‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 135 sur 213 · Société de bioloçjie, 16 juin 18y4, p. bOO · texte numérisé non relu

Société de bioloçjie, 16 juin 18y4, p. bOO

Li;S ÏOXI.MCS.

bles des iii'iiies, buaiicoiip iiioins actives ({Lie les non dialysables, soiil, généralemenL thermogônes. Les substances non dialysables sont, au contraire, bypotliermisantes. Elles peuvent abaisser la température des animaux de 5 à 7 degrés.

(c). — La troisième espèce des matières urinaires nocives comprend les sels ininéraiix. D'après Ch. Bouchard leur toxicité représenterait de la moitié aux deux tiers de la toxicité urinaire totale'.

Un homme moyen de 70 kilos excrète à l'état normal :

Par lilrc d'urine. Par jour.

Chlorure de sodium 40,5 13,0,")

Suliales alcalins (ni surtout, sulfate de potasse). 3,1 4,03

Phosphates alcalins 1,43 1,80

Phosphate calciquc 0,31 0,40

Phosphate ningnésique 0,45 0,58

Acide silicique, acide azotique, gaz divers traces traces

Le sel marin est donc la matière minérale principale des urines, mais l'expérience a démontré qu'il n'est mortel, pour le lapin en particulier, qu'à la dose de b^'Vl7 par kilogramme d'animal. Il faudrait injecter dans les veines d'un lapin la totalité du sel marin contenu dans les urines des vingt-quatre heures d'un homme adulte pour le tuer. C'est par conséquent un sel à peu près inoffensif. Il n'en est plus de même des sels de potasse (jui, après ceux de soude, tiennent par leur masse, dans les urines, le rang le plus important. Un adulte en excrète près de 6 grammes par jour : or 0'^'%! 8 de chlorure ou 0^'',26 de phosphate de potassium, par kilogramme d'animal sont mortels pour le lapin; le sulfate est un peu moins toxique. On sait, depuis Claude Bernard,

1. Ch. BouChakd, Mémoires de la Société de biologie, décembre 1884. Comptes Rendus Acad. sciences, L GII, p. 1127, et Des auloinloxications, Paris, 1887. — Lépine et Auberï, Ibid., t. CI, p. 90.

TOXIiNKS UniNAinKS.

qu'injectés directement dans le sang, les sels de potasse provoquent, même à faibles doses, des convulsions tétaniques et inhibent le cœur.

Les sels de chaux au contraire paraissent sans action ; ceux de magnésie sont peu actifs et n'existent du reste dans les urines qu'en très faible proportion.

Ch. Bouchard a donné le nom cYurotoxie à la dose d'urine qui tue un kilogramme d'animal. Le coefficient urotoxique est la quantité d'urotoxies produites par kilogramme d'animal en vingt-quatre heures. D'après les déterminations de ce savant, chaque kilogramme d'homme bien portant fabrique en vingt-quatre heures une quantité de poison urinaire suffisante à tuer 4 64^'' de matière vivante ; un homme normal mettrait donc cinquante-deux heures à fabriquer la quantité de poison suffisante pour se tuer lui-même.

L'empoisonnement urinaire se traduit parles symptômes suivants : Quand on injecte de l'urine dans les veines d'un lapin, les pupilles se contractent et deviennent peu à peu punctiformes ^ ; la respiration s'accélère, la température s'abaisse, l'animal urine abondamment; il tombe dans le coma et succombe sans convulsions ou quelquefois avec des convulsions très légères. On observe des effets analogues chez l'homme lorsqu'il y a insuffisance rénale : céphalée, désordres de l'ouïe, coma, délire, convulsions, folie brightique . Quant à la température, après s'être abaissée sensiblement, elle se relève rapidement de 1",îj à 7° et fait place à une lij^perthermie qui persiste durant six à sept heures. La température revient ensuite à la normale On trouvera plus

1. Le poison myolique disparaît si l'on chaulTe au préalable les urines à 80" (Soc. de biolog., p. Li99).

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