CHAPITRE CINQUIÈME
Les vaccins.
Nous sommes actuellement arrivés à cette conclusion que les matières vaccinantes introduites dans l'économie d'une part excitent la phagocytose, de l'autre créent ou exagèrent pour longtemps, l'aptitude des globules blancs, et d'autres cellules peut-être, à produire des substances antitoxiques capables de balancer ou de détruire l'action nocive des loxines que tend à verser aux organes du vacciné toute nouvelle introduction de virus*.
Le vaccin est donc un agent apte à imprimer aux cellules de réconomie vivante une modîBcation durable qui les fait réagir efficacement contre les intoxications corres-
\. Ou a déjà reauiirqué qu*il en est de nièufee ^€S Uirines ou du moins de certaines toxines. EUes agissent coniae -ies ferments et leur effet immédiat se borne à proToqner U JLwHiiiti dans IViVtiniri^me des TéritaMes agents vénéneux directs. Les toxîiies ne (graissent donc être Tenéneuses qu^ndirectemenL On ftml pcovoquer cboi un cheTal le tét^^nos mortel après trois jours pair Snix gouttes d\ino culture du bacille de Nic^!aier: mais injeclA:-c& 3^ ceni. cubes do cette mi^me culture, raniriial n^urait aucun a€cs^«el*.^<aiiâ|iae èÊÊmé- ^u:i. Le ]XM5on direct nVxiste pas« en eîTet, dans c^ue nLujre ; tl ne se fv^nue qu*jiprès m»i.Kî.-».^. /<rr^.«uj:fc?n sf<^ia'.€ da=.5 *es :rfaaiis rirants; des Iv^rs, qiîAiîJ It vv^'i^cn slrjchaisAnt, le Tiai p^isc^ dhrr.iyg et direct sV$i foriv.e. r:r;eoîî.^a îu sar^ de ranimai en «t«* ^«koeûifiUM nâdmeUe 4 uu *i îi: aî SsA'.u vn:\vV ue a.-fcXrTrf%; rt îaiMBrÀ£Amr«J r^KS sdttfr-ci les ivV./: i< d\r.;.\ .m:,-i ;«r:ji:.: :ue Vtir à ce >^;*t rji*hârii-it mémoire
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pondanlcs. Ce n'est pas un agent direct. Il excite les cellules et leur imprime la modification nutritive ou sécrétoire dont procède le phagocytisme et la formation des antitoxines. Mais avant de dire ce que nous savons de ces modifications, examinons le vaccin en lui-môme.
On vient de dire qu'il agit directement en excitant les sécrétions cellulaires et en particulier celles des globules hlancs. Cette excitation est-elle due à la partie toxique du vaccin, à ses diastases ou à toute autre cause ?
Les matières vaccinantes habituelles sont généralement des virus atténués ; à ce titre, par conséquent, leur composition est extrêmement complexe aussi bien que leurs efiets.
Et d'abord le microbe vivant, atténué ou non, ne constitue pas Tagent vaccinant essentiel. Soit qu'on recoure à la chaleur ou à la filtration*, soit qu'on additionne le vaccin d essences diverses (ail, moutarde, eucalyptus, etc.) douées d'un pouvoir microbicide puissant, mais n'agissant ni sur les alcaloïdes, ni sur les albuminoïdes, ni sur les diastases, etc., on peut supprimer le microbe, enlever ou détruire ce qui est vivant dans le vaccin, sans que celui-ci perde ses propriétés essentielles. On peut môme, comme l'ont fait Behring et Kitasato, mélanger le virus filtré sur biscuit avec du trichlorure d'iode, ou, suivant la méthode que Roux et Vaillard ont appliquée au virus tétanique, le filtrer et l'additionner d'iodure de potassium iodé*; par ces divers moyens, on obtient des vaccins efficaces en partant de
1. Atlénualion du virus 'le la ra^e par la chaleur. Annales Institut Pasteur^ t. X, p. 212.
2. Annaki Institut Pasteur, t. VII, p. 72. L'action de Tiode (qui peut même être en excès daus Tiodure de potassium ioduré qu*ou emploie), se produit instantanément dès que le mélange avec le virus est fait.
HH'2 LKS TOXINKS.
virus primitivement très toxiques. On peut agir do même avec le sang charbonneux, le virus de la pneumonie extrait des organes des animaux morls de cette maladie, le virus tétanique, efc, etc'.
On peut atténuer encore les virus (quelquefois au contraire les rendre plus virulents) grâce à son passage d'une espèce à Taulre : c'est ainsi que, d'après M. (libier, le virus de la rage en passant par la poule peut devenir vaccinal*. Il en est de mOme lorsqu'on expose et dessèche à l'air ce même virus'.
La partie toxique du virus est-elle celle qui, en s'alténuanl, se transformerait en vaccin? Non certainement. Rappelons- nous, en effet, que la matière vaccinante s'élimine j)ar les urines ; que sa quantité dans l'organisme atteint un maximum immédiatement après la vaccination, et qu'à ce moment elle est incapable de protéger Tanimal. Au contraire, lorsque après 13 à \i jours elle a complètement disparu, éliminée par les urines, et lorsque le sang ne contient plus aucune des substances toxiques introduites avec le vaccin, l'immunité est atteinte, elle est à son apogée, et, le plus souvent, elle persiste ensuite des années. Les toxines vaccinales ne sont «lonc pas les agents protecteurs du vaccin. Elles pourraient, il est vrai, être les agents actifs de la production de la substance qui fait naître l'immunité ; mais il ne paraît môme pas en être ainsi. On peut atténuer un virus, lui enlever toute, ou ])resque toute action toxique sensible, sans qu'il cesse d'être