‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 162 sur 213 · P. Bert, Société de biologie, 1885, p. 52^i · texte numérisé non relu

P. Bert, Société de biologie, 1885, p. 52^i

3. J. ESCOBAR, Comptes rend. Acad. sciences, t. LXVIII, p. I/188.

LKS TOXINES.

Venins de tritons; de salamandres. — Le venin des tritons est aussi sécrété par les glandes de la peau de ces animaux. Il est laiteux et devient visqueux à l'air. Son odeur est vireuse, désagréable. Son action est stupéfiante ; il paralyse le cœur {yuipian)\ Au microscope on y découvre une foule de globules paraissant constitués comme les globules de lait ; ils éclatent dans l'eau pure. Ils contiennent une lécithine que l'eau hydrate lentement en produisant de l'alanine, de l'acide formique et de l'acide a-isocyanopro-

La salamandre aquatique [triton cristatiis) sécrète par la peau un venin liquide, blanc, crémeux, très amer, acide, partiellement miscible à l'eau, coagulable par l'alcool. Il contient aussi des globules en suspension. Il est très toxique si on l'injecte sous la peau ; la sensibilité générale est d'abord surexcitée, la respiration et les battements du cœur fréquents, puis la respiration se ralentit et le cœur s'arrête en systole.

La salamandre terrestre {salamandra maculata) sécrète par les glandes de la peau un venin liquide, blanc, épais, amer, alcalin. Nous avons dit que Zalewsky en avait retiré un alcaloïde très vénéneux, la salamandrine ou samandarine, déjà décrite dans cet Ouvrage. Les troubles qu'elle produit, semblables à ceux du venin, se succèdent dans l'ordre suivant : anxiété, tremblements, convulsions tétaniques, élévation de la température qui peut atteindre 42 et 43°; puis paralysie musculaire, résolution et mort par arrêt respiratoire; le cœur s'arrête en diastole. Ce venin agit sur le cerveau, le bulbe et la moelle

Page 1