‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 188 sur 213 · Compt. rend. Soc. biolog., 1893, p · texte numérisé non relu

Compt. rend. Soc. biolog., 1893, p

LKS TOXINKS.

dans le sang l'est dans le tissu sous-cutané, les sujets restent accessibles à la maladie, mais celle-ci ne se manifeste qu(î par une ulcération passagère et locale de peu d'importance.

Les souris blanches possèdent l'immunité naturelle contre la morve [Finger; Léo).

Toxines de la fièvre typhoïde.

Les cultures ordinaires du bacille d'Ebertli (bacille lyplioïde) sont généralement peu chargées de toxines. Il faut pour augmenter leur activité faire passer le virus à plusieurs reprises et en petite proportion à la fois, par le péritoine des cobayes, puis ensemencer du bouillon glycérine à 2 pour cent avec quelques gouttes de l'exsudat péritonéal provenant d'un de ces animaux mort rapidement par injection d'un virus ainsi rendu très aclif. Ce bouillon est mis à l'étuve à 37° durant ([uatre semaines environ, stérilisé, laissé au repos pendant des mois à la température ordinaire, enfin porté quelques jours à G0°. Le liquide de culture s'est alors divisé en deux couches; la supérieure limpide, brunâtre, l'inférieure composée de débris de microbes morts. Le liquide supérieur, décanté avec soin, jouit d'un pouvoir toxique considérable. Il contient non seulement les sécrétions actives du microbe (sécrétions qui ne sont fortement toxiques que lorsque le milieu de culture est passé de l'état acide à l'état alcalin), mais aussi les produits de macération des cadavres bacillaires'.

T^es souris et surtout les cobayes sont les meilleurs réactifs pour essayer ce poison : 1""',5 de la culture précédente par

1. Sanarelli, Annales de l'InsliliU Pasteur, t. VIII, p. 193.

TOXhNIîS TYPHOÏDES.

400 grammes de leur poids injeclé par la voie sous-cutanée entraîne une mort certaine en 10 à 20 heures environ. Les lésions anatomiques, la marche de la température, les symptômes morbides que provoque cette toxine, présentent le tableau caractéristique de la fièvre typhoïde : les animaux sont accablés, les yeux mi-clos, le ventre météorisé et très sensible ; ils sont pris de diarrhée et rendent par le rectum une mucosité jaunâtre et sanguinolente ; enfin ils deviennent inertes et paralytiques; l'asphyxie termine la scène. Mêmes phénomènes ont été observés chez les singes. Les plaques de Peyer sont tuméfiées, congestionnées, gorgées de globules blancs ; on dirait une infiltration purulente.

M. Sanarelli conclut de ces observations que la fièvre typhoïde est une infection du système lymphatique, et que c'est à la toxine produite par 'le bacille spécifique que sont dues en grande partie les lésions anatomiques intestinales considérées jusqu'à présent comme autant de localisations du virus vivant. Une opinion semblable avait été depuis longtemps émise par Jules Guérin qui croyait que les ulcérations intestinales qu'il observait étaient dues à une matière irritante et toxique formée dans l'intestin'.

Toutes ces altérations anatomiques peuvent se produire dans l'intestin indépendamment de la présence des microbes ; dans la fièvre typhoïde expérimentale, aussi bien que dans la fièvre typhoïde humaine, le*s bacilles d'Eberth ne se trouvent qu'en petite quantité dans le contenu intestinal {Sanarelli). On les rencontre surtout dans la rate chez l'homme, et dans les séreuses chez les animaux atteints de fièvre typhoïde expérimentale.

1. Voir sur une tclanie d'origine gastrique, Revue de médecine, pour 1892, n" 1 el 2.

Pour en revenir à la nature du poison typliique, on remarquera que celui que prépare M. Sanarelli ne saurait être considéré que comme un mélange très complexe de diverses substances inertes et banales, avec plusieurs poisons produits par le microbe spécifique, durant sa vie, ou sortis de son cadavre après sa mort.

Brieger a essayé de jeter quelque jour sur la nature de ce poison spécifique. Nous avons dit (p. 179) comment ce savant avait extrait la typhotoxine CH'^AzO^ des cultures du bacille d'Éberth et quels sont les phénomènes d'empoisonnement que provoque cette base. Quelques-uns de ces symptômes, l'abattement, la diarrhée, rappellent les désordres de la fièvre typhoïde ; d'autres, tels que la salivation, la dilatation des pupilles, la difficulté de contracter les muscles, s'en éloignent au contraire. Je sais bien que Salkowski, puis Bouveret et Devic* ont prétendu que le fait de chauffer les toxabulmines en présence d'acide chlorhydrique suffit à lui seul pour produire les ptomaïnes de Brieger; mais l'acide chlorhydrique très étendu, tel que l'a employé ce savant n'agit pas ainsi, et les ptomaïnes qu'il a décrites préexistent et accompagnent réellement la toxine principale, sans être pour cela la partie la plus active du poison typhique.

Dans un travail plus récent Brieger et Frœnkel sont revenus sur le même sujet', ils filtrent sur biscuit les cultures toxiques du bacille d'Eberth et, après concentration de la liqueur au tiers de son volume et vers 30°, ils la précipitent en ajoutant quelques gouttes d'acide acétique et 10 volumes d'alcool absolu. Le magma de nouveau redissous dans un peu d'eau est encore précipité par l'alcool;

1. Unlersucliungen ûber BacleriengifLe. Berlin. Klinische Wocli, IS90.

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