAzO*. Cette ptomaïne produit la lièvre et la mort en deux heures. Elle se formerait au cours de cette maladie [Comptes rendus, t. GXX, p. 1128).

Ptomaïnes de la morre. — D'origine bactérienne, comme Tont démontré les travaux de Bouchard, (]apitan et Gharrin, Kitt, Weischelblaum et surtout Lœlïler et Schûtz*, la morve parait devoir sa vénénosité spécifique à une substance diaslasique, la malleine, qui agit à la dose de quelques fractions de milligrammes et dont nous parlerons plus loin.

Griffiths* aurait extrait des urines des animaux morveux une base répondant à la formule G**ir°Az*0% substance incolore, cristalline, soluble dans Teau, à 'réaction alcaline. Elle forme un chlorhydrate, un chloroplatinate et un chloraurate cristallisés, un précipité blanc brunâtre avec l'acide phosphomolybdique, etc.

Une solution de cette ptomaïne injectée sous la peau d'un lapin produit un abcès au point d'injection, des nodosités dans les poumons et la rate, des abcès métastatiques dans différents organes, enfin la mort.

i. Arbeiten aus dem kaiserlich. Qesundh, 1886. 2. Comptes rendus, t. CXIV, p. 1382.

PTWMAÏNFS KUKS AUX MICROBES P.VTHOCf.NFS.

i- bacilliis mai/fi en cultures pures sécrète It's mêmes stances.

toma'ine de la rayi: — Aurepp a retiré Je cent cerveaux chiens atteints de rage convulsivc t)'%5 d'un coips parait de nature alcaloïdique et qui à la dose de 1 cenle de milligramme fait naître de? symptômes aiialugiies ux de la première période de la rage. A o dixièmes de igramme éclate tout l'appareil de la rage confirmée, cpp a relire une substance analo^uedela moelle de lapins igé-s. L'extirpation d'un rein accélère la mort. De petites ;.s répétées semblent conférer l'immunité aux animaux.

toma'iiw du siniy rclamplufitp. — [^e sang éclamptique ieurs fois agité avec de l'éther cède à ce dissolvant une le quantité d'une matière soluble. L'éther évaporé laisse ailjle résidu qui, repris par l'eau légèrement acidulée

évaporé dans un verre de montre, donne des cristaux iguilles fusiformcs, insolubles dans l'eau mais se dissol- , dans l'éther. Ils provoquent immédiatement la formade bleu de Prusse dans le mélange de ferricyanure et

sel ferrique étendus. Chauffés avec le mélange d'acides (ue et suifurique, ils dégagent une odeur de nitrobenzine. animaux sont inloxiquéô lentement par celte substance. :obaye qui en reçoit une faible proportion par injection -cutanée est pris de frissons quelques moments après ;

pelotonne.il mâchonne, pousse quelques cris, défèque, jout d'une demi-heure il parait remis; mais cinquante îles après, nouveaux frissons et mâchonnements. L'aniesl trouvé mort dans sa cabane quatre jours après'. n'est pas établi que celle matière soit une plomaïne.

'ontfit. rfi\d. Soc. biolog., 1BS)6, p. 82 et tf7.

Poisofis de la fièvre de surmenage et de la stercorhemie, — On sait que le surmenage amène souvent un état fébrile : il s'explique par la surproduction des substances destinées à être éliminées, substances parmi lesquelles, à côté des leucomaïnes, se trouve une certaine quantité d'enzymes que Ton sait exister dans presque tous les tissus. Ces agents provoquent la fièvre si leur élimination du sang ou leur destruction par oxydation n'est pas aussi active que leur formation ou leur excrétion. Il me paraît très probable qu'après s'ôtre unie passagèrement, durant la digestion et peut-être dans les cellules mômes, à la pepsine ou aux zymases analogues, la matière albuminoïde en subissant la série des hydratations et dédoublements ultérieurs qui la simplifient, met en liberté le ferment auquel elle s'était unie, ferment qui reprend ainsi toute son activité. De là, sans doute, la continuité de son action. Mais si le ferment ainsi libéré, grâce à une destruction rapide du protoplasma des cellules, est trop abondant, il se répand dans l'économie, arrive aux centres nerveux et produit la fièvre, comme on verra. M. Bouchard a donné le nom de stercorhemie à l'état du sang en train d'absorber par l'intestin les matières toxiques (alcaloïdiques ou autres) des fermentations intestinales. Il estime que la quantité de ces substances nocives qui se forme en vingt-quatre heures dans le tube digestif, si elle était entièrement absorbée, serait capable de tuer l'animal chez lequel se produisent ces fermentations. Ces substances injectées sous la peau du lapin provoquent de violentes convulsions. Tous les cliniciens ont remarqué, du reste, qu'au cours des maladies ordinaires la constipation entrelient la fièvre, et la nécessité des purgatifs est, dans ce cas, une indication classique.

194 PTOMAlNES DES MICROBES PATHOGÈNES.

Ptomaîne de la pellagre. — Lombroso a donné le nom de pellagrocéïne au poison retiré des farines auxquelles on attribue la pellagre. C'est un mélange de plomaïnes dont les unes sont narcotiques et paralytiques, dont les autres occasionnent un empoisonnement comparable à celui de la nicotine.

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