CHAPITRE QUATRIÈME
Leucomaïnes à chaînes grasses — Lécithines Aminés acides — Leucomaïnes indéterminées.
Leucomaïnes à chaînes grasses.
Il suffira de les énumérer ici; elles se rencontrent toutes, en effet, parmi les produits de la vie des microbes anaérobies, et nous les avons, par conséquent, décrites dans la Première Partie de cet Ouvrage. Ce sont :
La trimé thy lamine signalée dans les urines, le sang de veau, diverses sécrétions cutanées, etc. Elle paraît, dans réconomie, provenir du dédoublement des lécithines (Voir plus loin).
La neuridine G'H**Az* trouvée par Brieger dans le cerveau humain frais et dans le jaune d'œuf à côté de la névrine et de la choline^ mais en faible quantité. Elle provient peutêtre aussi de l'action des réactifs sur les lécithines.
La cadavérine G'H'^Az', de même composition que la précédente, qui paraît avoir été extraite en petite proportion de l'infusion de pancréas frais [Werigs],
La gérontine C*H**Az*, isomère des deux précédentes, trouvée par Grandis dans le foie d'un chien âgé, mais qui a été depuis observée à l'état de cristaux, probablement de phosphate, dans les noyaux des cellules. G'est un
LKUCOMAÏNES A CHaInES GRASSES. 277
75° centésimaux. Cette solution alcoolique est privée d'éther de pétrole par distillation, puis laissée quelques jours au frais. Il s'en sépare de la cholestérine mêlée d'un peu de lécithine. La solution claire est décantée, décolorée par le noir et évaporée vers 50" dans le vide jusqu'à consistance sirupeuse. Le résidu est repris par Téther; celui-ci étant évaporé, la lécithine se sépare à Tétat presque pur. On la reprend par aussi peu que possible d'alcool absolu tiède, et on la fait recrislalliser à — 5°.
C'est une substance qui s'altère rapidement, surtout lorsqu'on la chauffe. Sous l'action des alcalis ou des acides, elle se dédouble en donnant à la fois des acides phosphoglycérique, stéarique, oléique, margarique et de la choline, quelquefois d'autres bases. Strecker assigne à la lécithine qu'il a analysée la formule C**H'*AzPO*. Il la fait dériver de l'union, avec déshydratation, des acides phosphoglycérique, oléïque et margarique à la choline :
Az gjj^^j^ On + C'MPO' 11 +
' V ; Acide oie i(|uu Acidu margarique f 0 «C H"* (Ollj^
^''"'»"*' Acide
pliosplioglyccriquc
lO.CMI*.Az(CIlVOH
-.3IIM) + P0 OH ^p,8,,330«
Lécilblne
Il existe des variétés de lécithines donnant toutes de la choline et de l'acide glycérophosphorique en se dédoublant, mais pour lesquelles les proportions relatives d'acides oléïque, stéarique, palmitique qui se forment sont variables, etc., suivant que les radicauK de ces acides gras se remplacent les uns les autres en proportions diflFérentes dans ces molécules complexes.
278 LES LEUG0MAÏNE8.
L'étude des lécithines d'origine végétale due à Hoppe Seyler (1879), Schulze, Heckel, Lickiernik, Lippmann (1891) a conduit à une autre remarque très importante. Schulze et Lickiernik ont trouvé à ces lécithines végétales la même composition qu'aux lécithines animales. Mais Lippmann a observé que dans certains cas, le principal produit basique de dédoublement, la choline, pouvait être remplacé par d'autres alcaloïdes. Avec les lécithines de la betterave, par exemple, il a obtenu de l'acide phosphoglycérique, des acides gras et de la bétaïne; dans d'autres cas il obtenait les mêmes produits, sauf que la bétaïne était en partie ou en totalité remplacée par la choline. Les mêmes faits de coexistence des deux lécithines ont été observés pour les graines du cotonnier, ou pour Yagarictis muscarius. Il est très probable qu'il existe dans les divers protoplasmas et dans les noyaux cellulaires d'autres lécithines où la choline et la bétaïne sont remplacées à leur tour par des bases créatiniques, xanthiques ou autres. Ces lécithines font partie de corps plus complexes encore, tels que le protagon ou la sinalbine, qui donnent des lécithines ou de la choline parmi les produits de leur décomposition '.
Aminés acides.
La plupart des acides amidés que nous avons rencontrés dans les produits de fermentation bactérienne se retrouvent aussi dans les tissus, les glandes et les humeurs de l'économie.. On a montré (p. 147) comment ces acides amidés dérivaient des albuminoïdes. Nous les avons déjà décrits