‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 136 sur 213 · ROGER, Soo. de biol, 17 juin 1893, p. G · texte numérisé non relu

ROGER, Soo. de biol, 17 juin 1893, p. G

' LKS TOXINKS.

loin des renseigueineuLs sur la subslance Iherniogèiie des urines.

Si Ton recueille à part les urines du jour et celles de la nuit, celles-ci sont comparativement plus thermogènes, mais l'hypothermie primitive paraît à peu près égale.

En 1884, analysant de plus près encore, au point de vue physiologique, le phénomène de l'intoxication urinaire et de ses causes directes, Ch. Bouchard démontra que les poisons des urines peuvent se diviser en deux parts : ceux que l'alcool absolu dissout quand on traite l'extrait sec par ce dissolvant, et ceux qu'il ne dissout pas, mais qui se redissolvent dans l'eau. La partie de l'extrait urinaire soluble dans l'alcool provoque chez les animaux la somnolence, le coma, la salivation. La substance narcotique à laquelle sont dus ces effets n'est pas fixée par le noir animal. Elle est accompagnée d'une matière sialogène et d'une matière hypothermisante dialysable. La partie insoluble dans l'alcool, mais solable dans l'eau, provoque des convulsions, du myosis, l'abaissement de la température. Ces derniers effets sont dus à la fois aux sels de potasse et à une subslance organique hypothermisante fixable par le charbon animal et indialysableV

Suivant Bouchard, les urines sécrétées pendant la veille correspondent à 31 uroloxies, celles de la nuit à 8 seulement. Celles-ci contiennent des produits convulsivants, tétaniques; celles du jour, des produits dépressifs et narcotiques.

1. Des observations analogues ont été faites par Bouchard lui-même, ou par ses élèves, avec les extraits des différents organes et humours (Je l'animal bien portant. Elles ont conduit aux mômes conclusions générales. Voir à ce sujet Ch. Bouchard, Auioinloxications, Paris, 1887. — Charrin et Roger, Toxicité dex urines du lapin, dans les Comptes rend. soc. biolog., 1886, p. 607.

TOXINKS UlVINAmES.

Comme on pouvait le prévoir, la toxicité urinaire varie avec l'alimentation et, par conséquent aussi, avec l'espèce animale' : un kilogramme de lapin élimine en 24 heures assez de poison urinaire pour tuer 4''"'',18 de cet animal, alors que l'urine d'un kilogramme d'homme ne tuerait dans le même temps que 0''''',46 de lapin. Si celui-ci est nourri de lait et non de végétaux, ses urines deviennent beaucoup moins toxiques-. Un kilogramme de cobaye sécrète par jour de quoi tuer 5''^'',6G de lapin; les urines de un kilogramme de chien ne tueraient par jour que T^^'i de lapin.

Le travail musculaire actif, en pleine campagne, abaisse de 30 °/o la- toxicité des urines totales des 24 heures (de 27 7o celles de la veille, et de 40 % celles du sommeil). La suroxygénation diminue encore cette toxicité : après 4 heures de séjour dans l'air comprimé à 116''"' de pression elle s'abaisse de 43 "/o- Dans les 12 heures qui suivent la dépression, elle tombe de 66 Enfin, fait bien intéressant, dans les 8 heures qui viennent ensuite, cette toxicité dépasse de 33 7o celle de la période correspondante du jour précédent.

Il va de soi que la toxicité urinaire varie beaucoup avec les maladies : c'est, en effet, par les reins que s'éliminent la plupart des poisons morbides spécifiques et les produits toxiques provenant des combustions imparfaites de l'organisme.

On sait qu'au moment de la défervescence la toxicité des urines est tout à coup fortement augmentée.

Le passage des matières vaccinantes dans les urines a

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