CHAPITRE PREMIER
Définition et genèse des Leucomaïnes.
Les leucomaïnes sont les principes basiques que produit normalement Téconomie animale. Elles se forment dans chaque cellule aux dépens des matières albuminoïdes du protoplasma et du noyau qui ne sauraient fonctionner sans les produire. J'ai dit au chapitre premier de cet Ouvrage comment je les ai découvertes.
Les leucomaïnes sont définies par leur origine et non par une série de propriétés générales et spécifiques aptes à les faire aussitôt reconnaître et placer dans une même classe. On ne saurait les distinguer absolument des ptomaïnes, en ce sens que si celles-ci dérivent en principe des microbes,
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et non des cellules normales de nos tissus, plusieurs cependant peuvent se rencontrer dans Téconomie au cours de la vie normale. C'est ainsi que j'ai trouvé de très faibles quantités de ptomaïnes à odeur de musc ou de seringa dans les muscles frais et dans les urines en pleine sanlé; qu'on a signalé des produits basiques volatils dans les gaz expirés*; que les amines-acides grasses, la leucine et le gycocoUe en particulier, font à la fois partie des produits microbiens et des leucomaïnes ; qu'il en est de même de la choline, de la bétaïne, de la triméthylamine, de la butylamine, de la spermine. Nous verrons de même que les toxines proprement dites ne sauraient être distinguées absolument des ptomaïnes, et qu'elles peuvent être aussi produites, dans certains cas, par les cellules animales.
On ne saurait définir davantage les leucomaïnes par leur action physiologique. On peut dire seulement que la plupart d'entre elles sont douées d'une action toxique modérée. On ne trouve pas parmi ces substances, à une ou deux exception près, ces poisons redoutables que l'on a signalés parmi les ptomaïnes et qu'on retrouvera parmi les toxines.
Nous. dirons donc simplement que les leucomaïnes sont les alcaloïdes physiologiques des tissus, comme les ptomaïnes sont les bases sécrétées par les microbes.
Le nom de Leticomahies, (de Xfiùxwaa blanc d'œuf) que j ai donné à ces substances basiques, indique leur origine. Elles procèdent, en effet, directement ou indirectement du dédoublement des albuminoïdes du protoplasma, ainsi que nous allons le voir, et se rapprochent, bien plus que les ptomaïnes, de cette série de corps neutres, chimiquement