Compt. rend. Soc. biolog., 1893, p. 294, et 1894, p
ANTITOXINE TÉTAiMQLE.
précipitée reprise par l'eau, enfin évaporalion du liquide résiduel dans le vide. D'après Tizzoni et Ganllani la toxine ainsi préparée est soluble dans l'eau, indialysable ou peu dialjsable, destructible vers 60°. Les alcalis affaiblis, ou un courant prolongé d'acide carbonique, paraissent ne pas la modifier; les acides minéraux un peu concentrés l'altèrent. Elle contient un ferment apte à liquéfier la gélatine et à digérer la fibrine en milieu alcalin seulement.
Par quelle voie pénètre le poison chez les tétanisants? Suivant Bruschettini, il se transmettrait parle sang et se fixerait surtout sur les centres nerveux qui, chez les tétanisés, deviendraient très toxiques, alors que le foie et les capsules surrénales resteraient inoffensifs; au contraire, l'infusion de reins serait très active peut-être parce que le poison s'élimine par ces organes.
Quant à la rapidité d'absorption du virus, les rats inoculés au milieu de la queue meurent tous tétaniques si l'on coupe cet appendice à sa base au bout d'un temps dépassant 40 minutes à partir de l'inoculalioU;. Mais comme il arrive avec tous ces poisons, pour que la maladie éclate, une période d'incubation, plus ou moins courte suivant les doses, est toujours nécessaire. Elle est de 16 à 24 heures pour la souris, 18 à 60 heures pour le lapin, et pour des doses raovennes .
Antitoxine tétanique. — On sait conférer aujourd'hui l'immunité contre la toxine tétanique et contre le tétanos.
Behring et Kitasato y ont réussi les premiers en habituant [leu à peu les animaux à la toxine spécifique qu^ils avaient le soin de mélanger au préalable avec du irichlorure d'iode. Roux et "N'aillard emploient dans le môme but les
LES TOXINKS.
solutions d'iode. Une toxine extrêmement active, dont 1/4000 de centimètre cube tétanisait une souris, mélangée avec le tiers de son poids de solution de Gram, peut être injectée à la dose de 3 cent, cubes à un lapin sans occasionner aucun fâcheux accident. En augmentant de jour en jour la quantité de toxine et diminuant le liquide iodé, on arrive à faire supporter à l'animal, au bout de 15 à 20 jours, des doses de 5 à 20 centimètres cubes de toxine pure
Ce procédé d'immunisation est rapide et sans inconvénient; il réussit sur le cobaye, le cheval, la vache. La modification produite par l'iode sur la toxine est instantanée. Beaucoup d'autres agents, la chaleur, l'acide carbonique sous pression, le permanganate de potasse, etc., modifient aussi cette toxine dans le même sens.
Les animaux ainsi immunisés fournissent un sérum qui, mélangé d'avance aux cultures tétaniques les plus toxiques, les rend inoffensives. L'activité de ce sérum antitoxique touche au merveilleux. On peut le mesurer par l'inverse de la quantité nécessaire pour immuniser l^"" de souris neuve contre une dose de toxine mortelle. Lorsqu'on dit qu'un sérum est actif au millionième, cela veut dire qu'un cent, cube de ce sérum suffit à immuniser 1000 kilogrammes ou 1 million de grammes de souris. Or on obtient facilement des animaux immunisés qui fournissent un sérum, dont 1 volume rend inoffensifs 1000 volumes d'une toxine des plus actives. Un quintillionième de centimètre cube (O'^'^ 000 000 000 000 000 001) par gramme de souris, suffit à préserver cet animal contre une dose de toxine sûrement mortelle^ Si les choses se passaient de même pour l'homme,