BM. %oc. chim. (3), t. VIU, p
*22i LES LEUCOMAÏNES.
chauffe dans certaines conditions, à se déshydrater en donnant la glycocyamidine C'H'Az'O
Glycocyainine. ( ilycooyamMîne.
Cette glycocyamidine t*st une sul)slance très vénéneuse trouvée par il. Grilïîths dans les urines des malades atteints de rougeole.
Mais là ne se borne pas l'intérêt de ces curieuses transformations.
Si Ton fait agir, en effet, le carbonate de guanidine non l>his sur lo glycocolle, mais sur le glycocoUe méthylé ou
sarcôsme, (.r^iii , ou bien encore, si Ion chauilela
cyanamide avec du glycocolle méthylé,-comme Ta fait Volhardt, on obtient la base la jilus importante du tissu musculaire, lacréatim^ que Liebitr en a depuis longlem}»s extrait :
Az:C.AzH=+Azll((:iI»).(ÎIl'.(:0=II ^
Cy.tnaiiiitl»* l^lyco«*olU' int'lhyli* imi -;tr«'0*ine
Azll-
Si Tim déshydrate (vlle (*ivalin«^ (co «pii se fait très facilement, même au sein di» l'i^au, quanti on chauffe sa solution) elle donne une nouvelle bast* tnnivée aussi juir Liebig dans les
muscles et les urines, la créât inine Ae H :C. . ,,.„,. rT^ïr^ CO.
\Az(lin')-tiH*/
La créatine et la créât inine réi>ondent, jKjint pour point, àla
Lrlvcocvamine et à la trlvcocvamidine dont elles sont les
homologues supérit^iiv, o[ l'on a vu i>liis haut comment
ces bases st* relient à leur tour à la guanidine et à Y\
elliMuéme, en tant que constitution et aptitudes*.
226 LKS LKICOMAÏNKS.
Uréïdes Leucomaînes créatiniques
/AzH' , /AzH*
^•^ \ AzH CH'CO^H ^'^P^"*^ ^ ^^ "-^ \ AzHCHCO^H
Acide hydanloique Giycocyamine
Hydaiitoïne , Glycocyamidine
/ Az H* / Az H*
^•^\Az(CH»)CH»CO*H '"^P^"^ ^ ^^"•^\Az(CH')CH*CO'^H
Acide Gréaline
mélhylhydaotolqiie ou glycocyamidine méthylée
On voit que du remplacement dans les composés créatiniques du groupe (AzU)" par 0 résultent les uréïdes, (»t ceux-ci, à leur tour, donnent Turée dans une seconde pliase d'hydratation. Exemple :
Phiuie ^^"•^XAzHGH'CO'H"^" "■" ^^\ AzHCH^CO'H^" ^
Giycocyamine Acide hydantoïquo
s. / AzH' / AzH' CH'OH
P/w«e "^\AzH»CH»CO'H "r " " - "^\AzH' + tO'H
Acide hydantoïque Urée Acide glycoliqiie
C'est là certainement un des mécanismes qui, dans Téconomie, conduit des bases créatiniques à Furée avec formation simultanée des acides oxygras : acides lactiques, gly colique, etc. L'acide glycolique a été signalé, en effet, dans beaucoup de végétaux ; l'acide méthylglycolique ou lactique, se retrouve dans la plupart de nos sécrétions et surtout dans le suc musculaire où il est comme le témoin de ces diverses transformations.
Nous voyons i)ar ces exemples quels sont les liens qui unissent les bases créatiniques aux composés uriques et à l'urée, et l'on voudra bien se rappeler que nous avons montré dans le précédent chapitre comment à leur tour ces bases
LKIXOMAÏNES CRKATINIQUES. 227
créatiniques dérivent des matières albuminoïdes grâce à de simples pliénomènes de dédoublements hydrolytiques. On ne saurait pousser plus loin, à cette heure, l'analyse du mécanisme intime par lequel se désagrègent les matières protéiques pour d(muer passagèrement ces leucomaïnes créatiniques, qui se résolvent ensuite en urée et en acides oxygras, toujours par cette même voie de Thydratation successive des molécules qui se produisent au cours de cette désagrégation elle-même due à Thydrolyse.
Caractères généraux des bases créatiniques. — Ces bases sont généralement peu sblubles dans Toau, presque insolubles dans l^alcool. Toutes donnent un précipité d'aiguilles cristallines de chlorozincate lorsqu'on ajoute du chlorure de zinc à la solution alcoolique concentrée de leurs chlorhydrates. Elles précipitent généralement par le nitrate d'argent, par le chlorure mercurique, surtout en présence des alcalis étendus. L'acétate de cuivre ne les précipite ni à froid, ni à chaud; ce caractère est important parce qu'il suffit à les différencier des leucomaïnes xanthiques. Les leucomaïnes créatiniques sont toujours beaucoup plus ri(*hes (^n hydrogène que les leucomaïnes de la série de la xanthine.
Nous allons passer rapidement en revue les princi})ales bases créatiniques.
Glycocy aminé G^H^Az'O'; Gl//cocf/a7nidine G'H^Az'O
On a vu plus haut comment la glycocyamine, homoloirue
iniérieure de la créatine, i)eut se produire arti(i(*iellement
grâce à l'action du glycocoUo sur la guanidine; d'où ^a
C(>»n<lilution
^/ Az II'
LANE LIBRARY. SîAîJFORD UNIVERSIR
228 LES LEUCOMAÏNES.
Elle n^a pas été encore trouvée dans Téconomie, et si nous en parlons ici, c^est à cause de ses rapports directs avec son homologue inférieur, la créatine.
C^est une base faible, soluble dans 126 p. d'eau froide. Son chlorhydrate C'H^Az'O*, HGl cristallise en prismes rhomboïdaux. Son chloroplatinate (G'PrAz'OSHGl)«Pt G1*,3H*0 est un beau sel très soluble. Les nitrates d'argent ou de mercure forment dans les solutions de glycocyaminc des précipités gélatineux.
Lorsqu'on chauflfe le chlorhydrate de glycocyamine à 1 60% il fond en perdant une molécule d'eau. Il en résulte le chlorhydrate d'une nouvelle base, la glycocyamidine G'H'Az'O dont on extrait la base libre en faisant bouillir ce sel avec de l'hydrate de plomb. La glycocyamidine forme des paillettes à peine jaunâtres, très solubles. Sa réaction est franchement alcaline. Son chlorozincate est peu soluble. Son chloroplatinate (G»H'Az«0,HGl)»PtGl*,H«0 est en aiguilles solubles dans l'eau.
On a déjà dit cpie Griffiths a signalé la glycocyamidine, base très toxique, dans les urines des rubéoleux, et la propylglycocy aminé G'H^Az'O' dans les urines des malades atteints d'oreillons.
Créatine G*H»Az'0«; Créatinine G*H'Az»0.
Créatine. — La créatine est l'acide basique métliylgua-
/ AzH* nidineacétique Az H:C . ^r usN.r n^-ro^H' ^^^^ l'épond au
gly corolle ou acide amidoacé tique AzlP-GlP-COMI. Nous avons donné plus haut les preuves de cette constitution de la créatine. G'est un corps doué de propriétés
LEUCOxMÂÏxNKS CRÉATIMQL'ES. 229
iKisiques faibles. Il fut découvert en 1835 par Ohevreul' dans le bouillon de viande; Liebig Tétudia en 1847. La créatine exiîîte dans la chair de la plupart dos animaux, dans le cerveau, dans le sang, souvent même dans les urines. Celle de chiens nourris de viande en contient toujours. On la signalée aussi dans le lait en faible quantité. En un mot, c^est une substance qui se produit d'une manière continue dans réconomie et qu'on retrouve dans beaucou]) de tissus et d'excrétions.
Pour l'extraire de la Viande fraîche, on éi)uise méthodiquement celle-ci par l'eau chaude; on |)orte les liqueurs à rébuUition pour coaguler l'albumine, on filtre et Ton ajoute un léger excès d'hydrate de baryte. On sépare par liltration le précipité qui se forme; on enlève par l'acide carbonique l'excès d'hydrate de baryte ajouté, et l'on concentre la liqueur. Elle se remplit peu à peu de fines aiguilles de créatine qu'on purifie par une nouvelle cristallisation.
J'ai dit (p. 57 et 65), en parlant de la méthode générale d'extraction des bases des divers tissus et excrétions, comment on sépare les leucomaïnes créatiniques, insolubles dans l'alcool, des corps xanthiques et des autres bases qui les accompagnent.
La créatine est précipitée par le phosphomolybdate de soude en liqueurs fortement acides, et par le chlorure de zinc en liqueurs chlorhydrique et alcoolique, caractères qui permettent aussi de la séparer des matières banales qui l'accompagnent dans les tissus et dans les humeurs.
La créatine cristallise en aiguilles et prismes clinorhombiques nacrés (fig. 4), incolores, légèrement amers, neutres