Sanarblli, Annales Institut Pasteur, t. IX, p. loO
Le \'ibrion du choléra asiatique (fig. 20) a élé cultivé par Werbrook sur différents milieux, en particulier sur l'alcali-albumine préparé suivant la méthode de S. Martin' :
dans ce but, on centrifuge le sérum de bœuf; on ajoute un acide dilué jusqu'à précipitation de son albumine qu'on laisse déposer; on rejette le ^ / liquide surnageant qu'on rera-
place à plusieurs reprises par
F.G. 20. - Microbe virgule du choléra. ^t^V. distillée ; On rcdisSOUt
enfin le précipité ainsi lavé dans une solution de soude caustique diluée à 1,2 pour 1 000 et mêlé de 2,o pour 1 000 de sel marin, de sorte que pour SOO"" du sérum primitif on ail 3 litres d'une solution d'alcali-albumine. Ce liquide est filtré et stérilisé à l'autoclave. Il est limpide et légèrement jaunâtre. On le répartit en plusieurs flacons qu'on ensemence alors avec le Yibrio cholerse asiaticœ et on laisse 3 à 4 semaines à l'étuve à 35°. Au bout de ce temps, les bacilles-virgules ont disparu remplacés par des coccus. Ces cultures filtrées sur biscuit fournissent un liquide ambré, très limpide, légèrement alcalin, répondant à la réaction du biuret. En le neutralisant avec soin par de l'acide chlorhydrique étendu, il se fait un précipité albumineux qu'on sépare au moyen du filtre et sur lequel nous reviendrons. La liqueur est évaporée presque à sec dans le vide à 40°; la masse visqueuse est laissée quelques jours en présence d'alcool absolu puis lavée avec de nouvelles quantités d'alcool. Le résidu dissous dans un
\. "Werbrook, Annales de l'JnstUut Pasteur, t. VIII, p. 319.
TOXINES DU CHOLÉRA
peu d'eau distillée, est dialysé à froid, à l'obscurité, dans de l'eau souvent renouvelée. Au bout de 48 heures on filtre la partie qui ne dialyse pas et on la concentre de nouveau dans le vide^ Elle possède alors les propriétés suivantes :
Par saturation avec le sulfate d'ammoniaque en poudre, elle donne un précipité blanc. Par saturation avec le sel marin, un léger précipité; si l'on filtre et qu'on ajoute un peu d'acide acétique, il se fait un nouveau dépôt. La chaleur ne coagule pas cette liqueur. Elle répond à la réaction du biuret.
Le produit ainsi séparé parait formé d'une faible proportion d'une proto-albumose spéciale, mêlée d'une plus grande quantité de deutéro-albumose. C'est ce liquide qu'on inocule. Il est toxique, et apte à produire l'immunité contre des doses mortelles de vibrion cholérique.
La solution aqueuse d'albumose injectée aux cobayes sous la peau du flanc, à la dose de 0'^'',5 à 1,5 cent, cube, tue ces animaux au bout de 12 à 50 heures. La même solution diluée de moitié, tua aux mêmes doses deux animaux sur 6; quatre survécurent. Ceux-ci, après une semaine, recurent des doses mortelles de culture vivante de bacille de choléra très virulent par injection dans le péritoine : trois sujets sur quatre montrèrent un haut degré d'immunité. Les mêmes expériences furent répétées et réussirent avec des animaux ayant reçu la toxine plus concentrée et qui avaient résisté.
Ces expériences montrent à la fois le pouvoir toxique et immunisant des albumoscs du vibrion du choléra^