Bull. Soc, chim., t. III, p
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Lvucomaïnes indéterminées trouvées dans divers organes.
Œuf ; Sperme. — On a déjà dit que le jaune d'œuf contient à l'état normal une très petite quantité de névrine; du moins cette substance apparaît-elle dès qu'on soumet ce jaune à l'action des réactifs nécessaires pour l'extraction des alcaloïdes.
On sait que le sperme humain, et celui de la plupart des mammifères, contient de la spermine ; et qu'on trouve dans les laitances des poissons diverses bases qu'accompagnent les corps xanthiques, en particulier la protamine de la laitance de saumon (p. 289).
CetTeau. — Le cerveau humain ou celui des bovidés est très pauvre en alcaloïdes. La Commission Italienne chargée au point de vue médico-légal de la recherche de ces substances dans les organes des animaux sains, ne put extraire de 3700 grammes de cerveau de bœuf frais que des traces d'une substance alcaloïdique. Il semble pourtant que Brieger ait isolé du cerveau de l'homme une assez forte proportion de choline et de neuridine; mais on peut se demander si ces bases y préexistaient, et si elles ne sont pas plutôt dues à l'action de réactifs acides employés.
Foie. — Le foie traité par les méthodes habituelles ne donne que très peu d'alcaloïdes. En traitant par le bicarbonate de soude la totalité des extraits basiques qui en proviennent, la Commission Italienne sus -visée enleva par l'éther une leucomaïne qui forme un chlorhydrate dont les solutions acides sont fluorescentes en violet, leucomaïne qui réduit le ferricyanure de potassium, précipite par l'iodomercurate de potassium, et donne des combinaisons jaunes
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toxiques. Il provoque comme l'extrait aqueux, mais plus rapidement que lui, une excitation générale bientôt suivie de coUapsus et de perte de sensibilité. Les nerfs ne répondent plus aux excitations électriques : Tanimal succombe rapidement dans un état congestif qui part du point injecté et s'étend aux autres organes ; il y a des ecchymoses sous-pleurales et une infiltration de sang dans les reins, la rate et le foie.
Ces phénomènes sont-ils dus aux leucomaïnes seulement ? Cela ne nous paraît pas probable, et nous savons que le foie, comme la rate, quoiqu'ils ne contiennent pas d'autres leucomaïnes que les bases que l'on trouve dans les muscles et beaucoup d'autres organes, fournissent, grâce à leurs toxines, des extraits très actifs.
Sang, — Nous avons vu qu'il contient, en petite quantité, une base peu toxique, la plasmaïne, accompagnée d'une minime proportion de névrine signalée déjà par divers auteurs.
Dans les divers états morbides les leucomaïnes toxiques paraissent s'accumuler dans les organes.Villiers a isolé des poumons, du foie et des reins d'enfants morts de bronchopneumonie survenue au cours de la rougeole ou de la diphtérie, deux alcaloïdes liquides et volatils, dont l'odeur provoque l'éternuement. Leur saveur est caustique. L'étherles enlève à leur solution aqueuse préalablement traitée par le bicarbonate de soude. Leurs chlorhydrates sont cristallisés. Ils précipitent par Tiodomercurate de potassium et par le sublimé, ainsi que par l'eau bromée, mais non par le chlorure de platine, le tanin ou l'acide picrique.
Des divers organes de cholériques, et particulièrement de leurs intestins, le même auteur est parvenu à extraire un
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alcaloïde à réaction alcaline, de goût acre, d'odeur d'aubépine, dont les sels ne 'sont pas décomposés par le bicarbonate de soude. Son chlorhydrate est neutre, il cristallise en longues aiguilles fines et déliquescentes. Ses sels précipitent par riodure de potassium et de mercure, le sublimé, le tanin, Teau bromée, l'acide picrique. Cette base donne un chlorattralepen soluble, blanc jaunâtre; un chloroplatinate soluble. Elle ne précipite que lentement le bleu de Prusse par la réaction qui caractérise généralement les ptomaïnes.
Injecté sous la peau d'une grenouille à la dose de 2 milligrammes, cet alcaloïde n'occasionne qu'un ralentissement passager des battements cardiaques et quelques secousses musculaires fugitives. La mort ne survient qu'après quatre jours. La surface pulmonaire est ecchymosée; le cœur est en diastole et plein de sang.
Tous ces faits doivent être signalés en passant. Il est regrettable toutefois que les auteurs n'aient pas complété leurs expériences en isolant les alcaloïdes qu'ils ont entrevus en quantité suffisante pour en faire connaître la composition et essayer de les identifier avec les bases déjà connues.