‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 160 sur 213 · HUTTINKL, Thèse d'agrégation · texte numérisé non relu

HUTTINKL, Thèse d'agrégation

VENINS DE SERPENTS

et des hématuries. Le sang extravasé est noir, mais il redevient rutilant à l'air.

Le poison paraît s'attaquer particulièrement aux globules blancs, qui sécrètent, comme on le sait, le ferment de coagulation.

Les centres nerveux ne présentent aucune altération visible, même dans les cas suraigus'.

Si les blessés ne succombent pas, les phénomènes de réaction succèdent à ces désordres : la fièvre s'allume; un accès, avec ses stades de chaleur et de sueur profuse, apparaît et dure deux à trois jours; le venin s'élimine peu à peu par les urines et probablement en partie par l'intestin. Fayrer et Lauder Brunton ont, en effet, montré que ces poisons sont des excitants des muqueuses intestinales^. Mais la guérison n'est généralement pas complète, surtout s'il s'agit de la morsure des grands serpents venimeux. Les blessés déclinent lentement, leurs fonctions faiblissent, leurs digestions restent lentes, ils sont comme somnolents; ils vieillissent avant l'âge; les enfants s'arrêtent dans leur développement; leur température générale s'abaisse; leur sang est difficilement coagulable, il n'est jamais franchement artériel, il s'extravase facilement. Après une guérison apparente, certains envenimés meurent, au bout de un à deux ans, frappés d'accidents cérébraux. Chez d'autres, le gonflement, la douleur du membre mordu, les phénomènes gastriques, qui ont immédiatement suivi la morsure, reparaissent périodiquement, quelquefois d'année en année. En un mot (et c'est encore là une ressemblance capitale

1. Pour la description de l'empoisonnement par le venin de cobra, voir Annales de Vlnstilut Pasteur, t. VI, p. 165.

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