‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 176 sur 213 · Annales de Vlnslitul Pasleur, t. VI, p · texte numérisé non relu

Annales de Vlnslitul Pasleur, t. VI, p

Li:S TdMM.S.

(les animaux réfractai rcs au cliarbon, lois que les rats et les greDOuilles. Deux grands rats ayant reçu 2 cenl. cubes et 3'"%5 d'une solution de cette alhumose a !"/„ lurent pris, après dix minutes, de symptômesd'intoxication; la respiration devint laborieuse et lente, la coordination des mouvements des membres désordonnée. Les pattes postérieures paraissaient paralysées, mais au bout de 2 heures, ils étaient rétablis. L'injection péritonéale parut encore plus active.

La grenouille est aussi fortement inlluencée par celte albumose. Un demi-ccnlimèlre cube de sa solution tua sept de ces animaux sur liuit. Les écrevisses sont encore plus sensibles. L'action de celle singulière substance parait ainsi être en raison inverse de la susceptibilité de chaque espèce animale, ou de chaque race, au charbon.

En inoculant aux moutons les cultures nilrées, puis le charbon virulent, par petites doses répétées et avec précautions, M. Marchoux paraît être parvenu à leur communiquer l'immunité. Ces animaux fournissent alors un sang dont le sérum protège les animaux neufs contre ce virus, un cent, cube suflit pour un lapin de 2 kilogr. L'action de ce sérum est prompte, mais elle est aussi très passagère : trois jours après l'injection, son rôle protecteur a cessé'. A doses un peu considérables, ce sérum paraît doué de propriétés curatives pourvu que la maladie soit prise tout au début'. Lu préparation de ces sérums curalifs réussirait mieux, pensons-nous, en s'adressant au chien qui jouit d'une immunité prononcée contre le charbon.

1. Au contraire les animaux vaccinés d'abord avec le virus atténué, puis entièrement virulent, sont immunisés très fortement, pour une année et plus.

2. Mahghoux, Soc. de biolog., 2 novembre 189o, et Ann. Insl. Paslcw: l. IX, p. "80.

TOXINKS nii CHAUnON SYMI'TOMATlQrh:

Toxines nu ciiAuiinN symptomatique.

De la chair musculaire hachée, stérilisée à 120° eu présence d'une trace de soude et de deux à trois fois son poids d'eau, ensemencée avec le bacille du charbon symptomatique (B. Chaiivei) et cultivée 6 à 7 jours à l'étuveà 37 degrés donne un liquide toxique qui réduit au quart de son volume dans le vide sec, et séparé des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien qui se forment, constitue ce que l'auteur appelle la toxine du charbon symptomatique'. A la dose de elle est mortelle pour le cobaye.. Le sérum des lapins immunisés contre le charbon symptomatique suspend ou amoindrit l'effet vénéneux de celte substance.

Même en solution dans l'eau, cette toxine peut subir l'action d'une chaleur de 110" sans perdre son activité.

La solution des matières actives des cultures du charbon symptomatique étant concentrée et traitée par une grande masse d'alcool (dix fois son volume) laisse déposer des flocons qui, séchés dans le vide et repris par l'eau, ont conservé une toxicité à peu près égale à celle de la toxine primitive. La portion que l'alcool dissout est aussi très vénéneuse : 2o cent, cubes, provenant de 5 cent, cubes de toxine originelle, tuent un cobaye de 570 grammes eu une demi-heure. Par injection périlonéale, il meurt comme foudroyé.

Les symptômes présentés par les sujets ainsi intoxiqués en des temps variables sont bien ceux du charbon symptomatique : l'animal cesse de manger, il est triste, ses poils se hérissent, il vascille sur ses jambes; il est

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