‹ Les toxines, microbiennes et animales (volume 2)Chapitre 75 sur 158 · Deutsch. med. Woch. Décembre · texte numérisé non relu

Deutsch. med. Woch. Décembre

2. Voir Contribution à Vétude de la diphtérie, par E. Roux et L. Martin, Annales de VInst. Pasteur, t. VllI, p. 609. Voir aussi sur les propriétés bactéricides et immunisantes du sang des vaccinés, le mémoire de MM. Charrin et Roger, Compt, Rend. soc. biolog.^ 1892, p. &/i) et 924.

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OU cinquième jour; il se mainlienl durant deux semaines, puis diminue beaucoup*. Mais l'étal bactéricide des humeurs n'est pas la cause de la résistance du vacciné au virus correspondant. Généralement les microbes spécifiques se développent bien, in vitroy dans le sAnmi ou les humeurs d'un animal vacciné. Si la culture du virus est tentée non plus dans le flacon de laboratoire, mais dans le corps mt^me des animaux naturellement réfractaires et non vaccinés, non seulement le microbe se développe bien dans leur sang on leurs organes, mais encore il y conserve toute sa virulence, et même il y acquiert souvent une virulence plus grande^. Ces résultats ont élo observes par le D' Sanarelli et par M Metchnikofl' sur le Vihrio Metchnikovi, le coccobacillus suinnm du hog-cholera, le charbon^ etc.. M. Metchnikofl a montré que chez les animaux vaccinés, les virus non seulement ne s'atténuent pas, mais que bien plutôt ils se renforcent. Inoculant le charbon dans la chambre antérieure de Tœil ou sous la peau de lapins vaccinés et réfractaires, il a vu la bactéridie se conserver avec toute sa virulence, car portée ensuite directement dans le tissu cellulaire d'animaux semblables, elle les tue rapidement. L'organisme réfractairc finit bien par tuer le microbe, mais il ne semble pas exercer sur lui d'influence atténuatrice graduelle '. M. Sanarelli a

1. Cet état bactéricide du sérum disparaît pnr le chauffage à 50* (Niutait) par dialyse daçs Teau distillée (mais non dans Teau salée a G 0/00), ou par dilution dans les mAmes milieux (/^i/c/mer). Il résiste à la neutralisation par Taclde acétique (Ann. Institut Pasteur^ t. V, p. 506).

2. VaILLARD, Institut Pasteur, t. VI, p. 393 et 677. — Sanarblli, Ibid., t. VU, p. 230 et 260. — Roux, Ibid,, t. V, p. 523 et 472.

3. Ann. Institut Pasteur, t. V, p. 526. Ce résultat ne s'observe pas pour tous les virus. Fodor a vu la bactéridie charbonneuse penlre pou à peu sa vitalité chez les animaux immunisés. Emmerich, Mattei ont reconnu que le rouget du porc disparaît après quelques heures chez les animaux vaccinés. Mosn.y a observe Tatlénualion du pneumocoque dans les hu-

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que les animaux vaccinés non seulement sont alteinls par les toxines microbiennes toutes formées, mais qu'ils paraissent ôlre aussi sensibles à ces poisons et quelquefois môme plus sensibles que les animaux neufs*.

Il faut donc renoncer à ces diverses hypothèses. Les animaux vaccinés ne possèdent pas au bout de quelques jours des humeurs parliculièrement bactéricides. Leur sang, ou leurs tissus ne contiennent pas normalement une sorte d'antidole tout formé qui s'oppose à Taction de la toxine que sécrèle le microbe spécifique; celui-ci persiste, quelque temps du moins, dans les humeurs du vacciné et ne s'y atténue sensiblement pas ; entin l'économie n'a pas paru aux observateurs être mithridratisée, accoutumée au poison à la suite d'une vaccination antérieure.

Il ne reste plus que deux hypothèses à faire :

Ou bien, le microbe introduit chez le vacciné, est incapable d'y prospérer, ou du moins d'y produire ses toxines habituelles ;

Ou bien, l'agent virulent, tout en produisant ses toxines chez le vacciné durant tout le temps qu'il est présent, provoque chez lui la formation de substances d'activité contraire, de véritables contre-poisons produits par l'économie du vacciné grâce à l'incitation du virus'.

L'expérience confirme à la fois ces deux hypothèses, et l'on sait aujourd'hui, surtout par les belles observations

i; Annalt9 Inst. Pasleur, t. VII, p. 238.

2. Ceci ne contredit pas ce que nous disions plus tiaut de la vulnérabilité de ranimai vacciné aux toxines du virus correspondant produites m vitro. Gomme on va le voir, le vacciné réagit contre les toxines par la formation de substances douées d\'ictivité contraire; mais c'est là un fait physiologique, une sorte de sécrétion qui demande un certain tempe à ie produire, et le vacciné n*en mourra pas moins si l'on fait tout à coup pénétrer dans son sang une dose considérable de toxine toute formée.

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(iOUe aptitude constitue une fonction remarquable cl complexe de certains globules blancs.

Les cellules phagocytaires dissolvent lentement les microbes el les détruisent par digestion intérieure; mais d'autre part, ces phagocytes, et peut-être d'autres cellules encore de l'économie, sécrètent un véritable antidote, une antitoxine destinée à combattre les efTets du poison microbien pendant tout le temps que ce poison peut se former. Remarquons, en effet, (jue les éléments figurés du virus introduit ne disparaissent pas immédiatement des tissus. Même chez le vacciné, ils se reproduisent plus ou moins, et Tune des conditions nécessaires de ce fonctionnement et de cette reproduction est la formation des toxines. Celles-ci lentement formées pénètrent partout grâce à la circulation. (Test contre le venin ainsi versé aux tissus que l'organisme sécrète une antitoxine. Voici la démonstration de celte curieuse aptitude.

Prenons trois animaux de même espèce, en tout semblables entre eux et non vaccinés ; injectons au premier un virus très actif, au second ce môme virus, mais après (ju'il aura été laissé quelque temps, in vitro, au contact du sérum d'un animal de même espèce. Injectons enfin au troisième sujet, après l'avoir inoculé avec ce même virus, un sérum, stérilisé par tiltration sur biscuit, provenant du sang d'un animal déjà vacciné contre cette maladie. Chez le premier, l'intoxication se développera normalement et les microbes pulluleront bientôt dans tous les tissus. Chez le second, l'invasion des microbes suivra presque la même

breux et remarquables mémoires publiés, d'année en année, dans le même recueil par ce savaiil. Voir aussi les mémoires de la Soc. de biolog., 1889, p. 027.

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ment en chaque cas la formation cVun contre-poison spécifique répondant au virus spécial qui provoque sa formation. Nous voyons en chimie générale une môme substance en précipiter ou en insolubiliser une foule d'autres. En thérapeutique, un môme antidote, le café par exemple, peut défendre utilement l'économie contre une foule de poisons diflerents. De même le vaccin qui imprime aux cellules de l'économie l'aptitude à sécréter l'antitoxine, et ces antitoxines elles-mêmes, peuvent ne pas être nécessairement spécifiques. On conçoit même que l'excitation du phagocyte ou d'autres cellules de Téconômie à sécréter des toxines, puisse être amenée par d'autres moyens que par l'irritation que provoque un vaccin d'origine animale ; par exemple, par un vaccin purement chimique qui exciterait également les réactions de la cellule vivante.

Ces deux conséquences importantes sont aujourd'hui démontrées et ceci nous amène à parler des vaccins considérés en eux-mêmes.

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