‹ Les toxines microbiennes et animalesChapitre 26 sur 213 · I. II. C'H"Az · texte numérisé non relu

I. II. C'H"Az

Carbone.... 77,10 » 77,07

Hydrogène.. 10,/i7 » 10,09

Azote....... » 12,52 12,84

Cette dihydrolulidine, la première des hydrolutidines connues, forme un liquide incolore, huileux, alcalin, caustique, d'une odeur vive non désagréable, mais ne rappelant pas l'aubépine ou les fleurs. Elle attire l'acide carbonique de l'atmosphère. Elle fond à l'air et se résinifie. Elle est légèrement soluble dans l'eau, sur laquelle elle surnage d'abord à l'état de gouttelettes oléagineuses. Elle bout à 199°.

Son chlorhydrate est amer. Il se dissocie partiellement lorsqu'on chauffe à 100° sa dissolution aqueuse. Il cristallise en aiguilles confuses, souvent associées en groupes à pointements aigus ou en lamelles. Quoique très soluble dans l'eau, ce sel n'est pas déliquescent.

;1. Compl. rend. Acad. des sciences, 1833, t. CVII, p. 235.

LES PTOMAÏNES

Son azotate réduit le nitrate argentique, comme le font, d'après Hofmann, les bases hydropyridiques.

Le sulfate légèrement amer, odorant, déliquescent, cristallise en fines aiguilles groupées en étoiles.

Le chloroplatinate, jaune serin, se précipite facilement en liqueurs un peu concentrées et se redissout à chaud. Il cristallise en lamelles losangiques souvent superposées et imbriquées, quelquefois en fines aiguilles.

Bouilli quelque temps avec de l'eau, ce chloroplatinale perd de l'acide clilorhydrique et se change en sel modifié de couleur plus claire, beaucoup moins soluble que le précédent et cristaUisant confusément.

Le chloraurate de dihydrolutidine, soluble surtout à chaud, cristallise en longues aiguilles groupées en éventail et en minces tables losangiques.

L'étude des produits d'oxydation de cette base nous a permis de reconnaître qu'elle contient deux chaînes latérales et qu'elle répond à la constitution probable C^PP[Ii-](GH^)^AzIi. Elle constituerait donc la dihydrodimélliylpyridine ^

La dihydrolutidine est assez vénéneuse. A forte dose (0^,06 par kilogramme chez le cobaye), elle provoque chez les animaux un tremblement qui se généralise à tous les muscles, avec périodes d'excitation extrême suivies de profonde dépression, d'immobilité^ de paralysie partielle, surtout des muscles postérieurs. L'animal meurt généralement dans le collapsus asphyxique. A dose plus faible, elle produit une notable dépression de la sensibilité, de la trémulation musculaire, des grimaceraents de la face,

i. Voir Compl. rend., t. CVII, p. 255.

MONAMINES AKOMATIQUES NOiN OXYGÉNÉES.

des régurgilalioiis. L'intelligence de l'animal parait rester intacte.

Base innommée G'^H^Az. {Dihydroconndinet)

Une base répondant à la formule G'«H"Az a été trouvée, en 1890, par Griffitlis dans les produits formés au contact d'une bactériacée spéciale nommée par lui bacteritim allii, qu'il observa sur des oignons pourris. G'est un microbe chromogène produisant, en même temps qu'un peu d'hydrogène sulfuré, un pigment vert soluble dans l'alcool. Cet organisme a de 5 à 7 [x de long sur 2 [j. de large

Des cultures de ce microbe sur agar-agar peptonisé ou sur gélatine, on extrait une ptomaïne que l'auteur décrit comme un corps solide, blanc, soluble dans l'eau chaude, l'alcool, l'éther, lé chloroforme; cristallisant de l'eau en aiguilles microscopiques prismatiques déliquescentes, d'une odeur d'aubépine, surtout à chaud. Cette base répond à la formule G'^H^Az.

Ses réactions générales sont celles des alcaloïdes. Elle précipite par le tanin en marron; par le réactif de Nessler, en jaune brun. L'acide picrique donne dans ses solutions un précipité jaune, légèrement soluble; le chlorure d'or, un précipité jaune épais, qui se redissout à chaud dans l'eau. Elle forme un cidoroplatinate, répondant à la formule (G'TrAz, riGl)'PtGlS cristallisable, jaune, peu soluble dans l'eau froide, soluble à chaud.

L'acide sulfurique légèrement étendu produit au contact de cette base une couleur rouge -violette.

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