La neuridine fait exception
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reusement pas dans le commerce et n'est pas employé en médecine.
Lors donc que Texpert devra se prononcer, et surtout dans les cas délicats où la petite quantité de bases extraites des matières suspectes peut lui laisser des doutes, il ne concluera à Texistence de tel ou tel alcaloïde quaprès avoir vérifié que toutes les récLCtions chimiques et physiologiques de l'alcaloïde végétal présumé coïncident avec les propriétés de celui qu'il a extrait des matières suspectes. Ces réactions devront se faire parallèlement sur un échantillon authentique de Talcaloïde qu'il veut caractériser, surtout si la base extraite, ou ses sels, n'ont pas été obtenus cristallisés et si leurs formes ne peuvent être comparées à des types. Dans aucun cas, une réaction unique, fût-elle donnée comme tout à fait démonstrative et caractéristique, ne peut suffire à faire reconnaître et affirmer la présence de telle ou telle base. On n'aura jamais assez de preuves, et le doute peut subsister si toutes les réactions ne sont pas concordantes * .
Action physiologique des ptomaïnes. — L'action physiologique de ces bases ne permet pas davantage de les séparer d'une manière nette et caractéristique des autres alcaloïdes. Parmi les ptomaïnes, il en est de très toxiques, comme la névrine, la muscarine ou l'hydrocollidine; il en est aussi d'inofiFensives, ou de fort peu actives, comme la neuridine, la cadavérine, la putrescine, etc. Toutefois, on peut dire que les vraies ptomaïnes, celles qui dérivent de la
1. Voir à ce sujet Relasione délie eêf}erienze faUe net Laboralorio délia R. Universiià di Roma, nette coaidetle plomàine in riguardo délie perizie tossicologie. Roma, 1885. — KOBBRT, Compendium der praktische Toxicologie, 1887. — SpiGa, Âtti delV Inst, Veneto, 1890.
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Ces derniers auteurs, après avoir soumis les matières cadavériques ordinaires à la méthode de Stas, que nous décrirons plus loin, ont obtenu des extraits très alcalins de saveur piquante et amère, engourdissant la langue, donnant à la gorge un sentiment de strangulation lorsque la quantité d'alcaloïde est un peu forte. Par des traitements successifs à Téther, au chloroforme et à l'alcool amylique , ces extraits ont été divisés en trois groupes, chacun imparfaitement défini il est vrai, dont ils ont examiné séparément l'action sur les animaux. On peut se faire, d'après le résumé suivant, une idée suffisante des réactions physiologiques générales que l'expert est en droit d'attribuer aux plomaïnes lorsqu'il cherche à caractériser les alcaloïdes ordinaires dans un bul toxicologique.
(a) Plomaïnes extraites par Véther, — La partie dissoute par l'éther forme un liquide alcalin dont l'odeur rappelle à la fois celle de la méthylamine et du sperme ; après saturation des bases par l'acide chlorhydrique, et filtration, un gramme de la solution aqueuse ainsi obtenue injecté à un chien de moyenne taille, produit, au bout de vingtcinq minutes les phénomènes suivants :
Pupille irrégulière de forme oblique ; tremblements convuisifs ; fréquents battements du cœur ; température augmentée de deux degrés ; injection remarquable des capillaires du pavillon de l'oreille. L'animal devient indolent, stupéfié; sa pupille est rétrécie. Quarante minutes après l'injection, contraction spasmodique des muscles de la face et des membres ; respiration ralentie (28 à la minute); mort quarante-
du cadavre d*un homme exhumé après % jours. Voir aussi sous le mèint titre^ le travail du professeur Volbnti ; plomaïnes d'un cadavre de un mois (Modène, 1886).
des deux pôles de la pile placés sur les muscles eux-mêmes était abolie.
ic) Ptomaïnes extraites par l'alcool ami/ligue. — Le résidu alcalin des bases cadavériques ainsi successivement épuisé par l'élher et par le chloroforme étant mis en digestion avec de l'alcool amylique, donne une solution qui, reprise par l'eau acidulée, présente encore les réactions de ces bases, mais ne réduit plus le chlorure d'or à froid.
Injecté à ime grenouille, ce sel engourdit les mouvements de l'animal, dilate considérablement ses pupilles, fait disparaître toute sensibilité cutanée, diminue de moitié le nombre des battements cardiaques, et produit de l'arythmie. L'animal meurt dans un relâchement général de tous les muscles. Les nerfs restent excitables par l'électricité, mais le courant appliqué sur les muscles les laisse complètement inertes.
De ces expériences et d'autres encore qu'il serait trop long de décrire ici, on peut conclure que les ptomaïnes vraies ou leurs sels produisent les phénomènes qui suivent :
1® Dilatation des*pupilles suivie de rétrécissement;
2® Convulsion tétanique, puis flaccidité musculaire ; affaiblissement et quelquefois excitations des centres moteurs ;
3* Ralentissement des battements cardiaques, qui peut être précédé d'un peu d'accélération ;
4*^ Perte de la sensibilité cutanée ;
5* Perte de la contractilité musculaire.
Sur les chiens, les phénomènes principalement notés sont les suivants :
1** Pupille irrégulière, finissant par se rétrécir;
2** Injection remarquable des vaisseaux de la conque de l'oreille par paralysie des vasomoteurs ;