TOXINES TYPHOÏDES
enfin celle malière reprise par Teau, est saturée de sulfate d'ammoniaque en poudre. Ce sel sépare la toxine qu'on redissout et purifie par dialyse. La partie qui dialyse est inactive; celle qui est restée sur le dialyseur répond aux réactions des corps albuminoïdes, mais elle ne manifeste qu'un pouvoir toxique peu énergique.
Des cultures de deux espèces de germes toxicogènes trouvées dans de l'eau de boisson soupçonnée d'avoir donné la fièvre typhoïde, Vaughan isola un poison protéique soluble dans l'eau dont ne le précipitait ni l'ébullilion, ni les acides, ni le ferricyanure de potassium acétique, ni le sulfate de sodium ou de magnésium, ni l'acide carbonique, mais seulement les réactifs généraux des alcaloïdes. Cette substance présente la réaction xanllioprotéique, celle de Millon, celle du biuret, etc. ; elle précipite par addition d'un excès de sulfate d'ammoniaque en poudre et possède toutes les propriétés des nucléïnes. La chaleur de 80° prolongée quelques heures fait disparaître sa toxicité. Sa solution dans l'eau est opalescente et légèrement acide. Injeclée aux animaux, cette toxine leur donne le frisson; la température centrale s'élève de près de quatre degrés; ils ont des douleurs abdominales. Ils s'affaissent et tombent sur le côté. Dans quelques cas, il y a des vomissements et de la diarrhée.
Les cultures stérilisées du bacille d'Eberlh injectées à doses croissantes successives confèrent à l'animal outre une vaccination générale contre cette maladie, l'accoutumance intestinale au poison typhique. Dans ces organismes ainsi vaccinés contre la fièvre typhoïde, le bacille d'Eberlh conserve longtemps sa vitalité et exalte même sa virulence'.
1. Voir à ce sujet Chante.messe et Widal, C. rend. Soc. biolog. pour 1888, p. 219.
Le bacille typhique exerce sur les muqueuses une action beaucoup plus énergique el plus grave, et surtout une action très diflerente, de celle du bacillus coU. Mais sous l'influence de ce bacille typhique, ou de ses toxines, le bacillus coli paraît devenir plus virulent. Il augmente et aggrave les lésions de la muqueuse que provoque la toxine typhique.
Les animaux immunisés contre le bacille typhique le sont aussi contre le bacillus coli.
Toxines du bacillus coli communis^
Le bacille intestinal d'Escherich, récemment extrait des matières fécales normales, est doué de pouvoir pathogène. En cultures jeunes faites dans du bouillon, il détermine, lorsqu'on l'injecte dans les veines, la mort des lapins à la dose de un centimètre cube. Ces propriétés nocives peuvent s'exalter encore si ce bacille est recueilli chez certains malades^
Les animaux auxquels on injecte le bouillon filtré de ces cultures s'affaiblissent rapidement; les muscles sont pris de tremblements fibrillaires, les pupilles se dilatent un peu, la sensibilité est abolie, la somnolence apparaît. Si l'on continue les injections, les convulsions frappent les quatre membres, il y a du nystagmus, de l'hyperexcitabilité
■1. Pour différencier ce bacille du bacille Ijphique d'Eberlh, Elsuer mélange une dissolution de gélatine à une décoction de pommes de terre; après ébullilion, il sature presque par la soude et stérilise. Le liquide est alors additionné de 1 »/o d'iodure de potassium et ensemencé avec un peu du contenu intestinal. Au bout de 24 h. les colonies du colibacille présentent leur aspect habituel, tandis que celles du bacille d'Eberth ne deviennent visibles qu'après 48 heures. On peut les différencier ainsi et les séparer facilement.